Le Film du jour n°155 : On est toujours trop bon avec les femmes

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°155 : On est toujours trop bon avec les femmes
Un film français de Michel BOISROND (1970) avec Elisabeth Wiener, Jean-Pierre Marielle, Claude Brosset, Roger Carel, Robert Dhéry, Dominique Maurin, Paul le Person...
Il va sans dire que le titre du Film du jour ne reflète en rien les convictions profondes de l'auteur de ces lignes.
On est toujours trop bon avec les femmes est en fait l'adaptation du roman du même nom paru en 1947 sous la signature de Sally Mara, pseudonyme derrière lequel se cachait... Raymond Queneau. Récit burlesque et légèrement salace de l'insurrection irlandaise de 1916, On est toujours trop bon avec les femmes a été tourné par un Michel Boisrond (1921-2002) plutôt en fin de carrière et passablement essoufflé.
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L'affiche d'Une Parisienne (1957) de Michel Boisrond

Les films les plus connus et les plus réussis de ce réalisateur, il faut en effet les chercher plutôt vers la fin des années 1950 et au début des années 1960, et plutôt du côté de la comédie de boulevard où l'amour pétille et où les femmes babillent. Michel Boisrond fit ainsi tourner à plusieurs reprises Brigitte Bardot, l'une de ses actrices fétiches. Notre BB nationale promena sa plastique irréprochable et sa moue boudeuse dans Cette sacrée gamine (1955), le premier film de Michel Boisrond en tant que metteur en scène, Une Parisienne (1957), Voulez-vous danser avec moi ? (1959) et Amours célèbres (1961) - où Brigitte interprète Agnès Bernauer, une jeune femme dont tomba amoureux l'héritier du royaume de Bavière au XVe siècle (Alain Delon) et qui fut, la pauvrette, condamnée à mort pour sorcellerie.
Le Film du jour n°155 : On est toujours trop bon avec les femmes

Alain Delon et Mylène Demongeot dans Faibles femmes (1958) de Michel Boisrond (image : www.toutlecine.com)

Parmi les jolis minois passés devant la caméra de Michel Boisrond, il y eut aussi Mylène Demongeot (Faibles femmes, 1958, avec, ici encore, Alain Delon), Françoise Arnoul (Le chemin des écoliers, 1959, avec, à nouveau, Alain Delon), Valérie Lagrange (le sketch "La virginité" de La Française et l'amour, 1960), Dany Saval (Comment réussir en amour, 1962 ; Cherchez l'idole, 1963), France Anglade (Comment trouvez-vous ma sœur ? 1963), Pascale Petit (Comment épouser un Premier ministre, 1964), Nathalie Delon (La leçon particulière, 1968), Mireille Darc (Dis-moi que tu m'aimes, 1974) ou Jane Birkin (Catherine et Cie, 1975), le dernier long métrage du réalisateur pour le cinéma.
On l'aura donc compris à la lecture de tous ces titres, avec Michel Boisrond, on ne se prend pas la tête et on en prend plein les yeux ! On lui doit également un OSS 117 (Atout cœur à Tokyo pour OSS117, 1966, avec Frederick Stafford et Marina Vlady), ainsi qu'un assez réussi Petit Poucet (1972), film où Jean-Pierre Marielle s'avère très crédible en ogre aux dents longues.
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Jane Birkin dans Catherine et Cie (1975) de Michel Boisrond (image : www.toutlecine.com)

On est toujours trop bon avec les femmes, l'histoire : A Dublin, pendant l'insurrection irlandaise de 1916, sept révolutionnaires commandés par McCormack (Jean-Pierre Marielle) s'emparent du bureau des Postes alors que l'adorable Gertie Girdle (Elisabeth Wiener), la demoiselle des "recommandés", se trouve aux toilettes... (en un mot, nous sommes tout de suite au parfum !). Le jeune femme est gardée prisonnière et, tandis que son fiancé un peu benêt, le Commodore Cartwright (Robert Dhéry), canonne la ville, elle subit (et encourage) les assauts physiques des sept baroudeurs (qui vont, chacun leur tour, "visiter" les WC). L'histoire vue par le petit bout de la lunette si l'on peut dire ! Les canons de Cartwright ont raison des rebelles, mais, lors de l'attaque finale, notre homme est châtré par une balle rebelle... Zut ! Ils ont osé ; le zozo a perdu son zizi...
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Elisabeth Wiener

Née en 1946, Elisabeth Wiener, la "dame-pipi" héroïne d'On est toujours trop bon avec les femmes, connut son heure de gloire en interprétant, aux côtés de Laurent Terzieff, le rôle-titre de La prisonnière (1968), dernier film du réalisateur Henri-Georges Clouzot et histoire d'une femme qui tombe amoureuse d'un homme impuissant, adepte du voyeurisme et pervers (tout pour plaire à ces dames, quoi !).
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Laurent Terzieff et Elisabeth Wiener dans La prisonnière (Clouzot, 1968) (image : www.toutlecine.com)

Fille de Jean Wiener (1896-1982), célèbre compositeur de musiques de films (plus de 300, dont Touchez pas au grisbi, et le fameux générique d'Histoires sans parole pour l'ORTF), Elisabeth Wiener débute au cinéma à l'âge de quinze ans dans L'année du bac (Delbez et Lacour, 1962).
L'année suivante, la jeune fille pointe au générique de Dragées au poivre (Baratier, 1963) aux côtés de Guy Bedos et Sophie Daumier. Un peu plus tard, on la croise au cinéma chez Yves Allégret (Johnny Banco, 1966), Claude Berri (Mazel Tov ou le mariage, 1968), Clouzot donc, Roger Vadim (La jeune fille assassinée, 1974) et Jacques Rivette (Duelle, 1976). Elisabeth Wiener côtoie aussi Jeanne Moreau (Le corps de Diane, J.-L. Richard, 1969), Salvatore Adamo (eh oui !) (L'ardoise, Bernard-Aubert, 1969) et l'équipe du Café de la gare (Au long de la rivière Fango, 1974).
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Elisabeth Wiener dans Une fille cousue de fil blanc (M. Lang, 1976) (image : www.toutlecine.com)

Au milieu des années 70, Elisabeth Wiener délaisse le cinéma pour revenir à la musique. Elle s'engage dans de nombreux spectacles de rue et "happenings" un peu partout dans le monde, rencontre des compositeurs de la vague minimaliste comme La Monte Young, Steve Reich ("Music for 18 musicians", un chef-d’œuvre !) ou Terry Riley, se retrouve au sein de groupes de rock alternatif, collabore à l'album "Champagne" de Jacques Higelin, signe trois albums chez Virgin, écrit quelques musiques de films, monte sur les planches (au TNP notamment).
En 1982, on l'aperçoit encore dans Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux, un film de Coline Serreau ; c'est sa dernière apparition au cinéma à ce jour.
En 1972, Elisabeth Wiener forme un quatuor de choc avec Bernadette Lafont, Jane Birkin et Emma Cohen dans "Quatre souris pour un hold-up" de Richard Balducci (image : www.encyclocine.com)

En 1972, Elisabeth Wiener forme un quatuor de choc avec Bernadette Lafont, Jane Birkin et Emma Cohen dans "Quatre souris pour un hold-up" de Richard Balducci (image : www.encyclocine.com)

Elisabeth Wiener se fait aussi une spécialité du doublage d'actrices américaines pour les versions françaises de films d'outre-Atlantique (Meryl Streep, Mia Farrow, Liza Minnelli, etc.). En 1992, elle fonde le groupe musical féminin "Castafiore Bazooka" qui sortira trois albums et décrochera plusieurs prix. Aujourd'hui, Elisabeth Wiener s'est lancée dans une nouvelle aventure musicale avec le compositeur Michel Françoise : LA BETH (pour plus de détails, visiter le site www.elisawiener.com).
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Roger Carel et Elisabeth Wiener dans On est toujours trop bon avec les femmes (image : www.notrecinema.com)

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