Lenny Barre se marre : Bordella

Publié le par lefilmdujour

Lenny Barre se marre : Bordella
Pupi Avati, 1976
Bordella… En voilà un titre qu'il est beau. Et Lenny Barre, toujours à la recherche de scènes émoustillantes (vous commencez à me connaître), s’est évidemment jeté sur ce film comme la misère sur le monde. Et il a été satisfait à plus d’un titre. Car, loin d’être une plaisanterie quelque peu leste, mâtinée de parodie amusante de comédie musicale, Bordella est aussi une critique de l’impérialisme américain. Eh oui !
Nous sommes au début des années 70 à New York. Eddie Mordace, un Italo-américain un peu équivoque, tient un petit salon de « massage » pour… femmes émancipées (ici, ce sont les hommes que l’on paye pour leurs services, éventuellement trois pièces). Les affaires marchant bien, Henry Kissinger, via une officine gouvernementale qui supervise des entourloupes louches un peu partout dans le monde (trafic de drogue, enlèvement de personnalités, etc.), décide de mettre l’Italie dans sa poche par le biais d’une société fantoche, l’American Love Company.
A charge pour Eddie, à l’heure de l’américanisme triomphant, d’implanter sur la péninsule un réseau de bordels « mâles » pour Italiennes fortunées. Un recrutement est lancé pour pourvoir l’établissement-pilote. Malheureusement, Eddie est tout sauf un bon recruteur. Et voilà qu’il réunit une folle perdue, un géant musclé mais benêt, un aristocrate grassouillet sans le sou, un ancien boxeur impuissant et un violeur en série repenti…
Certes, tout cela ressort de la farce italienne « hénaurme » mais, pour peu qu’il ait l’estomac solide, le spectateur passe un bon moment de détente avec, comme cerises sur le gâteau, quelques femmes sexy en porte-jarretelles et des soutifs aux abonnés absents. Toutefois, celles et ceux qui apprécient les beaux garçons seront, malgré le sujet, déçus, car seul le géant (plus de deux mètres) vaut le coup d’œil. Quoiqu’il soit joué par George Eastman, acteur passé à la postérité avec le rôle-titre de L’anthropophage, l’homme qui se mange lui-même… Ça peut faire réfléchir…
Au générique, on déniche aussi dans le rôle du boxeur Christian de Sica, le fils de Vittorio de Sica et de l’actrice Maria Mercader. Évidemment, on est très loin de la délicatesse viscontienne, du néoréalisme rossellinien et de l’incommunicabilité antonionienne… mais, de temps en temps, ça fait pas de mal de se faire du bien ailleurs qu’à la tête !
Lenny Barre
Bordella est disponible en DVD chez SNC dans la collection "Comédies à l'italienne".
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