Michael Lonsdale (1931-2020)

Publié le par lefilmdujour

Près de 140 longs métrages tournés pour le cinéma et de nombreuses participations à des courts métrages, avec un sens de l’éclectisme qui force le respect entre, d'un côté, les audaces quasi expérimentales de Marguerite Duras (Détruire dit-elle, 1969 ; Jaune le soleil, 1971 ; India Song, 1974 ; Son nom de Venise dans Calcutta désert, 1975) et de Marcel Hanoun (L’Authentique procès de Carl-Emmanuel Jung, 1967 ; L’Hiver, 1969 ; Le Printemps, 1970 ; L’Automne, 1971 ; La Vérité sur l’imaginaire passion d’un inconnu, 1973) et, de l’autre, un De Funès réussi (Hibernatus, Molinaro, 1969, où il est le médecin spécialiste de l’hibernation) et un James Bond emblématique (il est le méchant de Moonraker, L. Gilbert , 1979, face à Roger Moore).

Louis de Funès, Claude Gensac et Michael Lonsdale dans Hibernatus (1969)

L’acteur franco-britannique Michael Lonsdale est décédé le 21 septembre 2020 à l’âge de 89 ans. Sa longue carrière, qui couvre aussi bien le théâtre que la télévision et le cinéma, avait été couronnée par le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Des hommes et des dieux (2009) de Xavier Beauvois.

Michael Lonsdale et Sabrina Ouazani dans Des hommes et des dieux (2009)

La liste des réalisateurs français qui ont travaillé avec Michael Lonsdale est proprement impressionnante et s’étend de Jean-Pierre Mocky (9 films de Snobs, 1961, au Renard jaune, 2012, en passant par La Bourse et la vie, 1965, Les Compagnons de la marguerite, 1966, La Grande lessive, 1968, L’Étalon, 1969, Chut ! 1971, Un linceul n’a pas de poches, 1974, et Le Furet, 2003) à François Ozon (5 x 2, 2004), en passant par Michel Deville (Une balle dans le canon, 1958 ; Adorable menteuse, 1961), Gérard Oury (La Main chaude, 1958), Jacques Doniol-Valcroze (La Dénonciation, 1961), François Truffaut (La Mariée était en noir, 1967 ; Baisers volés, 1968), Louis Malle (Le Souffle au cœur, 1970), Marcel Carné (Les Assassins de l’ordre, 1970), Jacques Rivette (Out One : Spectre, 1970), Georges Lautner (Il était une fois un flic, 1971), Alain Robbe-Grillet (Glissements progressifs du plaisir, 1973), Alain Resnais (Stavisky, 1973), Costa-Gavras (Section spéciale, 1974), Yves Boisset (Folle à tuer, 1975), Jean Eustache (Une sale histoire, 1977), Jean-Jacques Annaud (Le Nom de la rose, 1986), Jean-Daniel Pollet (Dieu sait quoi, 1994 ; Ceux d’en face, 2001) ; Claude Sautet (Nelly et Monsieur Arnaud, 1995) et Bertrand Blier (Les Acteurs, 1999).

Michael Lonsdale est le seul acteur à avoir embrassé Sean Connery sur la bouche - dans Le Nom de la rose (1986)

Et nous n'oublierons pas son travail pour les réalisatrices Nelly Kaplan (Papa les petits bateaux, 1971), Liliane de Kermadec (Aloïse, 1975), Catherine Binet (Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz, 1980) et Catherine Breillat (Une vieille maîtresse, 2006).

Michael Lonsdale aux côtés de Mathieu Amalric dans Munich (2005)

Michael Lonsdale a aussi tourné sous la direction de metteurs en scène étrangers majeurs comme Orson Welles (Le Procès, 1962), Fred Zinnemann (Chacal, 1973), Luis Buñuel (Le Fantôme de la liberté, 1974), Joseph Losey (Une Anglaise romantique, 1975 ; Monsieur Klein, 1976), Peter Handke (La femme gauchère,  1977), Hugh Hudson (Les Chariots de feu, 1980), Ruy Guerra (Erendira, 1983), Dino Risi (Le Bon roi Dagobert, 1984), Raoul Ruiz (L’Eveillé du pont de l’Alma, 1985), John Frankenheimer (Le Pacte Holcroft, 1985 ; Ronin, 1998), Wojciech Has (Les Tribulations de Balthasar Kober, 1988), James Ivory (Les Vestiges du jour, 1993 ; Jefferson à Paris, 1994, où il est Louis XVI), Steven Spielberg (Munich, 2005), Milos Forman (Les Fantômes de Goya, 2005), Alejandro Amenabar (Agora, 2008), Manoel de Oliveira (Gebo et l’ombre, 2011).

Claude Rich, Michael Lonsdale, Charles Denner (de dos) et Michel Bouquet dans La Mariée était en noir (1967)

On mettra en exergue les films où Michael Lonsdale se glisse dans une troupe d’acteurs de sa génération comme Les Copains (1964) d’Yves Robert (avec Philippe Noiret, Claude Rich, Pierre Mondy, Christian Marin, Guy Bedos et Jacques Balutin), La Mariée était en  noir, évidemment, où il est en butte à la vindicte de Jeanne Moreau tout comme Michel Bouquet, Charles Denner, Daniel Boulanger et Claude Rich, La Traque (1974) de Serge Leroy, où les notables d’une petite ville se mettent à chasser une jeune femme (Mimsy Farmer) et où Michael Lonsdale côtoie Jean-Luc Bideau, Philippe Léotard, Jean-Pierre Marielle, Michel Robin ou Paul Crauchet, ou bien encore L’Imprécateur (1976) de Jean-Louis Bertucelli où l’acteur incarne un cadre supérieur d’une entreprise aux côtés de Jean Yanne, Michel Piccoli, Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Marielle.

Catholique engagé et proche de la Communauté de l’Emmanuel , Michael Lonsdale était le demi-frère du réalisateur Gérald Calderon, décédé en 2014.

Publié dans Claps de fin

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