Le Film du jour n°189 : Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°189 : Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud
Titre anglais : The Angry Guest
Un film hongkongais de CHANG CHEH (1972) avec David Chiang, Ti Lung, Ching Li, Kurata Yasuaki...
Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud est la suite d'un long métrage de Hong-Kong signé par le même réalisateur et intitulé, dans un style tout aussi imagé, Au karaté, t'as qu'à réattaquer ! (1971). On y retrouve David Chiang et Ti Lung, les deux acteurs principaux.
Le Film du jour n°189 : Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud

Ti Lung et David Chiang dans Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud

On rappellera qu'au début des années 70, les écrans populaires virent déferler les productions chinoises, coréennes, japonaises, philippines ou thaïes, toutes spécialisées dans la mise en scène d'arts martiaux divers et variés. Les distributeurs français se faisaient alors une joie de trouver des titres supposés rigolos (et un peu racistes sur les bords) pour attirer le chaland.
C'est à cette époque (bénie, elle aussi) qu'on vit débarquer Miss Judoka règle ses comptes au karaté, Karaté à mort pour une poignée de soja, Wang Yu n'a pas de pitié pour les canards boiteux, Le bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante, Wang Yu fait rougir le Fleuve Jaune, Les doigts d'acier qui tuent, J'irai verser du nuoc-mâm sur tes tripes, Lune de miel au karaté et autres Tchin... toc karaté et Nous, y'en a riz le bol ! On croit rêver...
Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud, l'histoire : David Chiang et Ti Lung sont de retour après avoir latté tout ce qui bougeait dans Au karaté, t'as qu'à réattaquer ! Cette fois-ci, ils doivent se coltiner à un puissant syndicat du crime japonais (dont le boss est joué par le réalisateur lui-même, Chang Cheh). Qui plus est, le méchant du film précédent, qui avait fini en prison, s'est échappé et il est bien décidé à se venger proprement des deux héros... D'ailleurs, il kidnappe la petite amie de Ti Lung et se dit prêt à lui faire subir les derniers outrages, le fumier ! Tout se résoudra sur le territoire nippon, allez savoir pourquoi !
Comme le Film du jour vous a déjà causé de Chang Cheh (voir Au karaté, t'as qu'à réattaquer !) et que le Film du jour n'aime pas se répéter, le Film du jour va vous parler aujourd'hui de l'acteur David Chiang. Vous vous en fichez comme de votre premier nunchaku ? Tant pis !
Le Film du jour n°189 : Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud

David Chiang

Né en 1947 de l'union de deux acteurs célébrissimes en Chine, David Chiang, tout comme Ti Lung, est utilisé de manière récurrente par le réalisateur Chang Cheh. Mais, alors que ses acolytes sont souvent dotés d'un physique impressionnant, David Chiang se caractérise surtout par son agilité et sa rapidité. Et, si certains décideurs du grand studio Shaw Brothers (voir Karaté à mort pour une poignée de soja) doutèrent de ses capacités, Chang Cheh fit confiance à son poulain et n'hésita pas à lui confier dès la fin des années 60 des premiers rôles dans des films importants comme La rage du tigre (1971).
Le Film du jour n°189 : Il faut battre le Chinois pendant qu'il est chaud

David Chiang et Ti Lung dans l'un des tout premiers films qu'ils tournèrent ensemble pour Chang Cheh

David Chiang est alors souvent associé à Ti Lung, le premier jouant sur un côté rebelle et impulsif, le second incarnant plutôt les personnages sages et respectueux des règles. On retrouve ainsi les deux acteurs côte à côte dans plusieurs films de Chang Cheh comme Vengeance ! (1970), Les treize fils du dragon d'or (1970), Duo mortel (1971), Duel sauvage (1971), La légende du lac (1972), Frères de sang (1973), Le pirate (1973) ou Les cinq maîtres de Shaolin (1974), des films que l'on trouve sans problème en DVD aujourd'hui.
David Chiang se distingue également dans des petits bijoux comme Le justicier de Shanghai (Chang Cheh, 1972) ou La mante religieuse (Liu Chia-Liang, 1978), dont le titre provient d'un mouvement imitant la position de la bébête, mouvement inventé par notre héros pour subjuguer et réduire en miettes ses adversaires.
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David Chiang dans La mante religieuse (1978). Oui, je sais, moi aussi, ça m'a fait peur, la première fois que j'ai vu cette figure...

Bref, David Chiang resta employé par la Shaw Brothers durant toutes les années 70 et figura même au générique des Sept vampires d'or (R.W. Baker, 1974), une improbable coproduction issue d'un contrat signé entre le studio hongkongais et les studios britanniques Hammer, spécialistes de l'épouvante dans les années 50 et 60 et en pleine déconfiture dans les années 70. Au générique des Sept vampires d'or, on retrouve d'ailleurs aussi Peter Cushing, l'interprète récurrent du professeur Frankenstein et du personnage de Van Helsing, l'ennemi juré du comte Dracula, dans de nombreux longs métrages de la Hammer (La revanche de Frankenstein, Le cauchemar de Dracula, Les maîtresses de Dracula, L'empreinte de Frankenstein, etc.).
Dans les années 80, David Chiang tourna dans différentes séries TV célébrissimes à Hong-Kong et réalisa lui-même quelques films, tout en apparaissant régulièrement dans des films d'arts martiaux consacrés au fameux temple de Shaolin (Le temple de Shaolin, Le crochet mortel de Shaolin, Lutte féroce à Shaolin, Le combat mortel de Shaolin, Shaolin contre Ninja, etc.). Depuis le début des années 90, David Chiang est installé avec sa famille à Vancouver (Canada), ce qui ne l'empêche pas de jouer de temps au temps au cinéma. On l'a ainsi vu dans le deuxième volet d'Il était une fois en Chine (La secte du Lotus Blanc, Tsui Hark, 1992), ainsi que dans le premier volet de l'excellent polar de Johnny To, Election (2005), qui traite de façon absolument prenante des luttes de pouvoir à la tête d'une triade chinoise.
David Chiang est marié depuis 1974 à l'actrice Maggie Lee Lam Lam, rencontrée sur les plateaux de la Shaw Brothers.

Publié dans Titres débiles

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