Leonardo Favio (1938-2012)

Publié le par lefilmdujour

Leonardo Favio (1938-2012)
L’acteur et réalisateur argentin Leonardo Favio, qui fut également l’un des chanteurs les plus appréciés d’Amérique latine dans les années 50 et 60, est décédé le 5 novembre 2012 à l’âge de 74 ans.
Vu notamment dans les films de Leopoldo Torre-Nilsson, Leonardo Favio était passé à la réalisation de longs métrages en 1965 et avait connu le succès public et critique dès son deuxième film, se hissant rapidement au rang d’auteur culte du Nuevo Cine, le nouveau cinéma argentin des années 1960. Au titre long comme un jour sans pain, Este es el romance del Aniceto y la Francisca, de cómo quedó trunco, comenzó la tristeza y unas pocas cosas más... (1966) raconte l’histoire d’un triangle amoureux en milieu rural. Selon Le cinéma espagnol (ouvrage paru aux éditions Gremese), « la mise en scène est travaillée et artificielle, comme une abstraction géométrique, annonçant presque le Dogville de Lars Von Trier, mais réussissant, paradoxalement, à apparaître comme le sommet de la simplicité ». Leonardo Favio tirera un faux remake plus baroque de ce film en 2008 (Aniceto).
En 1975, avec Nazareno Cruz y el lobo, inspiré de la légende du loup-garou et « rare exemple du genre fantastique dans le cinéma argentin » (dixit Le cinéma espagnol), Leonardo Favio pulvérisa tous les records en propulsant ce film vers le statut envié de plus grand succès du box-office argentin (il a depuis été battu par Dans ses yeux de Juan Antonio Campanella, sorti sur les écrans en 2009).
En 1993, Gatica El Mono, chronique d’un boxeur très populaire dans l’Argentine des années 40 où « Favio impose le parallélisme entre Peron et Gatica » (toujours selon le même ouvrage), permit au réalisateur de décrocher le Goya (l’équivalent hispanique des César) du meilleur film étranger en langue espagnole. Au cours de sa carrière, Leonardo Favio avait réalisé sept longs métrages et un documentaire consacré – justement – à Peron. Dans tous ces films, inédits sur les écrans français, « il créa une poétique qui dissout les limites entre culture érudite et culture populaire » (Le cinéma espagnol).

Publié dans Claps de fin

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