Le Film du jour n°43 : Arrête de ramer, t'es sur le sable

Publié le par lefilmdujour

Titre original: Meatballs

Un film canadien de Ivan REITMAN (1979) avec Bill Murray, Harvey Atkin, Kate Lynch...

Arrête de ramer, t'es sur le sable n'est pas - et de loin - le long métrage le plus connu d'Ivan Reitman. Mais le Film du jour parie sa chemise que vous avez déjà entendu parler de ce réalisateur. C'est en effet lui qui a signé en 1984 SOS Fantômes, un film que pratiquement tout le monde a vu sur grand écran ou à la télévision !

SOS Fantômes (1984), sans nul doute, le film le plus connu d'Ivan Reitman

Né en 1946 en Tchécoslovaquie, Ivan Reitman émigre au Canada à l'âge de quatre ans en compagnie de ses parents (ben oui, il est pas venu tout seul...). A la fin des années 70, il est engagé à la télévision comme producteur et c'est là qu'il fait la connaissance de Dan Ackroyd (qui figurera plus tard au générique de SOS Fantômes) et qu'il lance la série satirique The National Lampoon Show avec Bill Murray et John Belushi (eux aussi futurs chasseurs de fantômes). C'est en 1971 qu'Ivan Reitman met en boîte son premier film pour le cinéma.

Après Arrête de ramer, t'es sur le sable, une comédie relativement anodine sortie en 1979, il signe Les Bleus (1981), une bidasserie (il n'y a pas que les Français qui savent faire ça...) avec un Bill Murray déjà à l'affiche de son opus précédent, puis SOS Fantômes donc, en 1984.

Par la suite, il fera endosser au musclé Schwarzy des rôles prétendument comiques, emplois qui, finalement, conviennent assez mal à notre ex-gouverneur californien adepte de la manière forte... Notre Musclor préféré est le roi de la grosse blagounette dans Jumeaux (1989) - avec Danny de Vito comme partenaire de rigolade -, Un flic à la maternelle (1991), puis Junior (1994) avec encore Danny de Vito. Ivan Reitman a également bouclé un SOS Fantômes 2 (1989), un assez correct Président d'un jour (1993) (où il est question d'un sosie qui remplace le président décédé) avec Kevin Kline et Sigourney Weaver (déjà dans SOS Fantômes elle aussi), et un remake sans intérêt des Compères de Francis Veber (Une paire de pères, 1997), où Robin Williams et Billy Crystal remplacent nos Gérard Depardieu et Pierre Richard à nous.

Schwarzy se veut comique dans Un flic à la maternelle (1991) de Ivan Reitman (image : www.fan-de-cinema.com)

Cinéaste somme toute prolifique, on doit aussi à Ivan Reitman le film d'aventures romantique Six jours, sept nuits (1998) avec Anne Heche et Harrison Ford, la bande SF "comique" Évolution (2000) avec David Duchovny et Julianne Moore, et la comédie Ma super ex (2005) avec Uma Thurman en super héroïne teigneuse. Plus récemment, le réalisateur s'est fendu avec Sex Friends (2010) d'une comédie "romantique" avec Natalie Portman et Ashton Kutcher.

Petite anecdote (vous en rêviez, la voilà !) : Ivan Reitman a épousé en 1976 l'actrice québécoise Geneviève Robert, une actrice qu'il a tirée des griffes du réalisateur espagnol Jesus Franco, décidément omniprésent dans ces colonnes (voir La fin des tortionnaires du camp d'amour n°2, Comment j'ai appris à aimer les femmes et Deux espionnes avec un petit slip à fleurs). Après un premier rôle pour le Canadien Gilles Carle (Red, 1969), Geneviève Robert avait en effet pointé, sous le nom de Geneviève Deloir, aux génériques de Dracula, prisonnier de Frankenstein (1972) et de Quartier de femmes (1974), deux perles du metteur en scène ibère. Depuis son mariage, la miss a comme de juste disparu des écrans... Pas fou, l'Ivan ! Précisons aussi que Jason Reitman, réalisateur de Thank You for Smoking (2005), Juno (2007) et In The Air (2009), est le fils de Geneviève Robert et d'Ivan Reitman.

Arrête de ramer, t'es sur le sable, l'histoire : Partir dans un camp de vacances en été est l'occasion pour un groupe de gamins de 6 à 14 ans de profiter de la vie au grand air, de se livrer à de multiples activités, de se défouler et de grandir un peu, loin des parents. L'encadrement adulte profite également des joies de l'été. Les amours de vacances, les jeux et les blagues permettent à chacun de dévoiler sa personnalité (on n'est pas chez Ingmar Bergman, mais presque !).

Bill Murray dans Les bleus (Reitman, 1981)

Arrête de ramer, t'es sur le sable est le premier film sur grand écran où est crédité Bill Murray, acteur né en 1950. Membre du "Saturday Night Live" dès 1977, ses apparitions cinématographiques sont d'abord à classer au rayon de la comédie pure : meilleur ami de Dustin Hoffman dans Tootsie (Pollack, 1982), chasseur de fantômes flegmatique dans SOS Fantômes (Reitman, 1984) et SOS Fantômes II (Reitman, 1989), journaliste blasé et désagréable, condamné à revivre indéfiniment les mêmes 24 heures dans l'excellent Un jour sans fin (Ramis, 1992).

Avec ce rôle, Bill Murray gagna un Golden Globe de meilleur acteur

Imperceptiblement, ses rôles s'imprègnent toutefois de mélancolie et de tragédie sous-jacentes (le producteur efféminé dans Ed Wood (1994) de Tim Burton), tendance qui culmine dans deux films des années 2000 où son visage de Droopy fait merveille : Lost in Translation (S. Coppola, 2003) et, surtout, Broken Flowers (Jarmusch, 2005). Depuis, on a notamment revu l'acteur dans de petits rôles dans A bord du Darjeeling Limited (W. Anderson, 2007), Max la menace (Segal, 2007), The Limits of Control (Jarmush, 2008) ou Bienvenue à Zombieland (Ruben Fleischer, 2008) où il joue son propre rôle... en zombie !

Bill Murray a également joué le président américain Franklin D. Roosevelt dans Week-end royal (Mitchell, 2011) et participé aux derniers films en date de Wes Anderson (Moonrise Kingdom, 2011 ; The Grand Budapest Hotel, 2013).

Un Ghostbusters III est annoncé pour bientôt ; bien évidemment, Bill Murray devrait en être !

Bill Murray

A signaler que le titre Arrête de ramer, t'es sur le sable fut littéralement pompé en 1979 par les producteurs d'une comédie franchouillarde signée Michel Caputo et intitulée Arrête de ramer, t'attaques la falaise ! (trop drôle...). Baptisé initialement Qu'il est joli garçon, l'assassin de papa et se présentant comme une resucée du Cid de Corneille (Pierre Corneille est même cité au générique comme codialoguiste, y en a qui se refusent rien), ce film réunit Michel Galabru, Daniel Gélin et Bernadette Lafont, tous trois laissés en roue libre... Un désastre !

Publié dans Titres rigolos

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