Ciné glouglou n°1 : L'odyssée du sous-marin Nerka

Publié le par lefilmdujour

Ciné glouglou n°1 : L'odyssée du sous-marin Nerka
Robert Wise, 1958
Le film de sous-marin appartient à la catégorie dite « de genre », sous-compartiment « de guerre », option « glouglou ». Voilà, c’est dit. Pourquoi aller plus loin ? Et bien parce que votre serviteur s’est récemment passionné pour ce type de longs métrages pour des raisons qu’il serait bien en peine d’expliquer. Cet étrange penchant pour les fonds marins, doublé de l’insistance du rédac'chef du Film du jour, l’a poussé à rédiger ce mémo.
Or donc, sachez, cinéphiles incultes, qu’un film de sous-marin, quel qu’il soit, sacrifie à trois exercices de style : le combat de torpilles, la chute dans les abysses (avec record de plongée à la clef), le tout sur fond d’opposition latente entre le commandant de bord et son second (c’est l’effet huis clos). Essayez, vous verrez, TOUS les films de genre catégorie « de guerre », option glouglou, y passent. Maintenant que vous êtes dans le bain (elle est bonne), passons à la projection du jour.
L’odyssée du sous-marin Nerka fait figure de classique du genre. Du reste, comment en serait-il autrement quand on sait qu’il s’agit de la seule et unique affiche hollywoodienne réunissant les deux monstres sacrés ultimes que sont Clark Gable et Burt Lancaster ? Le film sort en 1958, sous le titre original (autrement plus sexy) Run Silent, Run Deep. Les producteurs, HHL (pour Hecht-Hill-Lancaster lui-même), avaient pris la bonne habitude d’alterner films « à risque » et films grand public. Le grand chantage, opus précédent, avait été acclamé par la critique, un peu moins par le public. Le temps était donc venu pour HHL de produire un bon gros spectacle des familles américaines. Allez hop, un best-seller de Edward L. Beach, un casting géant, un réalisateur chevronné (Robert Wise) et le tour fut joué, qui plus est avec un grand succès critique.
Le pitch ? Le commandant « Rich » Richardson (Clark G.) n’a de cesse de traquer l’Akikaze, un destroyer japonais, quitte à enfreindre les ordres de l’amirauté, au grand dam de son second Jim Bledsoe (Burt L.). Tout ça parce que le méchant Akikaze a envoyé par le fond son sous-marin précédent. Mais il va voir ce qu’il va voir ce coup-là !
Le film, même s’il est une réussite du genre, laisse une impression mitigée. Le décor est très réaliste et les ambiances de confinement bien rendues, mais la mise en scène paraît très convenue et figée. Le face-à-face Gable-Lancaster en pâtit durement. Lancaster, en particulier, semble un peu perdu et ne pas savoir comment se placer face à son aîné. On aimerait un combat homérique et on n’a qu’un affrontement feutré qui tombe un peu à plat. L’intrigue est, elle aussi, très pauvre (même pour du ciné glouglou).
On ajoutera, enfin, que ces films, à l’instar des films de science-fiction (dont ils sont très proches) souffrent beaucoup de l’effet du temps. Ici les bateaux explosent en mille morceaux comme de jolies maquettes truffées de gros pétards. Disons que L’odyssée du sous-marin Nerka avance quelques idées nouvelles (notamment cet acharnement du commandant à faire plonger son bâtiment dans des délais jugés a priori impossibles) mais que ces idées seront reprises par les films ultérieurs de manière autrement plus efficace.
Au final le « Nerka » vaut quand même le coup d’œil. Mais si vous devez choisir, optez bien entendu pour Le grand chantage.
Fab Free

Publié dans Ciné glouglou

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