Jan Nemec (1936-2016)

Publié le par lefilmdujour

Jan Nemec (1936-2016)
Figure de la Nouvelle vague tchécoslovaque des années 1960, le réalisateur tchèque Jan Nemec est décédé le 18 mars 2016 à l’âge de 79 ans.
Après de retentissantes études cinématographiques, Jan Nemec fait ses débuts professionnels lorsqu’il reçoit à Amsterdam un prix pour son court métrage Sousto (a.k.a. Une bouchée de pain) (1960). Selon le Dictionnaire du cinéma de Jean Tulard, on y reconnaît déjà les caractéristiques de son style : refus de tout lyrisme et recherche d’une vérité quasi clinique. Avec Les diamants de la nuit (1964), son premier long métrage, il conte l’histoire de deux jeunes garçons qui s’échappent d’un train de déportés, sont poursuivis, repris, exécutés… à moins qu’ils n’aient fait qu’imaginer leur évasion. Un univers noir porté au zénith dans son film le plus connu, La fête et les invités (1966), très inspiré de Kafka.
« A travers l’histoire d’un groupe d’amis partant en pique-nique, c’est une satire de l’inquiétante vision du monde que maintient le communisme malgré la réalité », peut-on lire dans 501 réalisateurs, ouvrage paru aux éditions Omnibus. Des implications politiques qui brisent la carrière de Jan Nemec, interdit de réalisation par le régime. C’est au moment de l’intervention des troupes du Pacte de Varsovie en 1968 suite au Printemps de Prague que le réalisateur crée sa deuxième œuvre importante, le documentaire Oratorio for Prague, qui dénonce les agissements des Soviétiques.
Obligé de s’exiler, il continuera à tourner en Allemagne (Le décolleté dans le dos, 1975, présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes). Après avoir travaillé pour la télévision allemande et britannique, Jan Nemec collabore à la réalisation du film de Philip Kaufman, L'Insoutenable légèreté de l'être (1987) d'après l'œuvre de Milan Kundera. Il revient en Tchécoslovaquie après la Révolution de velours et y réalise encore plusieurs films jusqu’en 2009.

Publié dans Claps de fin

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