José Luis Borau (1929-2012)

Publié le par lefilmdujour

José Luis Borau (1929-2012)
Auteur, avec Furtivos (1975), d’une œuvre majeure du cinéma hispanique, l’acteur et réalisateur espagnol José Luis Borau est décédé le 23 novembre 2012 à l’âge de 83 ans. Sans être à proprement parler un nouveau cinéaste à cette époque, José Luis Borau avait participé au renouveau du cinéma espagnol au début des années 70 en plein franquisme finissant.
José Luis Borau avait débuté derrière la caméra en signant, sous le pseudo de J.L. Boraw, le western Pour un whisky de plus (1963) et en réalisant un policier respectable (Crimen de doble filo, 1964). Selon "Histoire du cinéma espagnol" (Jean-Claude Seguin, Cinéma 128), la personnalité de José Luis Borau s’était révélée avec deux films importants : Hay que mata a B. (1973), tentative visant à associer le policier et le film politique (avec Stéphane Audran au générique), et Furtivos, vision très noire de la campagne où les pulsions les plus secrètes se font jour dans un style très allusif.
Furtivos, qui décrocha la Coquille d’or au Festival de San Sebastian, est considéré comme un film-charnière entre le franquisme et la Transition démocratique. Selon "Le cinéma espagnol" (éditions Gremese), « son affrontement avec la censure en fit un symbole politique, un exemple de résistance face à un régime agonisant. Le film peut être lu comme une réflexion sur les mécanismes du pouvoir et de la soumission ». Le rôle principal de Furtivos, celui d’une mère tyrannique et incestueuse, est interprété par Lola Gaos, actrice au physique particulier vue chez Buñuel (Viridiana, 1961 et, surtout, Tristana, 1970).
Avec « seulement » neuf longs métrages pour le cinéma à son actif, José Luis Borau signa également Sabina (1979) avec la bergmanienne Harriet Anderson, On The Line (1984) avec David Carradine et Victoria Abril, ainsi que Leo (2000) avec Marisa Peredes. Cette dernière œuvre lui permit de décrocher le Goya (l’équivalent espagnol des César) du meilleur réalisateur.

Publié dans Claps de fin

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