Le Film du jour n°64 : Amigo, mon colt a deux mots à te dire !

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°64 : Amigo, mon colt a deux mots à te dire !
Titre original : Si puo fare... amigo
Un film italo-franco-espagnol de Maurizio LUCIDI (1972) avec Bud Spencer, Jack Palance, Renato Cestié, Francisco Rabal, Dany Saval...
Lorsqu'on souffre d'un manque de titres de films loufoques à se mettre sous la dent (ce qui n'est pas le cas du Film du jour, je vous rassure tout de suite... hein... avouez que vous avez eu peur...), il existe une solution imparable : ressortir et relire la filmographie complète de Bud Spencer. On est assuré d'y trouver des perles ! D'autant que le gros barbu s'est beaucoup impliqué dans le western-spaghetti comique (ou assimilé comique), un genre où on voulait se montrer débilo-rigolo à tous les niveaux...
Amigo, mon colt a deux mots à te dire figure bien entendu en bonne place dans cette catégorie. Pour une fois non flanqué de son acolyte Terence Hill, notre ami distributeur de baffes, démolisseur de tables et buveur de bière (tout pour plaire à ces dames...) a tourné ce long métrage à peu près à la même époque où il enchaînait Une raison pour vivre, une raison pour mourir (Valerii, 1972) - un assez bon western-spaghetti avec James Coburn et Telly "Kojak" Savalas -, El Magnifico (Colizzi, 1972), Maintenant, on l'appelle Plata (Colizzi, 1972), Les anges mangent aussi des fayots (Clucher, 1973) et Attention, on va se fâcher (Fondato, 1973). Que du lourd !
Le Film du jour n°64 : Amigo, mon colt a deux mots à te dire !

Le défi des géants (1965), le premier film réalisé par Maurizio Lucidi avec le musclé Reg Park

Né en 1932 et décédé en 2005, Maurizio Lucidi, le réalisateur d'Amigo, mon colt a deux mots à te dire, n'a pas vraiment commencé sa carrière sous le signe de la franche rigolade. C'est le moins que l'on puisse dire. En 1964, un an avant de passer à la réalisation, il occupe en effet le poste d'assistant de Pier Paolo Pasolini sur le tournage de L'évangile selon Saint Matthieu, qui reste encore, à notre humble avis, la plus belle adaptation cinématographique de la vie de Jésus.
Pour son premier film en tant que metteur en scène, Maurizio Lucidi est resté fidèle à l'Antiquité en filmant Le défi des géants (1965), un péplum où s'exhibe le culturiste sud-africain Reg Park, Monsieur Univers 1951, 1958 et 1965 quand même ! Un Reg Park ainsi décrit par Cinéma 64 : "Derrière sa barbe abondante, le visage marque peu d'émotions et seule une certaine rudesse, aggravée de pilosité pectorale (!), accrédite un personnage insipide, quoique herculéen". Comprenne qui pourra !
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En 1976, Roger Moore joue L'exécuteur devant la caméra de Maurizio Lucidi

Par la suite, Maurizio Lucidi (qui utilise, comme ses confrères italiens, tout un jeu de pseudos tels Maurice A. Bright ou Mark Lander) s'est attaqué à différents genres. Le western-spaghetti bien sûr (c'est lui qui signe aussi Trois salopards... une poignée d'or, 1967, avec George Hilton), mais aussi le giallo (La victime désignée, 1971, sorte de remake de L'inconnu du Nord-Express de Hitchcock, avec Tomas Milian et Pierre Clémenti) et le polar (La dernière chance, 1975, avec Eli Wallach, Fabio Testi et les sublimes Ursula Andress et Barbara Bach au générique). James Bond à ses heures, Roger Moore tournera aussi devant la caméra de Maurizio Lucidi pour L'exécuteur (1976).
Amigo, mon colt a deux mots à te dire, l'histoire : Il est pas gêné, Ivan Coburn (Bud Spencer) ! Il a défloré la sœur de Sonny (Jack Palance), le tireur le plus rapide de l'Ouest ! De qui se moque-t-on ? Tout rouge de colère, Sonny veut qu'Ivan épouse la pauvrette afin de lui éviter la honte. Mais Ivan refuse tout net. Alors Sonny décide de le buter, non mais ! Faut dire qu'Ivan a déjà charge d'âme : il s'occupe d'un petit garçon dont l'oncle a été zigouillé lors d'un duel... Ivan a aussi un cheval qui préfère rester couché plutôt que de se faire enfourcher par le gros monsieur... Faut menacer l'équidé d'une arme pour que le canasson daigne se lever ! Quelle époque !
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Dany Saval (image : www.centre-iris.fr)

Dans Amigo, mon colt à deux mots à te dire, la sœurette violentée est jouée par la fragile Dany Saval. Née en 1942, la future Madame Michel Drucker fut danseuse classique avant d'être actrice. Ce sont des vieux routiers du cinéma français qui la remarquent. Marcel Carné la fait ainsi jouer aux côtés de Pascale Petit, Jacques Charrier, Laurent Terzieff et Jean-Paul Belmondo dans Les tricheurs (1958) et André Cayatte lui confie un petit rôle dans Le miroir à deux faces (1958) auprès de Bourvil et Michèle Morgan.
Pendant sept ans, Dany Saval va enchaîner les films, plutôt dans le registre léger, comme Nathalie agent secret (Decoin, 1959) (avec Martine Carol dans le rôle-titre), Pleins feux sur l'assassin (Franju, 1960), Les Parisiennes (Poitrenaud, 1961) ou Strip-Tease (Poitrenaud, 1962) (où elle joue Dodo Voluptuous... non, rien à voir avec Dodo la saumure...).
Suivront notamment Comment réussir en amour (Boisrond, 1962), Cherchez l'idole (Boisrond, 1963, avec Johnny Halliday), Moi et les hommes de quarante ans (J. Pinoteau, 1964), etc. En hôtesse de l'air parlant anglais avec un accent français à couper au couteau (du même acabit que celui de François Truffaut), elle côtoie même Tony Curtis et Jerry Lewis dans Boeing-Boeing (Rich, 1965). A vérifier sur YouTube illico !
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Dany Saval, hôtesse de l'air dans Boeing, Boeing (Rich, 1965)

Son mariage en 1965 avec le musicien Maurice Jarre (oui, oui, le père de Jean-Michel Jarre) - et son départ pour les États-Unis pour suivre son mari - mettront un coup d'arrêt à sa carrière cinématographique, même si les deux tourtereaux divorcent deux ans plus tard. Hormis sa présence en 1972 dans Amigo, mon colt a deux mots à te dire, on ne verra plus Dany Saval, devenue Madame Drucker en 1973, que dans quelques films assez mineurs entre 1977 et 1980.
Elle tourne notamment pour Claude Zidi (L'animal, 1977, avec Jean-Paul Belmondo ; Inspecteur la Bavure, 1980, avec Coluche) et dans quelques comédies franchouillardes au petit pied comme Plein les poches pour pas un rond (Daert, 1978) ou Voulez-vous un Bébé Nobel ? (Pouret, 1980). Sa dernière apparition au cinéma, Dany la réserve pour Signé Furax (1980) de Marc Simenon, fils de Georges Simenon et mari de Mylène Demongeot. Elle y joue le rôle d'une dénommée... Fiotte. Nous ne commenterons pas et n'ajouterons rien de plus...

Publié dans Titres rigolos

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