Le Film du jour n°135 : Elles sont dingues ces nénettes

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°135 : Elles sont dingues ces nénettes
Titre original : L'uccello migratore
Un film franco-italien de STENO (1972) avec Lando Buzzanca, Gianrico Tedeschi, Rossana Podesta, Ignazio Leone, Pia Velsi, Christian Thorn...
Le Film du jour a déjà évoqué Steno, le réalisateur d'Elles sont dingues, ces nénettes... (voir Le chat miaulera trois fois). Bornons-nous à rappeler que la grande période de Steno, spécialiste de la comédie populaire italienne, s'est terminée vers la fin des années soixante à la mort en 1967 de son acteur fétiche, le grand comique italien Toto. Au détour des années 70, faute de disposer d'interprètes de la classe de Toto, Steno fut obligé de se rabattre sur des "vedettes" de cabaret aux grimaces passablement outrancières. Doté d'un titre français éminemment sympathique, Elles sont dingues, ces nénettes... appartient à cette dernière période...
Le Film du jour n°135 : Elles sont dingues ces nénettes

Lando Buzzanca et Rossana Podesta dans Elles sont dingues, ces nénettes... (image : www.ivid.it)

D'abord acteur et humoriste, Lando Buzzanca, le "héros" du Film du jour, continua sur sa lancée pour devenir homme politique... C'est vrai qu'entre cabotin et politicard, il n'y a souvent pas grande différence ! Pour se rendre compte de l'étendue du registre du bonhomme, il suffit de lister les titres des films où il s'est fait remarquer : L'amour vu par une Suédoise (Franciosa/Guerrini/Montaldo, 1964), Au diable les anges (Fulci, 1967), Un prêtre à marier (Vicario, 1970), Le PDG a des ratés (Grimaldi, 1970), Homo eroticus ou Les performances amoureuses du Sicilien (Vicario, 1971), Les obsessions sexuelles d'un veuf (Grimaldi, 1971), Obsédé malgré lui (Fulci, 1971), etc. Lando Buzzanca joua également une parodie de James Bond dans James Tont agent 007 1/2 et James Tont opération DUE, tous deux réalisés en 1965 par Bruno Corbucci.
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Lando Buzzanca et Laura Antonelli dans Ma femme est un violon (Campanile, 1971) (image : www.ivid.it)

A mettre un peu au-dessus du lot : Ma femme est un violon (1971) de Pasquale Festa Campanile, où il joue le rôle d'un violoncelliste obligé, lors de ses concerts, d'exhiber le corps de sa femme (Laura Antonelli) pour que le public mélomane daigne enfin s'intéresser à lui.
Elles sont dingues, ces nénettes... l'histoire : Andrea, professeur de son état, vient de se faire muter dans un lycée de Rome. Là, il pense enfin pouvoir diffuser la culture à un auditoire digne de ce nom. Las, quelles que soient les méthodes mises en œuvre par Andrea, les élèves ne pensent qu'à contester et à faire de la politique. Parallèlement, il entretient une idylle avec la professeur de sciences, puis avec une jeune élève... L'électricité est dans l'air.
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Rossana Podesta

Dans Elles sont dingues, ces nénettes... la prof de sciences est jouée par la sexy Rossana Podesta, actrice qui connut son heure de gloire à l'époque du péplum. C'est en effet "cette superbe créature" (selon Jean Tulard) qui interpréta la fameuse Hélène de Troie (1954) dans le film du même nom réalisé par Robert Wise. Pour le rôle, le metteur en scène avait envisagé des actrices confirmées comme Lana Turner, Elizabeth Taylor, Rhonda Fleming, Ava Gardner et Yvonne de Carlo avant de finalement se rabattre sur la Podesta, déjà célèbre chez nos amis transalpins.
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Jacques Sernas et Rossana Podesta dans Hélène de Troie (1954) de Robert Wise (image : www.toutlecine.com)

D'origine argentine mais née en 1934 à Tripoli en Lybie alors sous domination italienne, la créature, décédée le 10 décembre 2013, avait débuté en 1950 dans Demain est un autre jour de Léonide Moguy. Dès 1951, la jeune fille côtoie le grand comique italien Toto dans Gendarmes et voleurs (Steno & Monicelli) et figure en vedette dans Blanche-Neige, le prince noir et les sept nains (Tamburella) (ne me demandez pas ce que fait le prince noir dans cette affaire !). Mais c'est en 1953 que Rossana Podesta "éclate" vraiment sur grand écran grâce à son interprétation de la torride Rossana dans le film mexicain La red (Le filet), signé Emilio Fernandez. Elle y dévoile largement son anatomie irréprochable et les hommes du monde entier en furent passablement émus...
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Rossana Podesta particulièrement émoustillante dans La Red (1953) d'Emilio Fernandez

La même année qu'Hélène de Troie, l'actrice enfile aussi la tunique vaporeuse d'une autre princesse, en l'occurrence Nausicaa, dans Ulysse de Mario Camerini, avec Kirk Douglas dans le rôle-titre. Le spectateur attentif la retrouvera un peu plus tard sous les traits de Shuah, l'une des filles de Loth (Stewart Granger), dans Sodome et Gomorrhe (Aldrich, 1961). Heureusement pour nous, la crétine qui se retourne vers Sodome lors de sa destruction et qui est illico prestissimo changée en statut de sel par Dieu, à qui on ne la fait pas, ce n'est pas elle !
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Kirk Douglas et Rossana Podesta dans Ulysse (1954) de Mario Camerini (image : www.toutlecine.com)

Malheureusement, sans doute par manque d'ambition, Rossana Podesta ne réussit pas à passer la vitesse supérieure pour atteindre le statut de star internationale. A l'exception de son rôle dans Sodome et Gomorrhe, on la voit, par la suite, surtout dans des péplums d'une banalité à faire pleurer (L'épée et la croix, Bragaglia, 1958 ;Toryok, Malatesta, 1960 ; L'esclave de Rome, Grieco, 1960 ; Seul contre Rome, Luciano Ricci alias Herbert Wise, 1962), des films d'espionnage mous du genou (Dernier avion pour Baalbek, Giannini & Fregonese, 1964), de vagues policiers sans intérêt (Plage interdite, Soler, 1960), des polissonneries invraisemblables (L'île du bout du monde, Gréville, 1958) et des mélos épouvantables (Un verre de whisky, Coll, 1959). A la même époque, elle fait quand même partie de la distribution d'un bon film d'horreur gothique, La vierge de Nuremberg (Antonio Margheriti alias Anthony Dawson, 1963).
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Rossana Podesta dans La vierge de Nuremberg (Dawson, 1963) (image : www.toutlecine.com)

Il faut dire à la décharge de Rossana Podesta que la belle est l'épouse de Marco Vicario, réalisateur d'un niveau très très moyen, et que celui-ci ne trouve rien de mieux que de l'embaucher dans ses propres films, en général fort médiocres (Sept hommes en or, 1965 ; La CIA mène la danse, 1966 ; Un prêtre à marier, 1970 ; Homo eroticus, 1971 ; Ce cochon de Paolo, 1972).
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Rossana Podesta dans Homo Eroticus (1971) de Marco Vicario, son époux à la ville (image : www.toutlecine.com)

Après ce florilège de navets, la carrière de Rossana Podesta est définitivement flinguée... On la reverra quand même en 1979 dans l'un des sketches des Séducteurs (celui de Dino Risi), ainsi qu'en 1983 en déesse Héra dans Hercule de Luigi Cozzi (alias Lewis Coates). Elle y joue l'épouse chenue de Zeus (eh oui, Vénus ou Aphrodite en jupette, c'est fini... à cinquante ans, on enfile des robes longues... la peau d'orange, c'est pas sexy à l'écran...). Hercule, quant à lui, y est "interprété" par le bodybuildé Lou Ferrigno dont on a toujours l'impression que le cerveau vient de subir un "delete" ou un "erase" malencontreux... C'est tout dire du niveau du film...
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Rossana Podesta en déesse Hera dans Hercule (1983) de Lewis Coates (image : www.nanarland.com)

Depuis 1981 et jusqu'à son décès en 2011, Rossana Podesta avait été la compagne du célèbre alpiniste italien Walter Bonatti qui fit partie de l'équipe victorieuse du sommet du K2 en 1953 et qui fut l'auteur de grandes premières dans les Alpes dans les années 50 et 60.

Publié dans Titres à nanars

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