Tsilla Chelton (1918-2012)

Publié le par lefilmdujour

Tsilla Chelton (1918-2012)
Tatie Danielle ne sera plus jamais méchante... La comédienne française Tsilla Chelton, unanimement reconnue pour le rôle de vieille acariâtre qu'elle a incarné avec brio en 1989 dans le film éponyme d’Étienne Chatilliez, est décédée le 5 juillet 2012 à l'âge de 94 ans.
Née en 1918, Tsilla Chelton passe son enfance en Belgique et fait ses armes après la Seconde Guerre mondiale dans la première compagnie du mime Marceau. A la fin des années 40, on la retrouve à Paris où la comédienne se produit au cabaret dans des one woman shows. En 1950, elle crée au théâtre Les chaises d'Eugène Ionesco, dont elle devient l'interprète fétiche. La carrière théâtrale de Tsilla Chelton, très riche, prend son envol à ce moment-là.
Tsilla Chelton (1918-2012)

Bernard Blier et Tsilla Chelton face à face dans C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule (Besnard, 1974)

De temps en temps, l'actrice fait un petit tour au cinéma pour des rôles épisodiques. Dans les années 60, on l'aperçoit notamment dans plusieurs films d'Yves Robert (La guerre des boutons, 1961 ; Bébert et l'omnibus, 1963 ; Les copains, 1964 ; Alexandre le bienheureux, 1967). Dans la décennie suivante, on la repère chez Pierre Richard (Le distrait, 1970) et chez Diane Kurys, pour qui elle campe la surveillante générale dans le célèbre Diabolo-Menthe (1977).
Professeur de théâtre de Christian Clavier, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte qui ont l'idée de départ de C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ! (Besnard, 1974), Tsilla Chelton, en dame pipi à qui on ne la fait pas, se retrouve donc aimablement et tout naturellement conviée à donner la réplique à Jean Lefebvre, Bernard Blier et Michel Serrault dans cette pochade qui ne fait guère de mal aux neurones et qui lui permet de se reposer de ses rôles nettement plus ardus sur scène. D'autant que les dialogues essaient de lorgner du côté d'Audiard mais ont du mal à arriver à la cheville de leur modèle : "Le jour où on mettra les cons dans un panier, tu seras pas sur le couvercle", distille ainsi Blier à Serrault.
Tsilla Chelton (1918-2012)

Tsilla Chelton, inénarrable en Tatie Danielle (image : www.premiere.fr)

Après le coup d'éclat de Tatie Danielle, Tsilla Chelton endosse en 1992 le rôle de Mémé Zézette dans La soif de l'or (Oury, avec Christian Clavier) puis celui de la mamie qui revient tous les jours sur un quai de gare pour attendre l'improbable retour d'un amour de jeunesse dans Que faisaient les femmes pendant que l'homme marchait sur la lune ? (Van Der Stappen, 1999, avec Mimie Mathy et Hélène Vincent). Plus récemment, on l'avait revue en vieille dame russe répondant à la petite annonce d'un Jean-Pierre Marielle à la recherche d'une moitié dans Faut que ça danse ! (Lvovski, 2006).
Tsilla Chelton (1918-2012)

Tsilla Chelton dans La boîte de Pandore (Ustaoglu, 2008)

A 90 ans, Tsilla Chelton était encore à l'affiche de La boîte de Pandore (2008) de la cinéaste turque Yesim Ustaoglu. Le film avait décroché le Coquillage d'or, prix le plus important du festival de San Sebastian. Tsilla Chelton, qui joue une grand-mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, y avait, quant à elle, obtenu le prix d'interprétation féminine. En 2008, la comédienne avait également tourné sous les directions de Patrice Chéreau (Persécution) et de Stinj Coninx (Sœur Sourire).

Publié dans Claps de fin

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