Le Film du jour n°61 : Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°61 : Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon
Titre original : Le dieci meraviglie dell'amore
Un film germano-italien de Sergio BERGONZELLI (1968) avec Brigitte Skay, Bernhardt de Vries, Angelo Infanti, Isa Sala, Eva Astor
Ah, si seulement c'était vrai...! Sorti sur les écrans français après le formidable succès remporté en 1972 par Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, la première réalisation de Jean Yanne, Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon a bénéficié de la présence d'esprit et de l'humour d'un distributeur hexagonal, soucieux de donner un titre explicite, rigolo et attirant à ces "Dix merveilles de l'amour" (selon l'appellation originale !).
L'érotisme de bas étage, de toute façon, c'est l'une des spécialités de Sergio Bergonzelli, réalisateur italien né en 1924, décédé en 2002 et connu aussi sous les pseudos de Serge Bergon, Siro Carme ou Vunal Pakel. On lui doit en effet des "merveilles" comme Silvia et l'amour (1968) ou le giallo Dans les replis de la chair (1970). Sa filmographie compte également des "monuments" comme La provocation sexuelle (1971), Voluptés érotiques (1975) ou le célébrissime Joy (1983) avec la sublime Claudia Ury (plus de 200 000 entrées en 30 semaines d'exploitation, rien que sur Paris !).
Le Film du jour n°61 : Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon

Joy, gros succès du début des années 80 est signé Sergio Bergonzelli, alias Serge Bergon (image : www.encyclocine.com)

Avant de se plonger à corps perdu dans l'érotisme cinématographique, Sergio Bergonzelli s'était essayé au film d'aventures. L'homme avait signé un très correct Surcouf, le tigre des sept mers (1966) - et sa suite Tonnerre sur l'Océan indien (1966) - avec aux génériques Antonella Lualdi, Geneviève Casile et Gérard Barray, un acteur français spécialisé dans le film de cape et d'épée. Un an plus tôt, notre réalisateur du jour avait mis en boîte Objectif Hambourg, mission 083 (1965) (ne me demandez pas pourquoi 083...), un film d'espionnage avec Gérard Blain et Pier Angeli. Sergio Bergonzelli s'est aussi risqué dans l'arène sablonneuse du western-spaghetti (Le dernier pistolet, 1964, avec Cameron Mitchell, Je te tuerai, 1965, avec Mickey Hargitay, El Cisco, 1966, avec William Berger, Un colt dans le poing du diable, 1967) avec des résultats disons... euh... très moyens.
Le Film du jour n°61 : Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon

Avec Surcouf, le tigre des sept mers (1967), Bergonzelli signe un film de cape et d'épée assez correct (image : www.toutlecine.com)

Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon, l'histoire : Afin de préparer une thèse sur l'instinct sexuel chez l'homme, six étudiants (trois garçons et trois filles) décident de s'enfermer dans un appartement et de donner libre cours à leurs pulsions. Un Loft avant la lettre, en quelque sorte, mais sans Loana ! Cette dernière remarque se justifie d'autant plus que le film se présente comme un documentaire du type "mondo movie", un terme utilisé pour qualifier des pseudo documentaires à sensations, évidemment bidonnés et dont l'objectif est de rincer l’œil du spectateur en toute bonne conscience, ce dernier pouvant se réfugier derrière l'alibi "culturel".
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Brigitte Skay

Les acteurs de Tout le monde il est sexy, tout le monde il est cochon ne peuvent pas se targuer d'une filmographie grandiose et digne d'admiration, pas besoin d'être grand clerc pour le deviner. Tout juste peut-on sortir du lot la très belle Brigitte Skay (1940-2012).
La dame est surtout connue pour avoir interprété le rôle-titre du film Isabella, duchesse du diable et de l'amour (1971), inspiré d'une BD et évoquant vaguement notre Angélique marquise des Anges à nous. Ce long métrage est signé Bruno Corbucci, un tâcheron italien (très inférieur à son frère, Sergio Corbucci), à qui l'on doit notamment les sommets de la cinéphilie que sont Les rangers défient les karatékas (1973), Messaline, impératrice et p... (1977) (que veut dire ce p..., vraiment, je ne vois pas...) et Les super-flics de Miami (1985), où s'agitent vainement un Bud Spencer et un Terence Hill en bout de course.
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Brigitte Skay, après avoir passé l'arme à gauche, dans La baie sanglante (1971) de Mario Bava

Il ne faut pas non plus négliger la présence de Brigitte Skay au générique de La baie sanglante (1971), le fameux giallo de Mario Bava (elle y interprète une baigneuse inconsciente qui finit égorgée de la plus belle manière). On la retrouvera d'ailleurs ficelée comme un jambon et photographiée par Pascale Petit dans Une nuit peuplée de... mensonges (1976), un autre film de Bava (précisons que l'actrice Pascale Petit est la maman de l'ex-chanteuse Disney Douchka, devenue depuis une "héroïne" douteuse de télé-réalité pour "La septième compagnie" de TF1, la chaîne culturelle française).
Brigitte Skay promène par ailleurs son joli corps dans le film de série Z Quand éclate la dernière grenade (Batzella, 1970). Mais le réalisateur n'hésitera pas à utiliser les scènes où elle joue (sans la créditer au générique) pour les réinjecter plusieurs années plus tard dans Holocauste nazi (1977), un film de "prisons de femmes" assez nauséeux. Notre actrice émarge aussi au casting de L'enfant de la nuit (1978), un long métrage français (tombé dans un oubli sans doute mérité) de Sergio Gobbi avec Agostina Belli et Jean-Claude "Les brigades du tigre" Bouillon.
Ci-dessous, la bande-annonce de La baie sanglante avec Brigitte Skay :

Publié dans Titres rigolos

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