John Saxon (1936-2020)

Publié le par lefilmdujour

Beau brun ténébreux à la carrière fournie et éclectique qui s’étend des films de rock des années 1950 à la série horrifique des Freddy en passant notamment par les giallos italiens, les westerns et les films de kung-fu, l’acteur américain John Saxon est décédé le 25 juillet 2020 à l’âge de 83 ans.

D’origine italienne, né sous le nom de Carmine Orrico et parfaitement bilingue, John Saxon se lance dans le cinéma dans les années 1950. Après deux apparitions non créditées dans des œuvres de George Cukor (Une femme qui s’affiche, 1953 ; Une étoile est née, 1954), on le découvre dans des films de « rock » où Hollywood cherche à surfer sur un mouvement qui attire les ados.

Il côtoie l’inénarrable Mamie Van Doren dans Le Gang des jeunes (A. Biberman, 1955) puis Sal Mineo dans Rock Pretty Baby (Bartlett, 1956). Son physique lui permet aussi de jouer dans des comédies sentimentales comme Vacances d’amour (Haas, 1957), Le Démon de midi (Edwards, 1957) et Qu’est-ce que maman comprend à l’amour ? (Minnelli, 1958) où il forme un couple avec Sandra Dee (photo ci-dessous) que l’acteur retrouve dans Des jeux pour pleurer (Kaütner, 1958).

A cette époque, John Saxon travaille sous la direction de réalisateurs majeurs comme, outre Vincente Minnelli et Blake Edwards, Frank Borzage (la fresque biblique Simon le pêcheur, 1959), John Huston (le western Le Vent de la plaine, 1959, avec Audrey Hepburn et Burt Lancaster) et Otto Preminger (Le Cardinal, 1963).

Son côté ténébreux lui ouvre également la voie des polars et des films d’action : La Fin d’un voyou (Stanley, 1959) où il partage l’affiche avec Linda Cristal, décédée il y a quelques semaines, Meurtre sans faire-part (Gordon, 1960), où il renoue avec Sandra Dee, Les Ravageurs (1965) du réalisateur philippin Eddie Romero

Le tournage en Italie du policier La Fille qui en savait trop (1962) de Mario Bava, où il est la vedette masculine face à Valentina Cortese, lui ouvre en grand le cinéma de genre transalpin… et le cinéma de genre tout court. John Saxon confirme son nouveau statut dans The Night Caller (a.k.a. Blood Beast from Outer Space, 1965) de John Gilling, Queen of Blood (1966) de Curtis Harrington, Aujourd’hui ma peau, demain la tienne (1968), western-spaghetti d’Enzo G. Castellari.

Parallèlement, l’acteur tourne beaucoup pour la télévision tout en refaisant quelques incursions dans le cinéma hollywoodien : L’Homme de la sierra (Siegel, 1966) avec Marlon Brando, Les Meurtriers (J. Thorpe, 1968) avec Van Johnson et Ray Milland, Joe Kidd (J. Sturges, 1972) avec Clint Eastwood.

Sa connaissance du karaté (il est ceinture noire) lui vaut de figurer aux côtes de Bruce Lee et de Jim Kelly (photo ci-contre) dans Opération dragon (Clouse, 1973). Il est aussi au générique de l’un des premiers slashers américains, Black Christmas (1973) de Bob Clark, un film où les cadavres de jeunes filles s’empilent dans une résidence étudiante en pleine période de Noël. Dans les années 1970, fidèle à l’Italie, John Saxon participe à la vogue des polars urbains de la péninsule et figure aux génériques d’œuvres comme Spécial Magnum (De Martino, 1975), SOS Jaguar, opération casseurs (Lenzi, 1976), 44 Spécial (Massi, 1976), Opération Jaguar (M. Girolami, 1976), Calibre 44, agent très spécial (Massi, 1976), Le Cynique, l’infâme, le violent (Lenzi, 1977)…

Même si l’acteur empile les séries B voire Z et les films d’horreur (Pulsions cannibales, Margheriti, 1980),  on le voit aussi chez David Cronenberg (Fast Company, 1978), Milos Forman (Le Cavalier électrique, 1979) et Richard Brooks (Meurtres en direct, 1981 ; La Fièvre du jeu, 1985). En 1982, Dario Argento lui confie le rôle de l’agent littéraire de l’écrivain joué par Anthony Franciosa dans Ténèbres (1982) (photo ci-dessus) et, deux ans plus tard, c’est Wes Craven qui fait appel à lui pour incarner le lieutenant de police et père de l’héroïne (Heather Langenkamp) aux prises avec Freddy Krueger dans Les Griffes de la nuit (1984). Un rôle qu’il reprendra dans Freddy 3, les griffes du cauchemar (1987) de Chuck Russell.

Bon an mal an, John Saxon n’arrêtera pas de tourner par la suite aussi bien pour le cinéma (Atomic Cyborg, Martino, 1986 ; Le Flic de Beverly Hills 3, Landis, 1994 ; Une nuit en enfer, Rodriguez, 1997) que pour la télévision (Dynastie, Falcon Crest, Melrose Place…) et ce jusqu’à la fin de sa vie. L’acteur, qui avait remporté le Golden Globe de la révélation en 1958 pour Le Démon de midi, s’en est allé, fort de près de 200 participations à des films, téléfilms ou séries TV en près de 70 ans de carrière.    

Publié dans Claps de fin

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