Ben Gazzara (1930-2012)

Publié le par lefilmdujour

Ben Gazzara (1930-2012)
Quelques mois après Peter Falk, c’est un autre acteur fétiche de John Cassavetes qui tire sa révérence. Ben Gazzara est décédé le 3 février 2012 d’un cancer du pancréas à l’âge de 81 ans.
Devant la caméra de Cassavetes, Ben Gazzara avait interprété l’un des maris en bordée, plongés en plein questionnement existentiel, de Husbands (1970), le patron de boîte en prise avec la mafia de Meurtre d’un bookmaker chinois/Le bal des vauriens (1975) et le metteur en scène confronté à la dérive de son actrice (Gena Rowlands) dans Opening Night (1977). Coïncidence troublante, c’est aux côtés de Gena Rowlands que l’acteur avait fait l’une de ses dernières apparitions sur grand écran, dans le sketch de Paris je t’aime (2005) réalisé par Gérard Depardieu et Frédéric Auburtin.
Ben Gazzara (1930-2012)

Gena Rowlands et Ben Gazzara dans Opening Night (Cassavetes, 1977) (image : www.toutlecine.com)

Fils d’émigrés siciliens, Ben Gazzara avait intégré le fameux Actor’s Studio au début des années 50. C'est là qu'il est repéré par Elia Kazan qui lui confie le rôle principal de la version scénique de « La chatte sur un toit brûlant » en 1955. A la même époque, l'acteur joue déjà à la télévision où il mènera une carrière ininterrompue jusqu'en 2006.
C’est en 1957 que Ben Gazzara fait ses débuts sur grand écran et déjà dans un premier rôle, celui d’un cadet sadique dans l’oublié Demain ce seront des hommes de Jack Garfein. Sa première prestation unanimement remarquée le voit encore engoncé dans l’uniforme militaire, celui du lieutenant accusé du meurtre du violeur de sa femme dans Autopsie d’un meurtre (1959) d’Otto Preminger.
Ben Gazzara (1930-2012)

James Stewart et Ben Gazzara dans Autopsie d'un meurtre (Preminger, 1959) (image : www.toutlecine.com)

Par la suite, durant soixante ans de carrière, Ben Gazzara diversifiera ses rôles, ne s’intégrant dans aucune chapelle et passant allègrement des grosses machines hollywoodiennes (Le pont de Remagen, 1969, Guillermin) aux œuvres « familiales » de John Cassavetes, en passant par des productions Corman (il interprète le rôle-titre de Capone de Steve Carver en 1975), le cinéma indépendant et l'Italie. On se souviendra notamment de l’acteur en avatar de Bukowski face à Ornella Mutti dans Conte de la folie ordinaire (1981) de Marco Ferreri. Une Ornella Mutti que Ben Gazarra retrouvera un an plus tard dans La fille de Trieste (1982) de Pasquale Festa Campanile.
Ben Gazzara (1930-2012)

Ben Gazzara et Ornella Mutti dans La fille de Trieste (Festa Campanile, 1982) (image : www.cinema.de)

Tournant par deux fois sous la direction de Peter Bogdanovich (Jack le magnifique, 1978 ; Et tout le monde riait, 1980), Ben Gazzara s’éloigne du cinéma hollywoodien dans les années 80 pour rallier les plateaux italiens. A la fin des années 90, l’acteur reviendra toutefois en force dans le cinéma américain en tournant pour des réalisateurs indépendants reconnus comme David Mamet (La prisonnière espagnole, 1997), les frères Coen (The Big Lebowski, 1997, avec la fameuse bite dessinée…), Vincent Gallo (Buffalo 66, 1998), Todd Solondz (Happiness, 1998, où il interprète un patriarche désabusé assez hilarant) ou Spike Lee (Summer of Sam, 1999).
Ben Gazzara (1930-2012)

Nicole Kidman et Ben Gazzara dans Dogville (Von Trier, 2002) (image : www.toutlecine.com)

Dans les années 2000, Ben Gazzara avait participé, tout comme Nicole Kidman, James Caan et Lauren Bacall, à l’aventure Dogville (2002) de Lars Von Trier, son dernier film réellement marquant. Ultime clin d’œil, il était encore apparu en 2010 dans le film de Samuel Benchetrit, Chez Gino, sorti en mars 2011 sur les écrans français.

Publié dans Claps de fin

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