Le Film du jour n°230 : Régal d'asticots

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°230 : Régal d'asticots
Titre original : The Worm Eaters
Un film américain de Herb ROBINS (1977) avec Herb Robins, Lindsay Armstrong Black, Barry Hostetler, Rob Garrison.
Sorti il y a quelques années en France chez Bach Films dans la collection DVD Les inédits du mauvais goût (à prendre dans les deux sens du terme), Régal d’asticots a l’insigne avantage, avec son titre, de ne pas tromper le spectateur en quête d’émotions fortes. Certes, on n’y savoure pas d’asticots à proprement parler, mais on y déguste quand même (apparemment sans trucages) des vers de terre ! The Worm Eaters (en v.o.) n’entre pas toutefois dans la catégorie des films d’horreur (sauf pour les lombrics qui hurleront d’effroi à la vue de leurs congénères gobés tout crus…). Car - eh oui mesdames - c’est un film comique… Tout du moins pour les plus dépravés d’entre nous qui apprécient l’humour américain bien lourdingue, tendance cracra.
Film ultra-Z (le Film du jour ne va pas vous mentir…), Régal d’asticots est produit par l’un des papes du cinéma indépendant américain des années 70, un certain Ted V. Mikels, né en 1929. Ventriloque, joueur d’accordéon, magicien, bodybuildeur (à plus de 80 ans !) et polygame (avec, quelle santé, jusqu’à sept femmes simultanément…), cet anticonformiste a signé ou produit une vingtaine de films à petit budget entre 1963 et 2009. Ses thèmes de prédilection : la sorcellerie, la polygamie (évidemment…), les greffes de cerveau, les femmes lourdement armées (au sens propre comme au sens figuré…), la SF pourrie…
Le Film du jour n°230 : Régal d'asticots

The Astro-Zombies (1968), un must de la filmographie de Ted V.Mikels

L’un des titres de gloire de Ted V. Mikels est un petit film de science-fiction réalisé en 1968 et intitulé The Astro-Zombies. Au cœur de cette aberration se cache un docteur fou, créateur d’un zombie serial killer que la CIA et la mafia cherchent à capturer ! Au générique se côtoient John Carradine, transfuge des westerns de John Ford (et, accessoirement, papa de David), et la célébrissime Tura Satana, élevée au firmament de la mamelle cinématographique par Russ Meyer quelques années plus tôt dans Faster, Pussy Cat, Kill, Kill ! (1965) (voir aussi Combien de fois faut-il faire l'amour pour être un couple normal ?). Les amateurs de rock français auront immédiatement noté que The Astro-Zombies est aussi le nom d’un fameux groupe de psychobilly dijonnais ! Rien d’étonnant à cela puisque ce genre de musique fait souvent référence aux films d’horreur et au cinéma d’exploitation.
Le Film du jour n°230 : Régal d'asticots

L’agent secret catégorie gros bonnet (Tura Satana), le docteur fou (John Carradine), le zombie (au maquillage particulièrement réussi) et l’assistant du docteur (au traditionnel regard torve) dans The Astro-Zombies

Régal d’asticots, l’histoire : Herman Umgar (joué par le réalisateur Herb Robins lui-même) est un personnage excentrique qui possède un don unique envié de tous : il peut communiquer mentalement avec les vers de terre qu’il élève avec amour. Lorsque la mairie décide de l’expulser pour céder ses terres à un promoteur immobilier, Herman choisit une méthode peu conventionnelle pour se défendre. Notre homme s’est en effet aperçu que l’ingestion de vers de terre par des humains transformait ces derniers en créatures mutantes, mi-homme, mi-lombric. Miammiam… Les méchants vont donc en bouffer du vermisseau, et pas du moindre.
Le Film du jour n°230 : Régal d'asticots

Régal d’asticots ou le festival du bon goût… Y a bon ! (image : www.devildead.com)

Dans Régal d’asticots, il est à noter que les trucages sont dignes de La guerre des étoiles et d’Alien ! Visez-moi ce mutant mi-homme mi-lombric à la recherche d’une femelle pour se reproduire. Plus sexy, tu meurs !
Le Film du jour n°230 : Régal d'asticots

Les mutants dans Régal d’asticots ? De vraies larves ! (image: www.devildead.com)

Dans la filmographie de Ted V. Mikels, on retiendra par ailleurs The Black Klansman (1966), film qui met en scène un Afro-Américain s’infiltrant au sein du Ku Klux Klan pour venger la mort de sa fille. Un sujet révolutionnaire pour l’époque ! Le réalisateur, qui a quand même suscité une soirée hommage à la Cinémathèque française en 2006, a également signé un film d’horreur pas à piquer des vers (justement…). The Corpse Grinders (1972) conte l’histoire d’une usine de nourriture pour chats qui, en rupture de stocks de viande à matous, utilise de la chair humaine pour confectionner de la pâtée pour nos amis à quatre pattes… qui se transforment aussi sec en monstres assoiffés de sang !

The Corpse Grinders (1972) ou quand les femmes servent de chair à pâtée… pour chats !

Toujours très en verve dans les années 70, Ted V. Mikels n’hésita pas à sacrifier à la mode des jeunes femmes espionnes à tout faire, tendance « Drôles de dames », avec Superflics en jupons (1972). Dans ce film où les dames n’ont froid ni aux yeux ni aux nibards et dézinguent du mec à tout-va sans sourciller, on retrouve une fois encore Tura Satana, toujours au top côté gros bonnets.
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L’affiche américaine de Superflics en jupons (1972). Tout l’enjeu du film pour ces dames est dans le titre : séduire et détruire!

Pour le plus grand plaisir de ses admirateurs, Ted V. Mikels livra aussi Blood Orgy of the She-Devils (1973), avec des sorcières californiennes se livrant à de monstrueux ébats en plein sabbat, ainsi que Ten Violent Women (1982), un film de prisons de femmes, genre dont le Film du jour vous a déjà amplement parlé, vu qu’à la rédaction, nous sommes fans (voir La vie sexuelle dans une prison de femmes).
Précisons qu’en 1998 dans Dimensions of Fear, Ted V. Mikels n’hésita pas, pour compléter son casting, à faire appel à une dénommée Dolores Fuller, « jeune » actrice de 75 ans qui fut la petite amie d’Ed Wood, le réalisateur calamiteux des années 50 auquel Johnny Depp prête ses traits dans Ed Wood (1994) de Tim Burton (c’est Sarah Jessica Parker qui interprète Dolores Fuller dans le chef-d’œuvre de Tim Burton). Un hommage ultime au pape du Z par l’un de ses plus fidèles disciples, en quelque sorte ! Ted V. Mikels, toujours de ce monde à plus de 85 ans, vient encore de boucler les volets 3 et 4 de The Astro-Zombies. Infatigable !
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Le réalisateur et producteur Ted V. Mikels, alors âgé de 80 ans et toujours pratiquant de bodybuilding !

Sachez enfin que, si vous voulez en savoir plus sur Ted V. Mikels, l’homme dispose de son propre site Web : www.tedvmikels.com.

Publié dans Titres étranges

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