Lenny Barre se marre : Marie-poupée

Publié le par lefilmdujour

Lenny Barre se marre : Marie-poupée
Joël Séria, 1976
Lenny Barre a repris son bâton de pèlerin pour continuer d'explorer la filmographie de Joël Séria - et, accessoirement, vérifier que la plastique de la superbe Jeanne Goupil reste irréprochable... sous toutes les coutures. Aucun problème de ce côté-là : le corps de l'actrice, alors compagne du réalisateur, est parfaitement mis en valeur, comme il l'était déjà dans Mais ne nous délivrez pas du mal, Charlie et ses deux nénettes et Les galettes de Pont-Aven du même Joël Séria.
Si l’œuvre conserve l'aspect gentiment érotique que l'on retrouve habituellement chez Séria, Marie-poupée est à ranger du côté sombre de la filmographie de son auteur, à l'instar de Mais ne nous délivrez pas du mal qui contait l'histoire de deux adolescentes irrésistiblement entraînées vers la perversité dans l'atmosphère étouffante d'une institution religieuse. Ici, l'héroïne est une jeune orpheline de 17 ans terriblement naïve (Jeanne Goupil) qui épouse un homme passionné jusqu'au fétichisme par les poupées (André Dussolier, dans l'un de ses premiers rôles importants).
Et c'est ce que va devenir Marie, coiffée, habillée, logée et traitée comme un jouet vivant par son mari. Le sexe n'est donc pas de mise... Mais la belle a des pulsions - on la comprend - et tout bascule quand elle tombe dans les bras du rustaud Bernard Fresson. Tout ça, malheureusement, ne finit pas très bien, surtout que le mari a retrouvé, sous les traits d'une petite fille cette fois-ci, une autre "poupée"... Pas besoin d'être grand-clerc pour comprendre qu'un film comme ça ne pourrait sans doute pas être tourné aujourd’hui.
Bien qu'un peu bancal par moments (surtout la fin, abrupte), Marie-poupée est une critique sévère des conventions bourgeoises qui peuvent conduire à de telles aberrations et qui sont des entraves aux plaisirs naturels de la vie et de l'amour. Un film à voir donc, même si nous sommes loin du registre débridé et sexy de Charlie et ses deux nénettes, Les galettes de Pont-Aven ou ...Comme la lune, et que Lenny Barre, pour le compte, ne s'est guère marré.
Dans Marie-poupée, le spectateur retrouvera aussi avec plaisir Andréa Ferréol (déjà dans Les galettes de Pont-Aven) dans une scène quelque peu intime avec Jeanne Goupil. Dominique Lavanant et Fanny Ardant (dans sa première apparition au cinéma) surgissent aussi dans le film au détour d'une scène.
Lenny Barre
Marie-Poupée est disponible en DVD chez René Chateau Vidéo.
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