Anémone (1950-2019)

Publié le par lefilmdujour

Elle tenait son pseudonyme du premier film dans lequel elle avait tourné ; c’était en 1967 pour le cinéaste Philippe Garrel qui tournait lui aussi son premier long métrage. La comédienne Anémone, qui restera pour le grand public Thérèse, la bénévole BCBG coincée de SOS Détresse Amitié dans Le Père Noël est une ordure (Poiré, 1982), est décédée le 30 avril 2019 à l’âge de 68 ans des suites d’une longue maladie.

Associée à André Dussolier dans Le Couple témoin (1976) de William Klein dans le cadre d’une expérience filmée censée déterminer les mœurs et les attentes du couple pour l’an 2000, elle se voit confier par Coluche le rôle de Lucienne, la cousine du roi Gros Pif Ier, dans Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine (Coluche, 1977). Anémone, qui avait débuté au café-théâtre avec la troupe du Splendid et qui a créé sur scène Le père Noël est une ordure en 1979, enchaîne alors de nombreuses comédies avec les membres historiques du Splendid avec qui elle acquiert la popularité et la sympathie du grand public : Je vais craquer (Leterrier, 1979) avec Christian Clavier, Viens chez moi, j’habite chez une copine (Leconte, 1980) avec Michel Blanc, Quand tu seras débloqué, fais-moi signe (Leterrier, 1981) avec Clavier et Marie-Anne Chazel, Ma femme s’appelle reviens (Leconte, 1981) avec Blanc, Pour 100 briques t’as plus rien (Molinaro, 1982) avec Gérard Jugnot, Le Père Noël est une ordure, donc, Le Quart d’heure américain (Galland, 1982) avec Jugnot, Un homme à ma taille (Carducci, 1983) avec Thierry Lhermitte, Tranches de vie (Leterrier, 1984) avec Clavier, Chazel et Balasko, Le Mariage du siècle (Galland, 1985) avec Lhermitte…

Mais Anémone a déjà amorcé un tournant dans sa carrière. Le réalisateur Michel Deville lui a confié en 1984 une partition dramatique dans Péril en la demeure, où elle incarne une voyeuse ambiguë et handicapée et qui lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle. Vue dans I Love You (1986) de Marco Ferreri, Anémone remporte en 1988 le César de la meilleure actrice pour le rôle tout en sensibilité de Marcelle dans Le Grand chemin (Hubert, 1987) face à Richard Bohringer qui, lui, décroche le César du meilleur acteur. Lors de la cérémonie, elle fait une apparition décalée sur scène où elle déclare son amour à Richard Anconina avec qui elle a joué dans Envoyez les violons (1987), une comédie de Roger Andrieux.

Anémone travaille ensuite pour Gérard Jugnot réalisateur (Sans peur et sans reproche, 1988), retrouve Philippe Garrel (Les Baisers de secours, 1989), joue les mamans ex-détenues et débrouillardes pour Romain Goupil (Maman, 1989)… Dans les années 1990, l’actrice continue d’enchaîner les films avec moins de succès au box-office cependant. En 1992, elle tient toutefois un magnifique rôle dans Le petit prince a dit (1992) de Christine Pascal, où elle forme un couple divorcé avec Richard Berry autour d’une enfant atteinte d’une très grave maladie. Dans Pas très catholique (1994) de Tonie Marshall, elle est une femme borderline qui a rompu avec ses origines bourgeoises (des origines qu’Anémone partage avec son personnage). Ces deux rôles lui valent tous deux à nouveau des nominations au César de la meilleure actrice.

Après avoir incarné Raymonde Bidochon dans Les Bidochon (1995) de Serge Korber, gros échec public, Anémone sera encore la Voisin, tueuse en série du XVIIe siècle, dans Marquise (1997) de Véra Belmont, puis la mère du peintre Toulouse-Lautrec dans Lautrec (1997) de Roger Planchon, nouvelle nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle à la clé.

Tout en se tournant de plus en plus vers le théâtre (jouant dans L’Avare pour Roger Planchon), la comédienne n’en continue pas moins d’apparaître de temps en temps au cinéma comme dans Ma femme s’appelle Maurice (Poiré, 2002), Voisins Voisines (Chibane, 2004), Le Petit Nicolas (Tirard, 2008), Jacky au royaume des filles (Sattouf, 2012), Le Grimoire d’Arkandias (Castagnetti et Simonet, 2014), Je suis à vous tout de suite (Kasmi, 2014), Le Grand partage (Leclère, 2015) , Rosalie Blum (J. Rappeneau, 2015) ou La monnaie de leur pièce (Le Ny, 2016), sa dernière apparition sur grand écran.

Publié dans Claps de fin

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