Le Film du jour n°99 : Les baskets se déchaînent

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°99 : Les baskets se déchaînent
Titre original : Massacre at Central High
Un film américain de Rene DAALDER (1976) avec Derrel Maury, Andrew Stevens, Robert Carradine, Kimberly Beck, Lani O'Grady...
A l'apparition du mot "basket" dans le titre d'un film, le cinéphile normalement constitué pense avoir affaire à une bande débilo-rigolote du type Lâche-moi les baskets (Ruben, 1977) ou Basket Academy (Carr, 2005), quand ce n'est pas à une bluette édifiante sur la destinée extraordinaire d'un joueur de basket américain, parti de rien pour finir au sommet, comme Magic Baskets (Schultz, 2002).
Rien de tel pourtant avec Les baskets se déchaînent !, dont le titre français, qui se veut drôle, est totalement hors sujet. Les distributeurs ont voulu ici surfer sur le succès de Lâche-moi les baskets (Ruben, 1976), une comédie débridée sortie quelques mois plus tôt sur les écrans hexagonaux.
Comme le titre original le laisse deviner sans mal, Les baskets se déchaînent est à classer au rayon "violence et horreur". Du ciné, du vrai ! Le magazine Mad Movies range même le film dans les dix perles du cinéma d'exploitation tendance "Shock and Horror".
Le Film du jour n°99 : Les baskets se déchaînent
Les baskets se déchaînent, l'histoire : David débarque dans une nouvelle école, où il retrouve son meilleur ami Mark qui traîne avec un groupe de petites frappes issues de familles aisées. Alors que ces derniers règnent sur le lycée, David décide de faire face. Il leur met une raclée lorsqu'il surprend la bande en train de violer deux filles. Ce qui, évidemment, ne plaît pas aux voyous. Pour se venger, ceux-ci le blessent grièvement, l'handicapant ainsi à vie. David décide alors de tuer ses trois agresseurs. Est-ce fini ? Pas du tout, car (c'est là où le film fait fort) le "héros" n'a rien du bon gars de service. Et ça va chauffer pour le matricule des étudiants, totalement délaissés par le corps professoral qui a, depuis longtemps, rendu les armes !
Cinéaste d'origine néerlandaise, René Daalder, né en 1944, a d'abord travaillé dans le documentaire et signé plusieurs scénarios dans son pays natal avant de s'installer aux États-Unis, où il est désormais considéré comme l'un des pionniers des effets numériques et de la réalité virtuelle. Les baskets se déchaînent ! est son premier long métrage de fiction. Mais juste avant, il avait collaboré avec le fameux Russ Meyer sur Supervixens (1975), ode à la gloire des femmes dotées d'appendices mammaires époustouflants (voir Cache ta femme, prends ton fusil, voici les Scavengers).
Le Film du jour n°99 : Les baskets se déchaînent
Avec Les baskets se déchaînent !, René Daalder signe un long métrage qui préfigure à la fois les slashers (films où les meurtres commis par un maniaque se succèdent avec entrain et dans la plus parfaite bonne humeur) et les productions pour teenagers des années 80. Selon Mad Movies, René Daalder y ajoute aussi une certaine dose de conscience politique pimentée d'accents libertaires. "Cynique et désillusionné, le réalisateur considère l'être humain comme un indécrottable idiot incapable de s'émanciper totalement et préférant stagner dans le doux confort de la soumission, écrit Julien Sévéon dans le magazine. Il livre une œuvre d'exploitation intelligente et à l'épreuve du temps". Dont acte.
Le Film du jour n°99 : Les baskets se déchaînent

Keith, David et Robert Carradine dans Le gang des frères James (W. Hill, 1980) (image : www.toutlecine.com)

Au sein du casting des Baskets se déchaînent !, on reconnaîtra Robert Carradine, né en 1954 et membre de la grande famille d'acteurs du même nom. Il est l'un des multiples rejetons de John Carradine, vu dans de nombreux films de John Ford (La chevauchée fantastique, Les raisins de la colère, L'homme qui tua Liberty Valance, Les Cheyennes) et figure emblématique du film fantastique plus ou moins miteux (Le fantôme de la momie, La maison de Dracula, La maison de Frankenstein, Le commando des morts-vivants, etc.).
A ce titre, Robert Carradine est le demi-frère de David "Kung-fu" Carradine (voir La course à la mort de l'an 2000) et le frère à 100% du comédien Keith Carradine (Nashville, Altman, 1975 ; Les duellistes, R. Scott, 1977 ; La petite, Malle, 1978 ; Maria's Lovers, Kontchalovski, 1984). C'est dans Les cow-boys (Rydell, 1972) et face à John Wayne que Robert Carradine est passé pour la première fois devant une caméra de cinéma. On l'a vu depuis chez Martin Scorsese (Mean Streets, 1973), Hal Ashby (Retour, 1978), Samuel Fuller (Au-delà de la gloire, 1980), Walter Hill (Le gang des frères James, 1980, où il joue avec ses frères David et Keith), Robert Altman (The Player, 1992) ou John Carpenter (Los Angeles 2013, 1996).
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Andrew Stevens

Né en 1955, Andrew Stevens, qui joue Mark dans Les baskets se déchaînent !, est lui aussi fils d'artiste. Sa mère n'est autre que l'actrice Stella Stevens, dont le Film du jour vous a déjà amplement parlé. Avant de devenir mémé photogénique en slibard et soutif (http://stellastevens.biz), Stella Stevens s'était notamment frottée à Elvis Presley et Jerry Lewis (voir Des filles, encore des filles !).
Andrew Stevens reste célèbre pour son interprétation du fils de Kirk Douglas dans l'excellent Furie (1978) de Brian de Palma. Doté de pouvoirs paranormaux, il y est enlevé par un ancien de la CIA (interprété par John Cassavetes) qui veut exploiter ses dons à des fins militaires. En utilisant simplement ses capacités psychiques, il fera littéralement exploser la tête de Cassavetes à la fin du film, au terme d'une scène apocalyptique particulièrement oppressante (on comprend mieux ce que veut dire l'expression "se faire éclater la tronche"...). Andrew Stevens est aujourd'hui producteur.
Le Film du jour n°99 : Les baskets se déchaînent

Kimberly Beck dans un épisode de la série TV "Buck Rogers au XXVe siècle"

Le mot de la fin sera consacré à Kimberly Beck, née en 1956. Blonde à forte poitrine (sans doute une influence "meyerienne"), elle dévoile ses fesses et ses loloches avec une régularité de métronome dans Les baskets se déchaînent ! Très précoce, la belle avait débuté au cinéma à l'âge de deux ans en jouant la fille de Glenn Ford dans La dernière torpille (Pevney, 1958). L'amateur éclairé retrouvera Kimberly Beck avec plaisir dans Vendredi 13 : chapitre final (Zito, 1984). Mais saurez-vous la reconnaître aussi dans Le grand bleu (Besson, 1987) et dans Independence Day (Emmerich, 1996) ? Notre sympathique Kimberly s'est par ailleurs beaucoup adonnée aux séries TV.

Publié dans Titres débiles

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