Ciné glouglou n°2 : U-571

Publié le par lefilmdujour

Ciné glouglou n°2 : U-571
Jonathan Mostow, 2000
Il y a une chose qui fait sourire votre serviteur quand on en vient à causer ciné glouglou : c’est l’appellation "monde du silence" qu’on colle aux films de sous-marin. Car il n’existe rien de moins silencieux que ce genre-ci. On pourrait même dire que le boucan en est la marque de fabrique. Et c’est bien normal au fond. Le réalisateur ne s’amusera jamais à proposer un travelling sur les fonds marins vu qu’il n’y a que du noir tout autour. Il ne perdra jamais non plus son temps à faire le tour du proprio vu qu’il n’y a pas la place et que de toute manière on connaît déjà l’endroit par cœur (en gros il y a le poste de commandement, la salle des torpilles, le coin du commandant, quelques lits superposés et la salle des machines). Comment meubler un film dès lors ? Et bien en faisant du bruit justement ! Mais alors, un sacré vacarme, hein ! Ça explose dans tous les sens, ça grince affreusement et ça éclate en geysers de flotte assourdissants.
Justement, notre long métrage du jour se trouve être le champion du genre. Il a d’ailleurs reçu l’Oscar des meilleurs effets sonores. Le réalisateur nous en met plein la vue (ou plutôt les oreilles) en multipliant les scènes d’attaques à la grenade. Le pauvre rafiot en subit ainsi trois, toutes plus violentes les unes que les autres. Un véritable feu d’artifice. Si j’étais méchant je dirais qu’il s’agit du seul intérêt du film. Mais comme je ne le suis pas, je me contenterai de le penser très fort.
Le pitch : 1942, les U-Boot allemands sèment la terreur dans l’Atlantique. Les Alliés voudraient bien les éliminer mais ils n’ont pas le code que les sous-marins nazis utilisent pour communiquer. Or il se trouve que l’un d’entre eux a été touché et dérive entre les lignes. Hop, ni une ni deux : on maquille un sous-marin allié en rafiot nazi et on part récupérer en douce la fameuse machine à (dé)coder en se faisant passer pour des Allemands. Seulement on ne le dit à personne, secret oblige, pas même à ses copains. Du coup, le danger ne vient pas forcément d’où l’on croit. Mais la mission réussira et, grâce à cela, les Alliés gagneront la guerre. Oups, j’ai raconté la fin…
Commençons par la polémique qui a entouré la sortie du film. Ce fait d’arme est authentique et il a été réalisé par les hommes de la Royal Navy anglaise. Seulement voilà, le film est hollywoodien. L’exploit ne peut avoir été réalisé, en conséquence, que par des gars de l’US Navy. Ce détournement est un pur scandale qui fit s’étrangler quelques députés british et qui souligne s’il en était besoin le mépris dans lequel Hollywood tient la vérité historique et la contribution des alliés des États-Unis à la victoire finale.
Bref, concentrons-nous sur le film lui-même. On dira que c’est du bon ciné glouglou, qui se laisse regarder. Il y a quelques idées bienvenues, comme cette plongée en urgence d’un sous-marin allemand piloté par des Américains (pardon des Anglais) qui ne comprennent rien aux commandes. On dira que le film passe à côté de son sujet : comment un équipage allié arraisonne un bâtiment allemand mais s’en trouve soudain prisonnier et contraint de se battre contre ses propres amis. Secret vicieux, ambiguïté ami/ennemi : on imagine sans peine combien se régaleraient d’une telle situation des réalisateurs comme David Cronenberg ou Ridley Scott. Seulement voilà, U-571 est réalisé par Jonathan Mostow, auteur de l’inénarrable Terminator 3.
Soulignons le casting correct avec un Matthew McConaughey présentable en chef de bande so human et un Harvey Keitel en vieux de la vieille sympathique dont on ne peut toutefois s’empêcher de penser « Mais qu’est-il allé faire dans cette galère ? ». Après tout, c’est du ciné glouglou.
On notera enfin la présence de Jon Bon Jovi, hard rocker mielleux des années 80, transformé pour l’occasion en un Lt. Pete Emmett méritant de la patrie américaine (pardon anglaise).
Fab Free

Publié dans Ciné glouglou

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