Le Film du jour n°115 : Le sapin a les boules

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°115 : Le sapin a les boules
Titre original : National Lampoon's Christmas Vacation
Un film américain de Jeremiah CHECHIK (1989) avec Chevy Chase, Beverly d'Angelo, Juliette Lewis, Johnny Galecki, John Randolph, Diane Ladd, E.G. Marshall, Randy Quaid...
Noël approche à grand pas (si si...). Pour certains, c'est la perspective d'une joyeuse fête et d'une multitude de cadeaux échangés. Pour d'autres, c'est le cauchemar annuel qui va recommencer... Un cauchemar, c'est justement ce que vivent le héros et sa famille dans Le sapin a les boules. Ce film, dont le titre français est un régal d'intelligence, fait partie d'une série de longs métrages estampillés "National Lampoon", franchise issue de la revue comique américaine du même nom.
La famille Griswold, dont le père et la mère sont respectivement joués par Chevy Chase et Beverly d'Angelo, apparaissait déjà dans Bonjour les vacances (Ramis, 1982) et dans National Lampoon's European Vacation (Heckerling, 1985), film inédit en France. On la verra encore dans National Lampoon's Vegas Vacation (Kessler, 1997), lui aussi inédit dans l'Hexagone. Trop ricains ou trop nuls, peut-être ?
Le sapin a les boules, l'histoire : Suite aux mauvaises expériences vécues par le passé durant leurs voyages aux États-Unis et en Europe, Clark Griswold et sa petite famille décident de rester à la maison pour fêter Noël tranquillement... Le père va couper lui-même son sapin. Il invite ses parents, ses beaux-parents, sa tante et son oncle. Il a même décidé d'illuminer la maison entière avec 25 000 ampoules ! Mais les choses ne vont pas se passer du tout comme prévu ! Les ampoules refusent de s'allumer, la dinde de Noël explose, non pas en plein vol, mais en plein repas, et même les forces spéciales vont débarquer...
Le Film du jour n°115 : Le sapin a les boules

Isabelle Adjani et Sharon Stone dans Diabolique (1995) de Jeremiah Chechik (image : www.toutlecine.com)

Même si le nom de Jeremiah Chechik, le réalisateur du Film du jour, ne vous dit rien, il y a quand même de fortes probabilités que vous ayiez déjà vu un long métrage de ce monsieur né au Canada en 1955. C'est lui en effet qui a signé Diabolique (1995), l'improbable remake hollywoodien des Diaboliques (1954) de Henri-Georges Clouzot. Isabelle Adjani y reprend le rôle de Véra Clouzot, Sharon Stone celui de Simone Signoret, Chazz Palminteri celui de Paul Meurisse et Kathy Bates, l'inspectrice, celui interprété par Charles Vanel dans le film français.
Si Diabolique n'a pas laissé de souvenirs impérissables dans l'imaginaire collectif, c'est le moins que l'on puisse dire, le long métrage de Jeremiah Chechik a néanmoins profondément impressionné le critique Jacques Saada, fan absolu de Sharon Stone.
"Surgie de "l'ailleurs", Sharon Stone continue à exercer, depuis Basic Instinct, son pouvoir de domination, de manipulation, de destruction, mais aussi de protection. Diabolique s'inscrit donc parfaitement à son heure dans la course mythologique exploratoire, du "surhumain" à "l'humain, trop humain", de Sharon Stone", écrit-il dans le Dictionnaire des films de Jean Tulard. Sublime, non ? Et ce n'est pas fini : "Aux confins du mysticisme, son paganisme lui fait rejeter, comme dans Dernière danse, le factice des croyances et des pratiques religieuses. Croisant dans sa course solitaire la destinée humaine de Mia (Isabelle Adjani) et celle, ambiguë, de Shirley (Kathy Bates), qu'elle contrôle en Parque suprême, puis ayant vaincu un autre Minotaure, Sharon Stone, au plus haut de son génie dramatique et de sa beauté, imprime magistralement sa griffe d'auteur tout au long de l’œuvre". Je vous laisse les douze prochains mois pour méditer ça...
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Johnny Depp refait le coup de la danse des petits pains à Mary Stuart Masterson dans Benny et Joon (1992) de Jeremiah Chechik (image : www.toutlecine.com)

Pour en revenir à des choses plus terre à terre, sachez que Jeremiah Chechik fut d'abord peintre et photographe avant de travailler dans la publicité et à la télévision. Le sapin a les boules est son premier film pour le cinéma. Il enchaînera avec Benny & Joon (1992), joli film avec Johnny Depp en personnage lunaire qui, grâce à ses excentricités, sauve de la dépression une jeune femme handicapée mentale légère. Les Benny & Joon du titre, frère et sieur dans le film, y sont interprétés par Aidan Quinn et Mary Stuart Masterson.
Puis, en 1994, Jeremiah Chechik signe Les légendes de l'Ouest, un vague western pour enfants avec le défunt Patrick Swayze. Après Diabolique, il livre en 1997 un Chapeau melon et bottes de cuir de sinistre mémoire, film qui ne retrouve à aucun moment le charme de la fameuse série télévisée avec Patrick MacNee et Diana Rigg. Ralph Fiennes, Uma Thurman et Sean Connery n'arrivent pas à sauver le film qui a coulé corps et biens en entraînant son réalisateur à sa suite. Celui-ci, depuis, est retourné à la télévision où il enquille à tour de bras les séries TV...
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Beverly d'Angelo

Dans Le sapin a les boules, la mère de la famille Griswold est jouée par Beverly d'Angelo, actrice américaine née en 1951. Également chanteuse, elle est surtout connue pour avoir interprété la jeune fille rangée qui devient hippie et épouse le héros (John Savage) dans Hair (1979), la comédie musicale de Milos Forman. C'est elle qui prête également ses traits (et sa voix !) à Patsy Cline dans Nashville Lady (Apted, 1980), biographie filmée de la chanteuse de country Loretta Lynn, incarnée par Sissi Spacek qui décrochera d'ailleurs l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle. A noter que Jessica Lange endossera à son tour la personnalité de Patsy Cline quelques années plus tard dans Sweet Dreams (Reisz, 1985).
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Beverly d'Angelo et John Savage dans Hair (1979) de Milos Forman (image : www.toutlecine.com)

Beverly d'Angelo avait démarré sa carrière cinématographique en 1977. Cette année-là, elle figurait notamment au générique de La sentinelle des maudits, un film d'épouvante de Michael Winner où cachetonnaient John Carradine et Ava Gardner, et participait à l'aventure d'Annie Hall, le célèbre film de Woody Allen. Malgré ces premiers coups d'éclat, la suite de la carrière de Beverly d'Angelo au cinéma fut assez décevante.
Dans les années 80, elle enchaîne les comédies insipides (comme la série des National Lampoon, donc) et les films sans grand intérêt (Cash-Cash, Lester, 1984 ; Big trouble, 1985, un film commencé par Andrew Bergman et terminé par John Cassavetes sur la demande de l'acteur principal, Peter Falk). Il faut dire à sa décharge qu'après avoir vécu une courte romance avec Milos Forman, elle avait épousé en 1981 un duc italien descendant de Laurent de Médicis et partageait sa vie entre l'Italie et les États-Unis...
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Beverly d'Angelo à l'affiche de L'étrangère (1991) de Neil Jordan, alors son compagnon (ça aide...)

En 1988, Beverly d'Angelo joue dans High spirits, un film qui mélange fantastique et comédie burlesque et qui marque son premier travail avec le réalisateur irlandais Neil Jordan (La compagnie des loups, 1984), son compagnon depuis 1985. Une collaboration qui atteindra une sorte d'apogée avec L'étrangère (Jordan, 1991). Elle y interprète une créature blonde et énigmatique qui débarque un beau jour dans une petite station balnéaire irlandaise et qui suscite la fascination d'un adolescent (ce dernier découvrira qu'elle est sa mère et qu'elle est revenue pour renouer avec son passé, c'est chouette, non ?).
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Beverly d'Angelo, Edward Norton et Edward Furlong dans America History X (Kaye, 1998) (image : www.toutecine.com)

Depuis, à l'exception de quelques petits rôles marquants au cinéma, notamment celui de la mère d'un jeune néonazi (Edward Norton) dans American History X (Kaye, 1998), Beverly d'Angelo se consacre essentiellement à la télévision (on l'a vue dans la série TV "New York Unité Spéciale" de 2003 à 2008).
Côté vie privée, elle a donné naissance à des jumeaux en 2001. Le père ? Al Pacino. Mais, les deux tourtereaux se sont séparés depuis. Ces dernières années, Beverly d'Angelo a été aperçue au cinéma dans Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo (Schlossberg & Hurwitz, 2007), Super-blonde (Wolf, 2007) et Accidental Love (O'Russell, 2015.

Publié dans Titres débiles

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