La pépée du jour n°8 : Sybil Danning (1949-)

Publié le par lefilmdujour

La pépée du jour n°8 : Sybil Danning (1949-)
Mesdames, mesdemoiselles et surtout vous, messieurs, si vous aimez les beautés germaniques qui pointent allègrement dans la catégorie Valkyrie à forte carrure et gros bonnets, vous avez frappé à la bonne porte !
Laissez-moi vous présenter la charmante - mais légèrement inquiétante - Sybil Danning, née au pays de Sissi (l’Autriche pour les incultes…) en 1949, et non en 1947 comme osent l’indiquer quelques mufles inconscients.
La pépée du jour n°8 : Sybil Danning (1949-)

Sybil Danning, une pépée pas popote à qui on ne la fait pas

Fille d'une Autrichienne et d'un soldat américain d’ascendance germano-hollandaise qui passait dans le coin, Sybille Johanna Danninger - le vrai nom de cette altière blonde à forte poitrine - passe sa tendre jeunesse entre l’Allemagne et les Etats-Unis, sa mère ayant épousé un major de l’armée US pour faire bonne figure. De retour en Autriche, notre Sybil commence à travailler dès l’âge de 16 ans et tente de percer dans la cosmétologie. Du ravalement de façade à la une des magazines de beauté, il n’y a apparemment qu’un pas, et Sybil Danning le franchit sans encombre le jour où sa blondeur nordique est remarquée par les photographes de mode.
C’est donc en 1968 que notre Pépée du jour franchit pour la première fois les portes du cinéma. Le réalisateur allemand Rolf Thiele la supplie en effet d’accepter le rôle de la nymphe Lorelei, figure légendaire de la mythologie teutonne, dans le délicat Viens, mon petit oiseau… Si le film, comme son nom ne l’indique pas, ne vole pas bien haut, l’actrice débutante, elle, fait sensation en naïade vêtue de ses seules tresses blondes et alanguie – comme de juste – sur le fameux rocher de la Lorelei, promontoire dominant le Rhin de ses 132 mètres ! Quelques mois plus tard, Sybil Danning se glisse à nouveau dans la tunique (tout aussi légère) d’un personnage mythologique en interprétant Kriemhild dans… Les fantaisies érotiques de Siegfried (Hoven, 1970) ! On l’aura compris : l’actrice, sous l’impulsion fortement intéressée des producteurs flairant le filon juteux, a trouvé son créneau. Ce sera le film érotique !
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La légende de Siegfried revue et corrigée à la sauce érotique dans Les fantaisies érotiques de Siegfried (1970) avec Sybil Danning

Dans la foulée de ces premiers essais historiques quelque peu olé-olé, auxquels il convient d’ajouter Les amours clandestines d'une aristochatte (Billian, 1971), Sybil Danning s'impose dans une spécialité cinématographique allemande du début des années 70: la production polissonne à connotation "sociologique". Dans ce type de films qui remporta un gros succès auprès de Tonton Fritz, le spectateur se voit proposer des "enquêtes" approfondies et circonstanciées sur la vie sexuelle des étudiantes, le comportement érotique (sinon erratique) de la ménagère de moins de 50 ans, ou les rapports intimes noués pendant les vacances par nos cousins germains à l'époque de ce bon Willy Brandt.
Pour sa part, la belle Sybil se contente de figurer aux génériques de chefs-d’œuvre aussi impérissables que L’amour en vacances (Hofbauer, 1971), Rapport sur la vie sexuelle de la ménagère (Schroeder, 1971), J'ai avorté, Monsieur le procureur (Houwer & Schroeder, 1971), La vie sexuelle de la femme moderne (Lenz, 1971) ou Les jeux olympiques du sexe (R. Thiele, 1972). Sans oublier le mythique Les 69 Dalmatiennes a.k.a Les folles filles du pharmacien (Antel, 1972) dont le Film du jour vous a déjà amplement vanté les mérites. Bref, Sybil Danning est au top sur l’échelle du téton teuton !

En 1972, histoire de changer son fusil d’épaule (et, accessoirement, d’enfiler une tenue décente), Sybil Danning s’essaie au giallo italien avec "La dame rouge tue sept fois" d’Emilio Miraglia

Rapidement lassée par le type de rôles qu’on lui offre, Sybil Danning profite de l’opportunité que lui confère un petit emploi de prostituée (ben tiens…) aux côtés de Richard Burton dans la superproduction Barbe-Bleue (Dmytryk, 1972) pour tenter l’aventure l’internationale. Après une incursion dans le giallo italien (L'oeil du labyrinthe, Caiano, 1972, et La dame rouge tue sept fois, Miraglia, 1972), on la découvre dans Les trois mousquetaires (Lester, 1973) et On l’appelait Milady (Lester, 1974), films adaptés du roman d'Alexandre Dumas avec Oliver Reed, Michael York, Faye Dunaway, Raquel Welch, Charlon Heston et le regretté Jean-Pierre Cassel. Elle y joue la demoiselle de compagnie de la reine Anne d’Autriche, interprétée par Geraldine Chaplin.
Dans le cadre de coproductions franco-allemandes, le cinéma hexagonal lui fait aussi appel du pied et notre Sybil est enrôlée (pas de force, on l’espère, bien que le résultat ne soit guère brillant) par Roger Vadim (le pathétique La jeune fille assassinée, 1974), Robert Lamoureux (le calamiteux Opération Lady Marlène, 1975) et même Claude Chabrol (les grotesques Folies bourgeoises, 1975).
Mais c’est dans des petits films d’action de série B que l’actrice va véritablement se révéler en femme à poigne. Elle est une fermière afrikaner n’hésitant pas à monter les chevaux à cru face au célèbre Christopher Lee dans Le souffle de la mort (Goslar, 1975). Elle défie le terrible Jack Palance dans le western Les impitoyables (Kramer, 1977). Elle joue les terroristes sadiques dans Opération Thunderbolt (1978) de l’inénarrable producteur/réalisateur d’origine israélienne Menahem Golan, film vaguement inspiré de la prise d’otages de l’aéroport d’Entebbe en Ouganda.
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Sybil Danning joue la preneuse d’otages blondinette et sadique dans Opération Thunderbolt (Golan, 1978) (image: www.sybildanning.net)

Sur sa lancée, Sybil Danning va même se frotter à Sean Connery et Natalie Wood dans Meteor (Neame, 1979), un film de science-fiction malheureusement miteux, puis à Alain Delon (en commandant de bord) et Sylvia Kristel (en hôtesse de l’air porteuse, une fois n’est pas coutume, d’un slip) dans Airport 80 : Concorde (Lowell Rich, 1979). Airport 80 : Concorde est l’ultime rejeton d’une longue suite de films consacrés aux catastrophes aériennes en tout genre dans lesquels les avions sont remplis à ras bord de vieilles stars de cinéma cachetonnant pour payer leur luxueuse (on l’espère…) maison de retraite et, accessoirement, s’acheter un déambulateur flambant neuf.
Dans Airport 80, qui succède à Airport (Seaton, 1969), 747 en péril (Smight, 1974) et Les naufragés du 747 (Jameson, 1976), Sybil Danning joue ainsi l’épouse d’un monsieur cacochyme interprété par un vétéran hollywoodien, en l’occurrence Eddie Albert, déjà à l’écran au milieu des années 30 !
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Eddie Albert et Sybil Danning survivront-ils au crash du Concorde dans Airport 80 : Concorde (Lowell Rich, 1979) ? Tout le monde s’en fout : Sybil n’est même pas en soutif ! (image: www.sybildanning.net)

La série B à petit budget reste néanmoins le terrain de prédilection de la pulpeuse donzelle. A l’aube des années 80, les cinéphiles compulsifs – et les mammophiles avertis – pointent ainsi avec intérêt sa prestation dans Les mercenaires de l'espace (Mirakami, 1980), une transposition des Sept mercenaires à la sauce Guerre des étoiles où s’affrontent des has been de Hollywood passablement défraîchis et affreusement hagards comme Robert Vaughn ou George Peppard.
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Sybil Danning en tenue seyante dans Les mercenaires de l’espace (Mirakami, 1980). Bon goût quand tu nous tiens !

Sybil Danning enchaîne avec un film de prisons de femmes intitulé Les anges du mal (Nicholas, 1983) où, en matonne un tantinet lesbienne, elle fiche la correction de sa vie à Linda Blair, l'ex-gamine de L'exorciste pourtant habituée aux mauvais traitements... Puis elle joue les dures à cuire dans un film de jungle où de pauvres filles, mannequins de leur état, sont prises en otage par des mercenaires sadiques (Les guerriers de la jungle, Von Theumer, 1983), et agrémente le tristement mémorable Hurlements 2 (Mora, 1984) de ses nibards, dévoilés une quinzaine de fois pendant le générique de fin, des fois que le spectateur peu attentif les aurait loupés !!!
Pour couronner le tout, Sybil Danning s’embarque dans une suite de films produits par la Cannon, société gérée par Menahem Golan (déjà cité) et son cousin Yoran Globus. L’actrice se distingue alors dans des sous-péplums du pauvre comme Hercule (Coates, 1983) ou Les sept gladiateurs (Mattei & Fragasso, 1983), deux productions particulièrement craignos avec le culturiste "génial dans l'inexpressivité" Lou Ferrigno (le Hulk de la série TV du même nom).
Malgré cette « belle » série de films et tous ses efforts, Sybil Danning n’arrive finalement pas à trouver les grands rôles qu’elle désire. L’actrice enrage d’autant plus que l’emploi de James Bond Girl et le rôle-titre d’Octopussy (Glen, 1983) lui échappe au profit de la non moins délicieuse Maud Adams. Notre Sybil se lance alors elle-même dans la production… mais les résultats ne sont pas plus encourageants, puisque Commando Panther (Knight, 1984), coproduit avec la firme française Eurociné, société à la réputation de pingrerie légendaire, ne rencontre qu’une audience confidentielle.
A la fin des années 80, décennie où se sont enchaînés les films plus ou moins obscurs, l’actrice décide finalement de se retirer des écrans, son avenir financier étant assuré puisqu’en 1991, elle épouse le milliardaire allemand Horst Lasse.
"Malibu Express" (Sidaris, 1985), un exemple de films d’action obscurs tournés par Sybil Danning dans les années 80. La dame aime apparemment les gros calibres… (image: www.nanarland.com)

"Malibu Express" (Sidaris, 1985), un exemple de films d’action obscurs tournés par Sybil Danning dans les années 80. La dame aime apparemment les gros calibres… (image: www.nanarland.com)

Mais l’histoire cinématographique de Sybil Danning ne s’arrête pas là. Fans des héroïnes de séries B, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez lui confient en effet en 2006 un petit rôle dans les (fausses) bandes-annonces qui accompagnent la sortie américaine de leur diptyque Boulevard de la mort/Planète terreur, hommage au cinéma d’exploitation des années 70 et 80 (en France, nous n’en avons malheureusement vu qu’une seule, celle de Machete, sorte de mercenaire basané, patibulaire et ultra-violent).
En 2006, on a donc retrouvé notre Sybil Danning en Gretchen Krupp dans la bande-annonce de Werewolf Women of the SS. Gloubiboulga décomplexé mixant loups-garous, savants nazis fous et pépées blondes sexy sanglées dans des uniformes SS, Werewolf Women of the SS se veut une sorte de réminiscence des « erosvastikas » des années 70 tels que Les SS étaient là, les Gretchen aussi (Edmonds, 1972), Les orgies du 3e Reich (Canevari, 1977) et autres Camp Spécial n°7 (Frost, 1973). La bande-annonce pas à piquer des hannetons réalisée par Rob Zombie :
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Sybil Danning et Udo Kier en 2006 dans la (fausse) bande-annonce de Werewolf Women of the SS

Séduit par la prestation d'une Sybil Danning approchant fièrement la soixantaine, Rob Zombie, un spécialiste des films d'horreur à tendance trash (La maison des 1000 morts, 2002 ; The Devil's Rejects, 2005) fait à nouveau appel à l’actrice pour un petit rôle d’infirmière dans son remake du célèbre Halloween (2007). Il n’en faut pas plus pour que Sybil reprenne goût au métier ! Depuis, la belle a tourné dans trois films… d’épouvante évidemment !
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Sybil Danning en mauvaise posture dans Halloween (Zombie, 2007)

Si vous recherchez des renseignements complémentaires sur la miss, n’hésitez pas à consulter le site officiel de Sybil Danning ! Et, pour terminer en beauté, voici un extrait des Anges du mal (1983) (sous-titré en finlandais ou en estonien) avec Sybil Danning et Linda Blair :

Publié dans La pépée du jour

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