Le Film du jour n°55 : Ça plane, les filles !

Publié le par lefilmdujour

Titre original : Foxes

Un film américain de Adrian LYNE (1980) avec Jodie Foster, Cherie Currie, Marilyn Kagan, Kandice Stroh, Scott Baio, Sally Kellerman, Randy Quaid...

Et encore un titre débile à mettre au compte des distributeurs français, un ! L'affaire s'avère d'autant plus triste que le film, lui, n'a rien d'une gaudriole. En argot américain, le mot fox, que l'on trouve dans le titre original, est utilisé pour désigner une jolie fille...

Ça plane, les filles ! est le premier long métrage signé par Adrian Lyne (né en 1941), un cinéaste d'origine anglaise venu de la pub. En 1983, l'homme a accédé à la notoriété internationale grâce à Flashdance, "conte de fées qui fit danser toute l'Amérique" et qui propulsa Jennifer Beals au rang de star mondiale (rappelons toutefois qu'elle était doublée par une Française dans les scènes où notre soudeuse de profession se trémoussait comme une damnée). Dix ans plus tard, le réalisateur italien Nanni Moretti s'en souviendra encore pour son Journal intime (1993), Jennifer Beals y apparaissant quelques instants dans son propre rôle !

Neuf semaines et demie (1985), sans doute le film le plus célèbre du réalisateur Adrian Lyne... avec Flashdance (1983)

Quoi qu'il en soit, les années 80 portèrent chance à Adrian Lyne, car il signa peu après 9 semaines 1/2 (1985), film immortalisé par le strip-tease de Kim Basinger effectué sous les yeux ébahis d'un Mickey Rourke pas encore has been puis born again, et devant un frigo grand ouvert (et le réchauffement climatique, Kim ? Tu y as pensé ?).

En 1987, le réalisateur enchaîna sur un nouveau méga hit avec Liaison fatale, long métrage où Glenn Close fait sa vilaine et en fait voir de toutes les couleurs à Michael Douglas. Le film valut à Adrian Lyne une nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur.

L'échelle de Jacob (1990), sans doute le meilleur film du réalisateur Adrian Lyne

L'échelle de Jacob (1990), qui narre la difficile réinsertion d'un vétéran du Vietnam (Tim Robbins) assailli de visions cauchemardesques, reste toutefois, à ce jour, le meilleur long métrage du réalisateur et lui permit de remporter le Prix du public et le Prix de la critique au Festival d'Avoriaz. Depuis, il a signé des œuvres pas vraiment folichonnes comme Proposition indécente (1992), avec Robert Redford et Demi Moore, Lolita (1997) avec Jeremy Irons (inutile de signaler que le film n'arrive pas à la cheville de la version de Stanley Kubrick) et Infidèle (2001), un remake improbable avec Richard Gere de La femme infidèle (1968) de Claude Chabrol.

Ça plane les filles ! l'histoire : Ça plane, les filles ! raconte les heurs et malheurs de quatre jeunes demoiselles aux portes du monde adulte (Jodie Foster affichait dix-sept ans au compteur lorsqu'elle tourna ce film). Désœuvrées, elles découvrent le monde du sexe, de l'alcool et de la drogue. Nos quatre héroïnes estiment que l'école, ça craint, que leurs petits amis sont complètement immatures et que leurs parents viennent d'une autre planète... La plupart des ados d'aujourd'hui ne doivent guère penser différemment !

Jodie Foster (mais vous aviez déjà deviné...) (image : aufeminin.com)

Née en 1962, Jodie Foster, à l'affiche de Ça plane les filles !, devint une vedette de la pub dès l'âge de trois ans et fit sa première apparition sur grand écran à dix ans dans des films estampillés Disney comme Un petit Indien (McEveety, 1973). Martin Scorsese la repère alors et la fait jouer dans Alice n'est plus ici (1974) avant de lui confier, un an plus tard, le rôle de la jeune prostituée dans Taxi Driver (1975), un rôle qui la fait connaître dans le monde entier.

Jodie Foster en jeune prostituée dans Taxi Driver (Scorsese, 1975)

Parfaitement francophone (elle avoue connaître les paroles de la Marseillaise et ignorer celles de l'hymne américain), Jodie Foster a figuré aux génériques de plusieurs longs métrages hexagonaux. Citons notamment Moi, fleur bleue (Le Hung, 1977) (oui, je sais, c'est pas très connu, mais Jodie y pousse la chansonnette et "Je t'attends depuis la nuit des temps" figura même au hit-parade français). On la voit aussi dans Le sang des autres (Chabrol, 1984) et Un long dimanche de fiançailles (Jeunet, 2004).

Les accusés (Kaplan, 1988) valut un Oscar de la meilleure actrice à Jodie Foster

Détentrice de deux Oscar de meilleure actrice, l'un pour son rôle de jeune femme violée dans Les accusés (1988) de Jonathan Kaplan, l'autre pour son incarnation de l'agent du FBI Clarice Starling dans Le silence des agneaux (1990) de Jonathan Demme, Jodie Foster a réalisé elle-même trois films : Le petit homme en 1991, Week-end en famille en 1995 et Le complexe du castor en 2010. Dans ce dernier opus, elle retrouve... Mel Gibson, son ami et partenaire dans le western Maverick (Donner, 1994).

Entre-temps, on a revu Jodie Foster actrice aux côtés de Denzel Washington et Clive Owen dans l'excellent Inside Man - L'homme de l'intérieur (2005) de Spike Lee, en épouse vengeresse adepte de l'auto-défense dans A vif (Jordan, 2007), puis en écrivain agoraphobe dans L'île de Nim (Flackett & Levin, 2007).

A l'affiche de Carnage (2010), le film de Roman Polanski adapté de la pièce éponyme de Yasmina Reza, Jodie Foster a, depuis, joué une secrétaire de la Défense peau de vache dans le film de science-fiction Elysium (2012) de Neill Blomkamp.

Jodie Foster, adepte de l'auto-défense dans A vif (Jordan, 2007)

A son corps défendant, Jodie Foster a inspiré une immense passion à l'auteur de l'attentat manqué contre Ronald Reagan en 1981.

Mère de deux enfants, elle a publiquement parlé de son homosexualité en janvier 2013 lors de la cérémonie des Golden Globes où elle a reçu le Cecil B. DeMille Award pour l'ensemble de sa carrière.

Publié dans Titres débiles

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