Koji Wakamatsu (1936-2012)

Publié le par lefilmdujour

Victime d'un accident de la circulation il y a quelques jours, le réalisateur japonais Koji Wakamatsu, auteur notamment de Quand l'embryon part braconner (1966), est décédé le 17 octobre 2012 à l'âge de 76 ans.

Né en 1936, Koji Wakamatsu ne s'est pas tout de suite fait connaître par ses activités cinématographiques. Dès l'âge de 18 ans, il émarge en effet dans un groupe de yakuzas (maffieux nippons) où il exerce ses talents pendant cinq ans. Arrêté par la police et jeté en prison pendant six mois, notre "gentil" garçon décide de laisser tomber le milieu et d'entrer dans le monde du cinéma.

Koji Wakamatsu signe son premier film en 1963 et lance, avec d'autres cinéastes indépendants et marginaux, la mode des "pink-eiga", les films érotiques nippons. En l'espace de trois ans, il tournera une vingtaine de films, toujours axés sur les mêmes thèmes : déshumanisation de la société, aliénation par les images érotiques, connexion entre sexe et violence, contexte politique sous-jacent, expérimentations visuelles, etc. Parmi une filmographie pléthorique, on citera Le Secret derrière les murs (1965), sélectionné au Festival de Berlin, Quand l'embryon part braconner et Les Anges violés (1967), long métrage s'inspirant du massacre de huit infirmières par Richard Speck aux États-Unis.

L'Extase des anges (Wakamatsu, 1972)

Puis, progressivement, tout en flirtant avec l'underground (Vierge violée cherche étudiant révolté, 1969, un film culte au pays du Soleil levant, dixit Laurent Aknin dans Cinéma bis, ouvrage paru chez Nouveau Monde Éditions), le cinéma de Wakamatsu s'oriente vers le cinéma politique militant, influencé par diverses avant-gardes et par l'extrême gauche (Sex Jack, 1970 ; L'Extase des anges, 1972). Le réalisateur est alors très proche de Nagisa Oshima qui pourra tourner L'Empire des sens (1976) grâce, notamment, à l'apport financier de Wakamatsu. Le cinéaste continuera dans cette voie tout au long des années 1970 avec des films "dossiers" provocateurs ou des films violents, puis Koji Wakamatsu ralentit ses activités à partir des années 1980.

Koji Wakamatsu est revenu au premier plan en 2006 avec United Red Army, docu-fiction qui retrace une célèbre prise d'otages au Japon qui fut retransmise en direct en 1972 pendant plus de dix heures. Son dernier film, Le Soldat dieu (2009), parabole antimilitariste, est sorti le 1er décembre 2010 sur les écrans français.

Source principale : Cinéma bis, Laurent Aknin, paru aux éditions Nouveau Monde

Publié dans Claps de fin

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