Edith Scob (1937-2019)

Publié le par lefilmdujour

Décédée le 26 juin 2019 à l'âge de 81 ans, la comédienne française Édith Scob avait été les Yeux sans visage dans le film réalisé par Georges Franju en 1959 où, jeune fille défigurée, elle portait un masque blanc sans expression et communiquait uniquement par le regard. Un masque qu’elle avait porté à nouveau plus de cinquante ans plus tard à la fin de Holy Motors (2011) de Leos Carax ; elle y incarnait la conductrice de la limousine blanche qui emmène un homme d’affaires très riche (Denis Lavant) vers ses nombreux rendez-vous. Ce rôle lui avait valu une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle.

Aussi prolifique au théâtre qu’au cinéma, Édith Scob, dont la voix était belle et originale, avait joué dans près de soixante-dix longs métrages tournés pour le grand écran. C’est le cinéaste Georges Franju, avec qui elle tourne six films (dont le téléfilm Le Dernier mélodrame en 1978), qui la révèle au cinéma. Elle débute au 7e art en 1958 dans La Tête contre les murs où elle est la folle qui chante dans un asile où atterrit Jean-Pierre Mocky. Un an plus tard, elle tourne Les Yeux sans visage (photo ci-dessus) puis retrouve Franju dans l’adaptation du roman de François Mauriac, Thérèse Desqueyroux (1962), où elle est la meilleure amie d’Emmanuelle Riva qui tient le rôle-titre. Le réalisateur fait encore appel à Édith Scob dans la comédie policière Judex (1963), puis dans Thomas l’imposteur (1964), d’après l’œuvre de Jean Cocteau.

On la croise ensuite chez Buñuel (La Voie lactée, 1968, où elle est la Vierge Marie, photo ci-contre), Bertrand Van Effenterre (Erica Minor, 1973), Jean-Daniel Pollet (L’Acrobate, 1975), Raoul Ruiz (avec qui elle tourne six films : La Vocation suspendue, 1978 ; Le Temps retrouvé, 1998, d’après Marcel Proust, où elle est Oriane de Guermantes ; La Comédie de l’innocence, 2000 ; Les Âmes fortes, 2000 ; Ce jour-là, 2002 ; Le Domaine perdu, 2004), René Féret (Baptême, 1989), Leos Carax (Holy Motors), Jacques Rivette (Jeanne la pucelle, 1993), Andrzej Zulawski (La Fidélité, 1999).

Mais la comédienne joue aussi dans des films plus populaires et travaille avec Henri Verneuil (1000 milliards de dollars, 1981), Jean Becker (L’Eté meurtrier, 1983), Yves Boisset (Radio corbeau, 1988), Tonie Marshall (Vénus Beauté Institut,  1998), Christophe Gans (Le Pacte des loups, 2000), Pitof (Vidocq, 2001), Patrice Leconte (L’Homme du train, 2002), Jean-Paul Rappeneau (Bon voyage, 2002)…

Son rôle dans L’Heure d’été (2004) d'Olivier Assayas, où elle est la mère, dont on fête les 75 ans, de Charles Berling, Juliette Binoche et Jérémie Rénier, lui vaut sa première nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle.

Édith Scob avait tout récemment joué la grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer du personnage joué par Joséphine Japy dans Mon inconnue (2018) de Hugo Gélin. A la télévision, on se souviendra d’Édith Scob dans la série TV La Poupée sanglante dans les années 1970, ainsi que dans le rôle de la Mère supérieure aux côtés de Dominique Lavanant dans Sœur Thérèse.com tout au long des années 2000.   

Publié dans Claps de fin

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