Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête
Titre original : Dio perdona... io no
Un film italien de Giuseppe COLIZZI (1967) avec Terence Hill, Bud Spencer, Frank Wolff, José-Manuel Martin, Gina Rovere, Antonietta Fiorito...
Amateurs inconditionnels du duo comique formé au cinéma par Terence Hill et Bud Spencer, attention ! Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête n'est que l'un des multiples titres de ce long métrage qui marque l'une des toutes premières rencontres cinématographiques du blond aux yeux bleus et du gros barbu donneur de baffes. Le film est également connu sous les titres de Dieu pardonne, moi pas (traduction littérale du titre original), Trinita ne pardonne pas et Du soleil dans la tête de Trinita... Ces deux dernières appellations furent données à l'occasion de reprises du film sur les écrans. Pourquoi ? Parce que les distributeurs comptaient bien s'emplir les poches de biffetons en profitant des succès remportés par Terence Hill dans On l'appelle Trinita (E.B. Clucher, 1970) et On continue à l'appeler Trinita (E.B. Clucher, 1971). Dans Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête, il n'y a en effet pas plus de Trinita que de cervelle dans la tête d'un participant à une émission de télé-réalité !
Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Autre titre... mais même film !

Réalisateur du Film du jour, Giuseppe Colizzi (1925-1978) est considéré comme "l'inventeur" du tandem Terence Hill-Bud Spencer. Un titre dont se prévaut aussi le producteur Italo Zingarelli qui finança la série des Trinita... et qui signa ce monument d'humour délicat et de finesse portée à son point ultime qu'est le fameux Cul et chemise (1979), film où le duo infernal exerce son humour intellectuel et ses redoutables talents sur le sol africain.
Outre Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête, Giuseppe Colizzi a réalisé trois autres films avec Bud Spencer et Terence Hill, j'ai nommé Les Quatre de l'Ave Maria (1968), certainement l'un des meilleurs (le film est connu aussi sous le titre de Deux honnêtes crapules), La colline des bottes (1970), rebaptisé ultérieurement Trinita va tout casser, et Maintenant, on l'appelle Plata (1972).
En 1974, le réalisateur tenta de lancer un autre duo comique avec les américains Keith Carradine (frère de John) et Tom Skerritt, mais, cette fois-ci, le succès ne fut pas au rendez-vous. Arrivano Joe e Margherito ne fut même pas distribué en France... Y avait pourtant au générique la sublime Sybil Danning, l'immortelle interprète des 69 Dalmatiennes, mais, apparemment, ça n'a pas suffi à convaincre les distributeurs français. Fines bouches, va !
Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Les deux compères dans Cul et chemise (Zingarelli, 1979) (image : www.toutlecine.com)

Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête, l'histoire : Les villageois d'El Paso découvrent avec horreur qu'à l'arrivée du train, tous les passagers ont été massacrés à l'exception d'un seul, et que les 100 000 dollars présents dans le convoi ont été dérobés. Un aventurier et l'agent d'une compagnie d'assurances enquêtent sur l'affaire qui porte (on le dirait bien...) la marque de Billy San Antonio. Oui, mais voilà, Billy a été déclaré mort il y a déjà plusieurs années ! Cherchez l'erreur... A noter que Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête, malgré son titre, n'appartient pas à la veine du western-spaghetti ouvertement parodique, mode qui fut lancée trois ans plus tard par On l'appelle Trinita, avec les mêmes Terence Hill et Bud Spencer...
Puisque le Film du jour a déjà parlé de Bud Spencer (voir Les anges mangent aussi des fayots), intéressons-nous aujourd'hui au cas de Terence Hill, né Mario Girotti en 1939.
Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Mario Girotti alias Terence Hill (image : www.toutlecine.com)

Le petit Girotti (petit, oui, mais costaud !) devint un champion de natation dès son plus jeune âge. Et, pendant les entraînements, figurez vous qu'il croisait déjà à la piscine un certain Carlo Pedersoli ! De dix ans son aîné, cet autre champion des bassins se fera connaître plus tard au cinéma sous le nom de... Bud Spencer. Le futur Terence Hill, quant à lui, est repéré à l'âge de douze ans par Dino Risi. Le réalisateur italien, qui s'apprête à signer son premier film, enrôle le jeune ado pour Vacanze col gangster (1952).
Ces débuts précoces n'amènent pourtant pas le jeune homme sur la voie du succès et, pendant plusieurs années, l'acteur court les cachets. On l'aperçoit, tout juste âgé d'une vingtaine d'années, portant jupette dans quelques péplums comme Carthage en flammes (Gallone, 1958) ou maniant l'épée dans des films d'aventures exotiques ou historiques comme Le corsaire de la reine (Zeglio, 1961) ou Les mille et une nuits (Bava & Levin, 1961). Luchino Visconti himself le repère quand même et lui confie un petit rôle dans Le guépard (1962) (on le voit notamment dans une scène où Delon et lui, en uniformes de l'armée garibaldienne, rendent visite à la famille du prince interprété par Burt Lancaster).
Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Alain Delon, Mario Girotti et Giulianno Gemma dans Le guépard (Visconti, 1962)

Sa carrière piétinant en Italie, le beau gosse aux yeux bleus part tenter sa chance en Allemagne où la production de films de série B tourne à plein. On l'embauche illico presto dans un épisode de la série des westerns-choucroutes avec l'indien Winnetou (Le trésor des montagnes bleues, Reinl, 1962). Mario Girotti est également crédité au générique de La vengeance de Siegfried (Reinl, 1966), inspirée du cycle des Nibelungen.
Lorsque le western-spaghetti émerge en Italie, notre homme fait le bon choix. Il retourne chez lui, prend le pseudonyme de Terence Hill (dans ses précédents films, il est crédité sous son vrai nom) et... s'impose tout de suite en tête d'affiche. Les succès s'enchaînent alors : Django prépare ton cercueil (Baldi, 1967), Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête, T'as le bonjour de Trinita (titre qui n'a strictement rien à voir avec l'original, Little Rita nel West...) (Baldi, 1967), Les quatre de l'Ave Maria, La colline des bottes, etc.
Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Terence Hill dans On l'appelle Trinita (E.B. Clucher, 1970) (image : www.toutlecine.com)

La gloire ultime arrivera au tout début des années 70 avec le personnage de Trinita, cow-boy charmeur, rusé et infaillible, mais grosse feignasse et gros mangeur, dans On l'appelle Trinita et On continue à l'appeler Trinita. A mettre également au crédit de Terence Hill, sa prestation dans Mon nom est Personne (Valerii, 1974), considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre.
Terence Hill et Bud Spencer, qui s'étaient donc retrouvés à l'écran dès 1967, vont alors enchaîner pendant une quinzaine d'années les films bourrés de cascades en veux-tu en voilà, de grosses vannes bien grasses et de bonnes baffes dans la tronche... jusqu'à l’écœurement. Suivront en effet Attention, on va se fâcher (Fondato, 1974), Les deux missionnaires (Rossi, 1974), Deux super-flics (Barboni, 1976), Pair et impair (S. Corbucci, 1978), Cul et chemise, Salut l'ami, adieu le trésor (S. Corbucci, 1981), Quand faut y aller, faut y aller (Barboni, 1983), Attention les dégâts (Barboni, 1984), Les super-flics de Miami (B. Corbucci, 1985).
Le Film du jour n°154 : Même à l'ombre, le soleil leur a tapé sur la tête

Après les cowboys, les flics... Spencer et Hill dans Les super-flics de Miami (B. Corbucci, 1985) (image : www.toutlecine.com)

Mais, plus ça va... moins ça va. Les deux compères, atteints par l'usure du temps, ne font plus recette. Terence Hill passe alors à la réalisation... mais les résultats ne sont guère probants, que ce soit avec Don Camillo (1984), où il reprend de manière totalement improbable le rôle immortalisé par Fernandel, ou avec Lucky Luke (1991). En 1994, l'acteur tente une dernière fois de remettre en selle le duo légendaire dans Petit papa baston ; le résultat est pathétique pour ne pas dire sinistre (Terence Hill est ridé comme une vieille pomme oubliée - abus d'UV ? - et Bud Spencer manque de s'éclater la panse au moindre mouvement)...
Terence Hill est apparu une dernière fois sur grand écran dans Cyberflic (Dawson, 1997). Depuis le début des années 2000, l'acteur joue régulièrement dans des téléfilms et tient le rôle titre de la série TV italienne "Don Matteo" (déjà sept saisons !). Il y interprète un curé qui aide la police à résoudre des crimes... T'es en quête d'absolution, Terence ?

Publié dans Titres rigolos

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