Annie Cordy (1928-2020)

Publié le par lefilmdujour

Par Georges Biard, CC BY-SA 3.0,

Chanteuse, meneuse de revue, artiste de music-hall, mais aussi actrice sur scène, au cinéma et à la télévision, l'infatigable Annie Cordy est décédée le 4 septembre 2020 à l’âge de 92 ans.

Annie Cordy, c’est pratiquement 70 ans de carrière et quasiment 700 chansons au répertoire avec des titres culte qui ont ravi des générations comme La Bonne du curé, Frida Oum Pa Pa, Tata Yoyo ou Cho Ka Ka O… Mais Annie Cordy, c’est aussi une quarantaine de films tournés pour le cinéma.

C'est en 1953 dans Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry qu'elle apparaît pour la première fois dans un long métrage. Peu après, Annie Cordy retrouve sur grand écran deux acteurs/chanteurs qu'elle a déjà côtoyés à la scène : Bourvil dans Poisson d'avril (Grangier, 1954), puis Luis Mariano (et Bourvil encore) dans Le Chanteur de Mexico (Pottier, 1956). En tête d'affiche de Cigarettes, whisky et p'tites pépées (Régamey, 1958) et de Tête folle (Vernay, 1959), la comédienne semble alors se spécialiser au cinéma dans le comique. D'autant qu'elle joue par quatre fois sous la houlette du réalisateur Raoul André, spécialiste du petit film du samedi soir sans prétention (Ces dames s'en mêlent, 1964 ; Ces messieurs de la famille, 1967 ; Le Bourgeois gentil mec, 1969 ; Ces messieurs de la gâchette, 1969, et La Dernière bourrée à Paris, 1973).

Aux côtés de Marlène Jobert dans Le Passager de la pluie (1969)

Mais sa prestation poignante et tout en nuances dans Le Passager de la pluie de René Clément en 1969 la fait changer de catégorie. Annie Cordy se voit alors confier des rôles loin d'être rigolos par Claude Chabrol (La Rupture, 1970), Pierre Granier-Deferre (Le Chat, 1970) - avec Jean Gabin et Simone Signoret -, Sergio Gobbi (Les Galets d'Etretat, 1971), Claude Bernard-Aubert (Les Portes de feu, 1971) ou Serge Leroy (Le Mataf, 1973). Dans Rue haute (Ernotte, 1976), en femme hantée par le passé et sombrant peu à peu dans la folie, Annie Cordy est bouleversante.

Aux côtés de Jean Gabin dans Le Chat (1970)

Au début des années 1980, la comédienne délaisse un peu le cinéma. En 2006, Annie Cordy n'en est pas moins encore étonnante dans Le Dernier des fous de Laurent Achard (Prix Jean-Vigo 2006), où elle interprète une grand-mère dure à la tête d'une famille où règnent les non-dits et les névroses.

Depuis, on l'avait vue en mère de Franck Dubosc dans Disco (Onteniente, 2007), en tante belge de Catherine Frot dans Le Crime est notre affaire (P. Thomas, 2008) et en voisine curieuse dans Les Herbes folles (Resnais, 2008).

Aux côtés de Mathieu Spinosi dans Les Souvenirs (2014)

Plus récemment, Annie Cordy avait joué une vieille dame riche passant de vie à trépas dans Le Dernier diamant (2013) d'Eric Barbier, incarné une grand-mère qui s’échappe de sa maison de retraite dans Les Souvenirs (2014) de Jean-Paul Rouve (photo ci-contre), une prestation saluée par l’ensemble de la critique, partagé l’affiche du Cancre (2015) de Paul Vecchiali avec Catherine Deneuve,  Françoise Arnoul, Françoise Lebrun, Edith Scob et Marianne Basler, apparu une dernière fois sur grand écran dans Tamara, volume 2 (2017) d’Alexandre Castagnetti.

Publié dans Claps de fin

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