La rubrique d'Anna le Gésic : Diabolo menthe

Publié le par lefilmdujour

La rubrique d'Anna le Gésic : Diabolo menthe
Diane Kurys, 1977, film sorti en salles le 14 décembre 1977
Figurez-vous (la honte...) que je n'avais encore jamais vu Diabolo Menthe, le premier long métrage réalisé par Diane Kurys. Disons pour me justifier qu'il fallait bien trente ans de recul sur ce film, gros succès de l'époque - qui plus est doublé d'une chanson entrée depuis au patrimoine français -, pour le commenter à froid. On a les excuses qu'on peut...
Eh bien, Diabolo Menthe tient vraiment bien le coup. Diane Kurys a su dépasser la reconstitution d'époque (le film est censé se passer durant l'année scolaire 1963-1964) et les sempiternelles nunucheries de jeunes filles de 12-13 ans pour saisir avec perfection les difficultés de l'adolescence. Peut-être que Diabolo Menthe est resté dans l'imaginaire des spectateurs comme un film "mignon" avec midinettes, mais l’œuvre de Diane Kurys se situe très loin de ce cliché.
Car l'héroïne, Anne (la réalisatrice en fait, car Diabolo Menthe se veut autobiographique) est une gamine qui souffre, coincée entre une mère en instance de divorce, certes pointilleuse sur l'éducation mais privilégiant surtout son jeune amant (Anouk Ferjac, la mère pas l'amant, excellente), une sœur aînée sûre d'elle et parfois tyrannique, et des profs tous plus barjots les uns que les autres (mention spéciale pour la prof de gym campée par une géniale et méconnaissable Dora Doll). Évidemment l'interprétation de la jeune Eléanore Klarwein, dans le rôle d'une Anne fragile, hypersensible et en proie aux doutes de l'adolescence, est au-dessus de tout éloge. Elle crève l'écran et elle est pour beaucoup dans l'émotion que ressent le spectateur !
Parmi les seconds rôles, on notera avec plaisir les présences d'Yves Rénier en amant de la maman, Tsilla Chelton, future tatie Danielle, en surveillante générale (déjà) acariâtre, Dominique Lavanant en prof de maths incapable de maîtriser sa classe, et l'alors toute jeune Corinne Dacla (14 ans à l'époque) que l'on devait revoir au cinéma dans des films comme Rue barbare, Désordre ou L'union sacrée, et à la télé dans Marie Vandamme ou La kiné.
Lors d'une scène de Diabolo Menthe, on voit les jeunes filles de 13-14 ans discuter entre elles de films et s'enthousiasmer sur Muriel d'Alain Resnais, pourtant pas la plus accessible des œuvres du grand réalisateur ! Je crois qu'on serait bien en peine de trouver parmi les gamines de 13-14 ans d'aujourd'hui des spécimens de ce genre, tant l'inculture cinématographique - et l'ignorance intellectuelle tout court - s'est quasiment généralisée !
Anna le Gésic
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article