Kaneto Shindo (1912-2012)

Publié le par lefilmdujour

Kaneto Shindo (1912-2012)
Le cinéaste japonais Kaneto Shindo, qui avait fêté ses 100 ans en avril dernier, est décédé le 29 mai 2012. Auteur d’une quarantaine de longs métrages, Kaneto Shindo était surtout connu pour L’île nue (1960), un film qui reste à ce jour une sorte d’OVNI cinématographique. Sonore, mais non parlante, l’œuvre s’attache à la vie d’une pauvre famille d’agriculteurs vivant sur une île dénuée de sources d’eau potable et obligée tous les jours de se rendre sur le continent en quête du précieux liquide.
Scénariste de Yoshimura, Mizoguchi et Ichikawa, Kaneto Shindo avait fondé en 1950 sa propre compagnie avant de connaître un premier succès international avec Les enfants d’Hiroshima (1952), qui traite des conséquences du bombardement atomique sur la ville où le réalisateur naquit en 1912. Après plusieurs films abordant des sujets sociaux sur une veine néoréaliste, Kaneto Shindo rencontra à nouveau la reconnaissance internationale avec L'Ile nue, grand prix du festival de Moscou en 1961.
Par la suite, le cinéaste s'engagea sur une voie plus commerciale en signant des films à connotation fantastique ou sexuelle. Œuvre érotico-horrifique, Onibaba (a.k.a La femme diabolique, a.k.a. Les tueuses) (1964) se concentre ainsi sur deux paysannes du XVème siècle (une mère et sa bru) chassées de leur village par la guerre et réfugiées dans un marécage où elles assassinent et dépouillent les soldats égarés. Jusqu’au jour où apparaît un ami du fils annoncé comme mort…
Au cours des années 1980, Kaneto Shindo reviendra sur le thème de Hiroshima avec plusieurs films et documentaires. Et il signera encore en 1994 Le testament du soir, portrait de trois femmes âgées dont l’une est interprétée par l’actrice Nobuko Ottawa, épouse du réalisateur et déjà aux génériques de L’île nue, d’Onibaba et de Kuroneko (1968), autre œuvre fantastique remarquable. Décédée en 1994, Nobuko Ottawa avait reçu à titre posthume la récompense de la meilleure actrice dans un second rôle aux "Awards of the Japanese Academy", l'équivalent nippon des Oscar américains.

Publié dans Claps de fin

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