Le Film du jour n°163 : Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ?

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°163 : Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ?
Titre original : Che c'entriamo noi con la rivoluzione ?
Un film italien de Sergio CORBUCCI (1972) avec Vittorio Gassman, Paolo Villagio, Riccardo Garrone, Eduardo Farajo...
Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? est emblématique d'un sous-genre au sein du western-spaghetti et, plus généralement, du western italien : le western "zapata". Entre, d'un côté, les tribulations mortifères des hiératiques Ringo, Django, Sartana et autres "hommes sans nom", et, de l'autre, les pantalonnades de Bud Spencer et Terence Hill, le western zapata s'est frayé un chemin en plantant l'action au beau milieu des diverses révolutions mexicaines. Les réalisateurs en profitaient alors pour exprimer, plus ou moins ouvertement, leur sensibilité politique en évoquant la prise de conscience des classes exploitées.
Le Film du jour n°163 : Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ?

Le film emblématique du western "zapata"

Parmi les westerns zapata les plus connus et les plus réputés, on citera El Chuncho (Damiani, 1966) avec Gian-Maria Volonte, Lou Castel et Klaus Kinski, Le dernier face-à-face (Sollima, 1967) avec Gian-Maria Volonte, Tomas Milian et William Berger, et Saludos Hombre (Sollima, 1968) avec Tomas Milian. Le réalisateur italien Sergio Corbucci, lui, signera un triptyque zapatesque : Le mercenaire (1968), également connu sous le titre Un tueur professionnel, avec Franco Nero, Tony Musante et Jack Palance, Companeros (1970), parfois intitulé Les compagnons de la gloire, avec Franco Nero, Tomas Milian et Fernando Rey, et donc ce picaresque Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? Le grand Sergio Leone lui-même apportera sa contribution au genre avec le fameux Il était une fois la Révolution (1971), chronique d'une amitié entre un terroriste irlandais (James Coburn) et un paysan mexicain (Rod Steiger).
Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? l'histoire : En 1919, un piètre comédien (Vittorio Gassman) et un prêtre, tous deux italiens, se retrouvent pris dans le tourbillon de la révolution mexicaine.
Le Film du jour n°163 : Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ?

Vittorio Gassman dans Mais qu'est-ce que je viens foutre dans cette révolution ? (image : www.ivid.it)

Le réalisateur Sergio Corbucci (1927-1990) est considéré comme l'une des trois figures historiques du western-spaghetti, aux côtés de Sergio Leone et de Sergio Sollima. Le cinéaste réalisa un des films-cultes du genre avec Django (1966), film crépusculaire démarrant, de façon inoubliable, sur un homme crasseux (Franco Nero) pataugeant dans la boue et tirant derrière lui un cercueil... Le ton du film était donné dès les premières images. Une copie de Django est conservée au MOMA de New York, c'est tout dire !
Le Film du jour n°163 : Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ?

Klaus Kinski et Jean-Louis Trintignant dans Le grand silence de Sergio Corbucci (image : www.toutlecine.com)

Dans le même genre, on doit aussi à Sergio Corbucci Le grand silence (1968), film très noir qui oppose dans des paysages enneigés le Mal, incarné par un Klaus Kinski halluciné, et le Bien, interprété par un Jean-Louis Trintignant muet.
Parmi les autres westerns-spaghettis tournés par le réalisateur italien, citons Ringo au pistolet d'or (1966) et Navajo Joe (1966), avec l'acteur américain Burt Reynolds (voir A Las Vegas, on l'appelle Banco) en Indien pur souche, Le spécialiste (1969) - avec un Johnny Hallyday fier comme un pou sur son cheval.
Au début des années 70, Sergio Corbucci s'orienta vers le western comique avec une réussite (Mais qu'est-ce que je viens faire au milieu de cette révolution ?) et un échec (Le blanc, le jaune et le noir, 1975, avec Tomas Milian jouant un... samouraï perdu au fin fond du Far West). Pour compléter le tableau, il ne lui restait plus qu'à faire tourner... Bud Spencer et Terence Hill, ce qui fut fait avec Pair et impair (1978), Un drôle de flic (1980) (avec Terence Hill uniquement) et Salut l'ami, adieu le trésor (1981).
Le Film du jour n°163 : Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ?

Gordon Scott et Steve Reeves dans Romulus et Remus de Sergio Corbucci (image : www.cinema.de)

Avant de se lancer dans le western, Sergio Corbucci s'était d'abord distingué dans le film chantant (pour un public purement transalpin...), le mélodrame (La fille de Palerme, 1953, avec LA Pampanini - il faudra que je vous parle de cette dame un de ces jours -), la comédie à l'italienne avec le célèbre Toto, et le péplum (genre cinématographique où hommes et femmes portent jupettes et où les premiers sont dotés d'une plus grosse poitrine que les secondes...). C'est ainsi à Sergio Corbucci qu'on doit Romulus et Remus (1961) avec, dans les rôles-titres, les cadors du bodybuilding Steve Reeves et Gordon Scott. Côté péplums, notre homme signa aussi Maciste contre le fantôme (1961) avec Gordon Scott, et Le fils de Spartacus (1962) avec, pour changer, Steve Reeves. Homme à tout faire, Sergio Corbucci œuvra aussi dans le policier, le film de mafia et la comédie contestataire. Bref, une histoire du cinéma italien des années 50, 60 et 70 à lui tout seul !
Attention, il ne faut pas confondre Sergio Corbucci avec son frère, Bruno Corbucci qui, lui, est plutôt spécialisé dans le nanar et le film à forte connotation débile (Deux corniauds dans la brousse, Les rangers défient les karatékas, Flics en jean, Messaline, impératrice et p..., j'en passe et des meilleurs). Mais ceci est une autre histoire.
Référence : "L'âge d'or du cinéma de genre italien", hors-série de la collection Thématiques de Mad Movies.

Publié dans Titres étranges

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Tietie007 29/09/2015 16:59

J'aime bien Corbucci, notamment le dernier face à face.