L'oeil de Crazy Bug : L'abominable docteur Phibes

Publié le par lefilmdujour

L'oeil de Crazy Bug : L'abominable docteur Phibes
Robert Fuest, 1971, film sorti en salles le 5 juillet 1973
Avec le rôle-titre de L'abominable Docteur Phibes, grand film fantastique, Vincent Price livre sans doute là l'une de ses prestations les plus mémorables, son jeu oscillant sans cesse entre humour, outrance et... émotion.
Rendu fou de désespoir par la mort de sa femme que des médecins n'ont pu sauver, le bon docteur Phibes décide de se venger en exécutant un à un les membres de l'équipe chirurgicale. Et pas n'importe comment, s'il vous plaît ! Inventeur génial et théologien hors pair, notre "héros" a concocté des scénarios de mise à mort effrayants, inspirés des dix plaies d’Égypte (attaque de chauves-souris carnivores, masque de crapaud étouffant inexorablement la victime, exsanguination à la main, etc.). Que le spectateur sensible se rassure toutefois: il n'aura pas à endurer de scènes gore ici, le film s'inscrivant dans une tradition britannique où flegme, sang-froid et humour pince-sans-rire font bon ménage.
Dans Le diabolique Docteur Phibes, Vincent Price réussit - dans une prestation remarquable à la limite du cabotinage - à transmettre ses émotions sans prononcer une seule parole de tout le film. Brûlé et défiguré dans un accident de voiture alors qu'il se rendait au chevet de sa bien-aimée, il porte des postiches sur le visage qui lui font un masque quasi-mortuaire et l'empêchent de parler. Et ce n'est pas sa complice, une jeune femme d'une beauté envoûtante dont on ignorera tout jusqu'à la fin, qui nous fera un brin de causette. Et pour cause, elle est muette ! Le docteur Phibes n'en a pas moins inventé un système qui transforme en sons le mouvement de ses propres cordes vocales et dont il a équipé sa demeure. Organiste émérite, c'est néanmoins par le biais d'un orgue et d'un orchestre mécanique que l'homme exprime le mieux ses sentiments, lors de scènes à l'atmosphère particulièrement baroque.
Le film eut tellement de succès qu'une suite (Le retour de l'abominable Docteur Phibes comme de juste) fut tournée dans la foulée. L’œuvre a sans doute inspiré d'autres réalisateurs ou scénaristes. On pensera notamment à Seven (pour les crimes inspirés de thèmes chrétiens, les sept péchés capitaux dans le film de David Fincher) ainsi qu'à Saw (pour la mécanique du dernier crime dont je ne dévoilerai pas ici les détails particulièrement déments...).
Crazy Bug
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