Le Film du jour n°216 : L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°216 : L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise
Un film français de Nina COMPANEEZ (1973) avec Brigitte Bardot, Francis Huster, Ottavia Piccolo, Nathalie Delon, Bernadette Lafont, Muriel Catala, Alice Sapritch...
L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, disons-le d'emblée, n'est pas un bon film. Mais l’œuvre a vocation à rester inscrite dans les dictionnaires de cinéma, car c'est le dernier long métrage tourné par Brigitte Bardot. C'est sur les plateaux du film de Nina Companeez que BB prit la décision définitive (et sur laquelle elle n'est toujours pas revenue) de mettre un point final à sa carrière cinématographique. Une décision qui plongea dans le désarroi le plus total les fans énamourés des formes généreuses que la star se plaisait à dévoiler. Car, à 39 ans, l'héroïne de Et Dieu... créa la femme exhibait toujours un corps divin. Et, ce qui ne gâchait rien, bien au contraire, son jeu n'en finissait pas de s'améliorer, n'en déplaise aux mauvaises langues et aux jalouses (allez vous cacher, vilaines !).
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Brigitte Bardot dans son dernier film au cinéma

Il faut dire que les trois ou quatre films que Brigitte Bardot avaient tournés avant Colinot Trousse-Chemise n'avaient guère enthousiasmé l'actrice. Et, en plus, ils s'étaient tous vautrés au box-office ! Critiques et public n'avaient été séduits ni par Les novices (Casaril, 1970), avec BB dans le rôle d'une nonne sexy en rupture de couvent et recueillie par une prostituée au grand cœur (Annie Girardot), ni par Les pétroleuses (Christian-Jaque, 1971), western de pacotille où BB fait équipe avec CC (Claudia Cardinale), ni par Don Juan 73 (Vadim, 1973), où BB joue pour son ex-mari un Don Juan femelle séduisant ces dames et ces messieurs.
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BB devient Don Juan dans ce film de 1973 signé par Roger Vadim

En fait, c'est uniquement par amitié pour la réalisatrice Nina Companeez que Brigitte Bardot s'engagea sur Colinot Trousse-Chemise, où son personnage n'est pas central. C'est le tout jeune Francis Huster, âgé seulement de 25 ans, qui interprète en effet le rôle-titre, déjà auréolé d'une gloire naissante suite à sa prestation au cinéma dans Faustine et le bel été (1971) de la même Nina Companeez.
Fille du célèbre scénariste Jacques Companeez, cette dernière était, à cette époque, surtout connue pour sa collaboration d'une dizaine d'années avec le réalisateur Michel Deville. Elle participa aux scénarios ou aux dialogues de films comme Adorable menteuse (1962), Benjamin ou les mémoires d'un puceau (1968), Raphaël ou le débauché (1971) ou L'ours et la poupée (1969, avec... Brigitte Bardot justement).
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L'un des films préférés de Brigitte Bardot

L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, l'histoire : Nous sommes en plein Moyen Age. Pas très fute-fute ni très costaud, le dénommé Colinot a pour lui sa jeunesse et son joli minois. Deux atouts de choc qui lui ont permis de coucher de nombreuses donzelles dans le foin... D'où son mignon surnom de Trousse-Chemise. Un beau jour, notre ami rencontre Bergamotte (Ottavia Piccolo). L'affaire est rapidement dans le sac et même le mariage est envisagé. Mais la belle est enlevée par des malandrins.
Colinot, n'écoutant que son courage, se lance à leur poursuite. Chemin faisant, il va rencontrer toute une galerie de personnages hauts en couleur : un voleur, Gagnepain (Rufus), une fausse fofolle, Rosemonde (Bernadette Lafont), qui le déguise en fille pour qu'il échappe à la jalousie de son époux, Bertrade (Nathalie Delon), une "guerrière" du sexe, Dame Blanche (Alice Sapritch), un femme de tête hommasse qui poursuit de ses assiduités le pauvre Colinot qui lui préfère (on le comprend...) sa jolie nièce (Muriel Catala). Le jeune homme rencontre aussi la belle Arabelle (Brigitte Bardot), qui voyage entourée d'une cour de poètes et de trouvères et qui saura initier Colinot à l'amour "courtois".
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Celle qu'on ne présente plus

Née le 28 septembre 1934, Brigitte Bardot, qui, en son temps, était aussi célèbre que le Général de Gaulle à l'échelle internationale, fait pratiquement partie de l'histoire de France. Et le Film du jour serait bien en peine de vous apprendre, sur la belle, des choses que vous ignoreriez encore.
Rappelons seulement que celle qui allait devenir BB mit pour la première fois les pieds sur un plateau de cinéma en mai 1952, et ce pour Le trou normand (Jean Boyer), une comédie paysanne avec Bourvil en vedette. Cette même année 1952, elle joue aussi (et déjà !) un rôle sensuel dans Manina, la fille sans voiles (Willy Rozier, 1952) et en décembre, elle épouse son premier mari, le réalisateur Roger Vadim, alors journaliste ! Pas mal pour une jeune fille pas encore majeure (à l'époque)...
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Roger Vadim et Brigitte Bardot

Brigitte Bardot enchaînera quand même une douzaine de films, dont plusieurs en Italie, avant de tourner sous la direction de son époux dans le fameux Et Dieu... créa la femme (1956) qui fait scandale et qui la révèle au monde entier. Parmi les plus connus (et les plus réussis) de cette période, on citera Cette sacrée gamine (1955) de Michel Boisrond, En effeuillant la marguerite (1956) de Marc Allégret et Les grandes manœuvres (1955) de René Clair. Si Et Dieu... créa la femme est un beau succès, le tournage du film marque néanmoins la fin de l'histoire d'amour entre Bardot et Vadim (qui divorceront en 1957) et le début de la liaison entre l'actrice et Jean-Louis Trintignant (ce dernier étant alors marié à Stéphane Audran).
Le Film du jour n°216 : L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise

BB et Jean-Louis Trintignant dans Et Dieu... créa la femme (Vadim, 1956) (image : www.allocine.fr © Cocinor)

Tout ça n'empêche pas Roger Vadim et Brigitte Bardot de tourner quatre autres films ensemble : Les bijoutiers du clair de lune (1958), La bride sur le cou (1961), Le repos du guerrier (1962) et Don Juan 1973. Parallèlement, l'actrice est filmée par les caméras de vieux routiers du cinéma français comme Claude Autant-Lara (En cas de malheur, 1958, avec Jean Gabin), Julien Duvivier (La femme et le pantin, 1959), Christian-Jaque (Babette s'en va-t-en guerre, 1959, avec Francis Blanche en immortel Papa Schulz) ou Henri-Georges Clouzot (La vérité, 1960, avec Sami Frey, une autre conquête de BB). Mais les réalisateurs de la Nouvelle vague (et apparentés) ne l'oublient pas et elle joue aussi sous les directions de Louis Malle (Vie privée, 1962, avec Marcello Mastroianni ; Viva Maria, 1965, avec Jeanne Moreau ; le sketch William Wilson des Histoires extraordinaires, 1968), Jean-Luc Godard (Le mépris, 1963, avec Michel Piccoli ; une apparition dans Masculin-Féminin, 1966) ou Jean Aurel (Les femmes, 1969).
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BB dans Les femmes (Aurel, 1969) (image : © Nana Production / Sipa)

Les films préférés de Brigitte Bardot restent toutefois Et Dieu... créa la femme, En cas de malheur, La lumière d'en face (Georges Lacombe, 1955), Une Parisienne (Michel Boisrond, 1957), Vie privée, La vérité, L'ours et la poupée, Viva Maria et Boulevard du rhum (Robert Enrico, 1970). Le Film du jour ajoutera à cette liste Le mépris de Godard, où BB est quand même au sommet, notamment dans la première scène du film où elle est au lit avec Piccoli ("Et mes fesses, elles sont belles, mes fesses ?", un grand moment...), une scène rajoutée au dernier moment par Godard sur l'insistance du producteur qui voulait voir Bardot nue à l'écran...
Sachez encore que notre BB nationale a été mariée quatre fois. Son second mari fut l'acteur Jacques Charrier, rencontré en 1959 sur le tournage de Babette s'en-va-t-en guerre. Ils divorcèrent en 1963, non sans avoir donné naissance à un fils, Nicolas, né en 1960. Brigitte Bardot entretint également des relations passionnées avec Jean-Louis Trintignant, Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Sami Frey et Serge Gainsbourg. Elle fut par ailleurs l'épouse du milliardaire allemand Gunther Sachs (de 1966 à 1969) et est mariée depuis 1992 à Bernard d'Ormale. Signalons encore que la sœur de Brigitte Bardot, Mijanou Bardot, née en 1939, mena aussi une petite carrière au cinéma (Une balle dans le canon, M. Deville & C. Gérard, 1958 ; Ramuntcho, Schoendoerffer, 1959 ; La collectionneuse, Rohmer, 1966).

Publié dans Titres étranges

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