Le Film du jour n°70 : Touche pas à mon gazon

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°70 : Touche pas à mon gazon
Titre original : Fun with Dick and Jane
Un film américain de Ted KOTCHEFF (1977) avec George Segal, Jane Fonda, Ed McMahon, Richard Gautier...
Touche pas à mon gazon n'est pas un cas isolé dans l'histoire cinématographique. Des Touche pas... ou des Touchez pas... on en trouve un certain nombre dans les dictionnaires de cinéma. Touche pas à la femme blanche (1973), le western parodique que Marco Ferreri a tourné dans le fameux trou des Halles avec Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, et Touchez pas au grisbi (1954), le polar de Jacques Becker avec Jean Gabin, sont certainement les plus connus du lot.
Mais le cinéphile éclairé se sera aussi régalé devant Touche pas à mon copain (Bouthier, 1977), un film désenchanté qui compte les boires et déboires de quatre amis trentenaires, Touchez pas aux blondes (Cloche, 1960), une comédie policière avec Philippe Clay et Dario Moreno, et le nanar celte Touch'pas à mon biniou (Launois, 1980) avec... Sim, Agecanonix dans Astérix et Obélix contre César (Zidi, 1998).
Né en 1931 au Canada, Ted Kotcheff, à qui l'on doit Touche pas à mon gazon, a démarré sa carrière de réalisateur en Grande-Bretagne en signant La belle des îles (1962) avec James Mason. Mais c'est en Australie qu'il se fera vraiment remarquer avec son quatrième long métrage intitulé Réveil dans la terreur (1970), description de la dérive cauchemardesque d'un jeune instituteur dans une petite ville de l'Australie centrale. Le massacre de kangourous tués gratuitement par une bande d'ivrognes y est particulièrement terrifiante et a laissé une impression indélébile sur tous ceux qui ont vu ce film...
Le Film du jour n°70 : Touche pas à mon gazon

L'outback australien est loin d'être un petit coin tranquille dans Réveil dans la terreur (Kotcheff, 1970) (image: www.moviegoods.com)

Retour ensuite au Canada pour Ted Kotcheff qui livre alors un excellent Apprentissage de Duddy Kravitz (1974) avec Richard Dreyfuss (Ours d'or du meilleur film au Festival de Berlin en 1974 et succès international). On lui doit également le métrage franco-britannique La grande cuisine (1978) (avec Jacqueline Bisset, Philippe Noiret, Jean-Pierre Cassel et Jean Rochefort), l'insubmersible premier volet de la trilogie Rambo (1983) avec qui vous savez..., ainsi que Retour vers l'enfer (1983), dans lequel cinq anciens du Vietnam montent une opération commando pour délivrer des prisonniers retenus par les méchants Asiatiques...
Dans ce dernier film, "le travail de Kotcheff est compétent, plus digne, moins flagorneur que ne le veut la règle dans ce genre pénible destiné à un public analphabète", notent Coursodon et Tavernier dans leur ouvrage (hautement recommandable) 50 ans de cinéma américain. Les amateurs du "genre" apprécieront.
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Le premier Rambo est à mettre au crédit du canadien Ted Kotcheff

Par la suite, Ted Kotcheff ne réalisera plus grand-chose de vraiment sensationnel : dénonciation des sectes dans L'envoûtement (1984), critique de l'emprise grandissante des médias dans Scoop (1988), comédie autour de deux amis trimbalant un cadavre qu'ils font passer pour vivant avec Week-end chez Bernie (1989) (non, il ne s'agit pas d'un week-end "pièces jaunes" avec "Maman" Chirac, tsss !), etc. The shooter (1995) est le dernier film en date que Kotcheff ait tourné pour le cinéma. Le héros y est interprété - mais interprété est peut-être un trop grand mot - par le Nordique costaud au regard mauvais Dolph Lundgren (qui, soit dit en passant, était l'adversaire de Stallone dans Rocky 4).
Touche pas à mon gazon, l'histoire : Le directeur Dick Harper (George Segal) et sa séduisante jeune femme Jane (Jane Fonda) ont un mode de vie des plus confortables. Ils finissent juste de construire leur piscine quand Dick est viré sans ménagement de son emploi, leur laissant un crédit de 70 000 dollars sur le dos. Malgré tous leurs efforts pour cacher le drame à leur entourage, ils doivent se rendre à l'évidence : sans trouver rapidement de l'argent, ils vont tout perdre ! Ne leur reste donc qu'à se transformer en voleurs de bas étage. Un remake de Touche pas à mon gazon a été tourné avec Jim Carrey sous le titre Braqueurs amateurs (Parisot, 2005).
Dans Touche pas à mon gazon, Ted Kotcheff et Jane Fonda, son interprète, brisèrent un tabou, indiquent Coursodon et Tavernier. Lors d'une discussion entre les deux époux dans la salle de bains, Jane Fonda s'assoit en effet sur le trône, fait son petit pipi et s'essuie dans un geste très naturel et très décent avec du papier hygiénique. Horrifiés, les dirigeants de la Columbia voulurent couper la scène, mais Kotcheff refusa, arguant du fait qu'il n'avait pas de leçon de finesse à recevoir des producteurs de Shampoo (Ashby, 1975), film qui avait engrangé des millions de dollars avec une séquence de fellation fortement suggérée !
Depuis, plusieurs actrices ont cédé à un besoin bien naturel devant la caméra, comme, notamment, Christine Boisson dans Identification d'une femme (Antonioni, 1982), Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut (Kubrick, 1997) ou, plus récemment, Brittany Murphy dans Love (et ses petits désastres) (Keshishian, 2007).
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Jane Fonda

Née en 1937, Jane Fonda (surnommée Hanoï Jane pendant la guerre du Vietnam en raison de ses engagements politiques gauchisants) est - je ne vous l'apprends pas - la fille du grand Henry Fonda (1905-1982), la sœur aînée de l'acteur-réalisateur Peter Fonda (Easy Rider) et la tantine de l'actrice Bridget Fonda (JF partagerait appartement, Nom de code : Nina). Elle débuta au théâtre en 1954 aux côtés de son père et joua dans son premier film en 1960 (La tête à l'envers, Logan).
En 1963, Jane Fonda fait sa percée dans le cinéma français en interprétant l'un des deux rôles féminins principaux des Félins de René Clément. C'est à ce moment-là qu'elle rencontre Roger Vadim qu'elle épouse en 1965. Les deux tourtereaux, qui donnent naissance à une fille prénommée Vanessa, tourneront ensemble La ronde (1964), remake raté du chef-d’œuvre de Max Ophüls, La curée (1966), bande inspirée du roman éponyme de Zola, Barbarella (1967), film tiré de la BD du même nom, et l'épisode Metzengerstein du film à sketches Histoires extraordinaires (1967). Jane Fonda mettra à terme à son aventure cinématographique hexagonale en passant devant la caméra de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin pour Tout va bien (1972). Elle divorce de Vadim en 1973.
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Jane Fonda en Barbarella dans le film éponyme réalisé en 1967 par Roger Vadim, son mari de l'époque (image : www.jimbo.info)

Parallèlement, notre Jane n'en avait pas moins continué sa carrière outre-Atlantique en livrant des prestations inoubliables dans d'excellents films comme La poursuite impitoyable (Penn, 1966), On achève bien les chevaux (Pollack, 1969) ou Klute (Pakula, 1971). Elle décroche d'ailleurs l'Oscar de la meilleure actrice pour ce dernier long métrage, statuette qu'elle s'appropriera à nouveau pour son rôle dans Le retour (Ashby, 1977). Elle marque aussi de son empreinte des films comme Julia (Zinnemann, 1977) aux côtés de Vanessa Redgrave, Le syndrome chinois (Bridges, 1978), La maison du lac (Rydell, 1982) - où elle joue pour la première fois au cinéma avec son père (qui décèdera juste après le tournage) - ou Le lendemain du crime (Lumet, 1987).
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Katharine Hepburn, Jane Fonda et son père, Henri Fonda, à l'affiche de La maison du lac (Rydell, 1982)

Dans les années 80, Jane Fonda délaisse petit à petit le cinéma pour se consacrer à l'aérobic, dont elle devient l'une des papesses (qui aurait pu se douter qu'une demoiselle pro-Vietcong allait se transformer en consœur de Véronique et Davina ?). Elle met même un coup d'arrêt à sa carrière en 1991 lorsqu'elle épouse son troisième mari, le magnat du câble Ted Turner.
Divorcée du monsieur en 2001, elle montre aujourd'hui des velléités de retour à l'écran. Ne l'a-t-on pas vue récemment dans Sa mère ou moi ! (Liketic, 2005) où elle donne la réplique à Jennifer Lopez, ainsi que dans Mère-fille, mode d'emploi (Marshall, 2007) face à Lindsay Lohan ? Et, début 2012, on a revu la belle dans un film français, en l'occurrence dans Et si on vivait tous ensemble ? de Stéphane Robelin avec Guy Bedos, Geraldine Chaplin, Claude Rich et Pierre Richard. Jane Fonda a également endossé le rôle de Nancy Reagan dans Le majordome (2013) de Lee Daniels. Attendons donc la suite... Car elle le vaut bien, comme dirait son sponsor !

Publié dans Titres débiles

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