Le Film du jour n°219 : C'est la queue du chat qui m'électrise !

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°219 : C'est la queue du chat qui m'électrise !
Titre original : Hausfrauenreport International
Un film allemand d'Ernst HOFBAUER (1972) avec Gernot Möhner, Horst Keitel, Elisabeth Volkmann, Ingrid Steeger, Anne Libert...
Avec un titre qui n'est pas sans évoquer une célèbre chanson des Frères Jacques, C'est la queue du chat qui m'électrise ! (le chat a bon dos... je vous passe les détails... tout est sur l'affiche...) appartient à un genre particulièrement florissant au sein de la production germanique du début des années 70 : les films polissons à vocation "sociologique".
Dans les titres originaux de ces longs métrages aujourd'hui oubliés, on retrouve d'ailleurs souvent le mot "Report", censé rassurer le spectateur sur le sérieux dont ont fait preuve les producteurs et les réalisateurs dans leurs "enquêtes" approfondies sur la vie sexuelle des étudiantes (la série des Schulmädchenreport, treize films entre 1970 et 1980 !), le comportement érotique de la ménagère de moins de 50 ans (la série des Hausfrauenreport, six longs métrages entre 1971 et 1977), ou les rapports intimes noués pendant les vacances à l'époque de ce bon Willy Brandt (la série des Urlaubsreport).
Le Film du jour n°219 : C'est la queue du chat qui m'électrise !

Un fleuron de la série des Hausfrauen Report, où Madame a juste la place de se glisser entre la planche à repasser et le voisin du 6e...

Né en 1925 à Vienne en Autriche et décédé en 1984, Ernst Hofbauer, le réalisateur de C'est la queue du chat qui m'électrise ! a d'abord signé quelques films typiques de la production allemande courante des années 60, avant de se frotter aux enquêtes sociologiques polissonnes dont il devint un spécialiste. On lui doit ainsi Tim Frazer à la poursuite du mystérieux Monsieur X (1964), un petit polar du genre "krimis", Les aigles noirs de Santa Fe (1965), un western "choucroute" cosigné avec Alberto Cardone et interprété par Brad Harris et Tony Kendall, le célèbre duo de la série des Commissaire X (voir Le retour du gladiateur le plus fort du monde), ainsi que le film d'espionnage Mission à Hongkong (1965), avec un Stewart Granger ici quelque peu au bout du rouleau et la délicieuse Rosanna Schiaffino (le seul intérêt du film... selon les spécialistes des pépées du cinéma bis).
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Ernst Hofbauer est aux manettes de ce film de la veine "euro-spy" des années 1960

A partir de 1970, Ernst Hofbauer va enquiller comme un métronome pas moins d'une vingtaine de films-enquêtes au contenu grivois, à conseiller à celles et ceux qui veulent tout connaître de la vie quotidienne de Herr et Frau Kohl (sans oublier leur fille Traudel) dans l'Allemagne profonde du début des années 70... Les titres parlent d'eux-mêmes : Jeunes filles chez le gynécologue (1970), Rapports intimes au collège de jeunes filles (1970), L'amour en vacances (1971), Que font ces dames quand leurs maris bossent ? (1971) (franchement, je vois pas...), Ce que les étudiantes ne racontent pas (1973), etc.
Fatigué par ce travail de forçat, Ernst Hofbauer changera son fusil d'épaule au milieu des années 70 pour aller tourner, sous le pseudonyme de Herb Al Bauer, quelques vagues films d'action germano-turcs avec le dénommé Cüneyt Arkin, un acteur plus connu (?) sous le nom de George Arkin et déjà évoqué ici pour avoir décliné la série des "Trois Supermen" à la sauce ottomane (voir Trois fantastiques Supermen). L'un de ces films est parvenu jusqu'aux frontières françaises : il s'agit de Karamurat le vengeur (1977), "habile mélange de kung-fu, de comédie et d'Ali Baba et les quarante voleurs" (dixit l'une des rares personnes encore vivantes à avoir supporté jusqu'au bout la vision du film...). Au vu de l'affiche, on a du mal à y croire...
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Un film de kung-fu (?) turc signé Herb Al Bauer, alias Ernst Hofbauer

C'est la queue du chat qui m'électrise ! l'histoire : Ménagères de tous les pays, unissez-vous ! Avec C'est la queue du chat qui m'électrise, la série des Hausfrauenreport s'internationalise (comme le titre original l'indique, les germanophones qui nous lisent l'ont déjà compris). A l'aube des années 70, ces dames, qui croulent sous les tâches ménagères, souffrent d'un déficit érotique chronique, leur mari les laissant végéter comme deux ronds de flan, sexuellement parlant. Mais heureusement, il y a toujours un voisin (voire une voisine...), un plombier, un psychiatre, un chauffeur de taxi compatissants qui traînent dans les parages et qui n'hésitent pas à prêter main forte (et pas que la main d'ailleurs) à cette gent féminine en détresse... Caméra sous le bras, le réalisateur mène son enquête dans tous les pays du monde (en fait, sur deux ou trois plateaux miteux d'un studio paumé dans la banlieue munichoise...).
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Deux photogrammes (ci-dessus et ci-dessous) de C'est la queue du chat m'électrise, photogrammes que le Film du jour s'est procuré sous le manteau - et à prix d'or - entre deux lampées d'un breuvage tiédasse pendant la dernière Fête de la bière dans la capitale bavaroise...

Le Film du jour n°219 : C'est la queue du chat qui m'électrise !
Comme pépée, le Film du jour vous a déniché l'inoubliable Ingrid Steeger, l'une des héroïnes de C'est la queue du chat qui m'électrise ! Née en 1947 sous le doux nom d'Andrea Stengert, la belle fut d'abord une pin-up photographiée sous toutes les coutures avant de percer sur le grand écran, d'abord dans de petits rôles - souvent non crédités aux génériques - à l'instar de sa prestation dans A belles dents (Gaspard-Huit, 1966), un film avec Mireille Darc, Jacques Charrier et Daniel Gélin en têtes d'affiche.
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Ingrid Steeger

Ingrid Steeger trouva néanmoins rapidement son créneau en imposant sa plastique irréprochable dans Je suis une groupie (1970) et Les exploits amoureux des trois mousquetaires, deux films de Edwin-C. Dietrich, puis dans Les amours clandestines d'une aristochatte (Billian, 1971) aux côtés, dans cette dernière œuvrette, de la toute aussi magnifique Sybil Danning (voir aussi Les 69 Dalmatiennes).
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On retrouvera ensuite l'actrice dans des bandes aux titres de plus en plus racoleurs, souvent coincée entre un moustachu légèrement adipeux et un monsieur aux rouflaquettes géantes un tantinet grassouillet : Kamasutra d'aujourd'hui (von Anutroff, 1971), Les stewardesses (Edwin-C. Dietrich, 1971), Salons de massage (Schröder, 1972), Les indécentes (Boos, 1972), Les savoureuses (Boos, 1972), Les hôtesses du lit (Edwin-C. Dietrich, 1972) ou... Suce pas ton pouce (Schröder, 1973). Bref, vous avez compris le topo, je n'insiste pas...
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Toutefois, Ingrid Steeger ne prendra pas le virage du X, se limitant au grivois et au polisson de bon aloi. Dès 1974, elle se reconvertit en effet à la télévision allemande où, apparemment, elle acquit une grande célébrité, en jouant notamment dans la série comique Klimbim, très réputée outre-Rhin, et de nombreuses comédies. Mais difficile de faire disparaître dans les oubliettes de l'histoire du cinéma un passé plutôt olé-olé. Un coffret DVD rassemblant les meilleures "prestations" qu'Ingrid Steeger livra au début des années 70 est récemment paru. Si ça, c'est pas du bonheur...

Publié dans Titres étranges

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