Le Film du jour n°127 : Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers !

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°127 : Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers !
Titre original : Straziami, ma di baci saziami
Un film italien de Dino RISI (1968) avec Nino Manfredi, Ugo Tognazzi, Pamela Tiffin, Moira Orfei...
Dans la filmographie pléthorique de Dino Risi, "le prince de la comédie italienne", Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers ! se situe juste avant Une poule, un train et quelques monstres (1969), film à sketches qui forme, après Les monstres (1963), le deuxième volet du cycle consacré aux "névropathes, amoraux et autres obsédés du sexe".
Nino Manfredi et Ugo Tognazzi, qui tiennent les deux rôles masculins principaux de Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers ! ont joué dans de nombreux films de Dino Risi. Le premier est notamment à l'affiche de Venise, la lune et toi (1958), Les poupées (1964), Les complexés (1965) et Opération San Gennaro (1966). Le second est aux génériques de La marche sur Rome (1962), Les monstres, Au nom du peuple italien (1971), La carrière d'une femme de chambre (1976), La chambre de l'évêque (1977), Dernier amour (1978), Je suis photogénique (1980), Les séducteurs (1980) et Le bon roi Dagobert (1984).
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Nino Manfredi, Pamela Tiffin (à terre) et Ugo Tognazzi dans Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers ! (image : www.toutlecine.com)

Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers ! l'histoire : Lors d'un festival de danses folkloriques, Marino Balestrini (Nino Manfredi), un coiffeur naïf, fait la connaissance de Marisa (Pamela Tiffin), jeune ouvrière un peu gourde. C'est le coup de foudre. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes (mais il n'y aurait pas de film, me direz-vous...) si de multiples coups du sort ne venaient empêcher les deux tourtereaux de filer le parfait amour. Toujours est-il qu'après moult déboires, Marisa épouse un dénommé Ciceri, tailleur bon vivant et accessoirement sourd-muet (Ugo Tognazzi). Les deux ex-tourtereaux finissent néanmoins par se retrouver... et décident alors de supprimer Ciceri. Le choc, heureusement, ne tue pas le bonhomme mais lui fait retrouver la parole ! Ciceri doit alors respecter le vœu que sa défunte mère avait fait s'il recouvrait la voix : entrer en religion. Il fait donc annuler son mariage. Marino et Marisa peuvent enfin convoler en justes noces avec la bénédiction muette de Ciceri. Eh oui, notre ex-muet est entré dans un ordre voué au silence !
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Sophia Loren dans Le signe de Vénus (1955) de Dino Risi (image : www.cinemaffiche.com)

C'est en 1952 que Dino Risi (1916-2008) réalise sa première œuvre de fiction (Vacanze col gangster, inédit en France sur grand écran) après avoir signé de multiples documentaires de style néoréaliste. En 1955, il aborde la comédie avec deux films à la gloire de leur actrice principale respective : Le signe de Vénus et Pain, amour, ainsi soit-il (troisième volet d'une série dont les deux précédents épisodes furent tournés par Luigi Comencini). Dans Le signe de Vénus, il fait tourner Sophia Loren ; dans Pain, amour, ainsi soit-il, Gina Lollobrigida. Les deux actrices sont alors au sommet de leur beauté (21 ans pour Sophia, 28 ans pour Gina).
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Alberto Sordi et Léa Massari à l'affiche d'Une vie difficile (1961) de Dino Risi

Ce n'est toutefois qu'en 1956 que Dino Risi rencontre vraiment le succès public avec Pauvres mais beaux, film qui décrit l'univers sentimental d'un groupe de jeunes dans un quartier populaire romain. La comédie vire rapidement à l'humour noir avec Le veuf (1959), interprété par Alberto Sordi, puis au sarcasme grinçant avec L'homme aux mille visages (1959), chronique d'un escroc (Vittorio Gassman) aux multiples déguisements. Avec une vie difficile (1961), le réalisateur mêle les séquences humoristiques et les moments poignants pour conter quinze années de la vie d'un ancien résistant (Alberto Sordi) hésitant entre la révolte et la soumission lors du fameux "miracle économique italien".
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Trintignant et Gassman dans le célèbre Fanfaron (1962) de Dino Risi (image : www.allocine.fr)

S'ouvre alors la période la plus féconde de Dino Risi dont le comique se teinte de plus en plus souvent d'amertume, voire de tragédie : Le fanfaron (1962) avec Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant, La marche sur Rome, long métrage qui brocarde l'époque fasciste, Les monstres bien sûr, puis Au nom du peuple italien, film qui oppose un petit juge de gauche à un capitaliste cynique, Moi la femme (1971), concentré de stupidité féminine avec Monica Vitti dans une douzaine de rôles, Rapt à l'italienne (1973), où, à la faveur d'un enlèvement politique, se confrontent un intellectuel révolutionnaire et un industriel, etc.
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Parfum de femme (Risi, 1974) valut à Vittorio Gassman un prix d'interprétation au festival de Cannes (image : www.toutlecine.com)

Dans les années 70, Dino Risi signe deux chefs-d'œuvre marqués par le pessimisme : Parfum de femme (1974) avec Vittorio Gassman dans le rôle d'un homme qui, devenu aveugle, veut se donner la mort après avoir profité une dernière fois des joies de la vie (les femmes en particulier), et Cher Papa (1978), évocation d'une Italie troublée par les attentats et les enlèvements à travers une relation père-fils. Dino Risi tourne également deux films avec Coluche : Le bon roi Dagobert (1984) et Le fou de guerre (1985). Son dernier film sorti sur les écrans français est Valse d'amour (1990) avec Dominique Sanda et Vittorio Gassman, toujours et encore. Dans les années 90, le réalisateur signe encore un long métrage pour le cinéma (Giovanni e belli, 1995) et un sketch d'une œuvre collective (Esercizi di stile, 1996).
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Pamela Tiffin

Dans Fais-moi très mal... mais couvre-moi de baisers, Marisa est interprétée par la sublime actrice américaine Pamela Tiffin (aucun rapport avec les 'tifins', ces personnages de dessin animé en forme de TF1 que la chaîne TV avait utilisés comme emblèmes dans les années 80...).
Née en 1942, la belle débute une carrière de mannequin avant d'être remarquée par le producteur Hal B. Wallis qui la fait jouer dans Eté et fumées (Glenville, 1961), un film adapté d'un ouvrage de Tennessee Williams. La même année, on la remarque aussi dans Un, deux, trois de Billy Wilder aux côtés de James Cagney qui compare sa beauté et son talent comique à ceux de Carole Lombard, Kay Kendall (voir Qu'est-ce que Maman comprend à l'amour !) et Lucille Ball (excusez du peu !). Ces deux premiers films valent à Pamela Tiffin deux nominations aux Golden Globes.
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Lee Remick, Burt Lancaster et Pamela Tiffin dans Sur la piste de la grande caravane (Sturges, 1965) (image : www.toutlecine.com)

L'actrice enchaîne malheureusement sur des comédies romantiques un peu nunuches, comme Les filles de l'air (Levin, 1963) et Trois filles à Madrid (Negulesco, 1964), des "films de plages" pour ados, ou des comédies policières un peu molles du genou comme Détective privé (Smight, 1966) avec Paul Newman et Lauren Bacall. Elle côtoie aussi Burt Lancaster dans le western Sur la piste de la grande caravane (1965) de John Sturges.
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Pamela Tiffin et Paul Newman sur le tournage de Détective privé (Smight, 1966) (image : www.lesoir.be)

En 1967, pour échapper à un mariage désastreux et à une carrière qui piétine, elle rallie l'Italie... mais ne réussit pas à sortir des comédies et des thrillers sexy, réalisateurs transalpins oblige. Pleins feux sur l'archange (Capitani, 1969), Comment entrer dans la maffia (Steno, 1971) ou Comment épouser une Suédoise/Ce cochon de Rosario (Steno, 1971) en sont quelques exemples. On voit aussi la belle dans un western-spaghetti intitulé Los Amigos (Cavara, 1972) aux côtés d'Anthony Quinn et de Franco Nero. En 1974, Pamela Tiffin quitte définitivement l'écran suite à son second mariage pour se consacrer à sa famille.

Publié dans Titres étranges

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