Dušan Makavejev (1932-2019)

Publié le par lefilmdujour

Représentant de la Vague noire yougoslave, mouvement cinématographique des années 1960 et du début des années 1970, au même titre qu’un Aleksandar Petrović plus réputé (J’ai même connu des Tziganes heureux, 1967), le réalisateur Dušan Makavejev est décédé le 25 janvier 2019 à l’âge de 86 ans.

 

Ses trois premiers longs métrages (L’Homme n’est pas un oiseau, 1965 ; Une affaire de cœur, 1966 ; Innocence sans protection, 1968) avaient remporté des succès critiques. Le premier mélange trois histoires qui se déroulent dans une ville métallurgique du sud-est la Serbie, le deuxième critique en filigrane la société yougoslave, tandis que le troisième, un essai cinématographique, remporte l’Ours d’argent au festival de Berlin.

 

Son quatrième film, W.R.: les Mystères de l'organisme (1971), qui aborde les thèmes de la sexualité, fait sensation pour la liberté du propos. Il est interdit en Yougoslavie et pousse Dušan Makavejev à l’exil (qui durera jusqu’en 1988). En 1973, il réalise au Canada Sweet Movie (1973) avec Carole Laure, Anna Prucnal, Pierre Clémenti et Sami Frey, oeuvre qui provoque des polémiques dans de nombreux pays à cause de son contenu à caractère sexuel. Le spectateur plus ou moins émoustillé y suit les tribulations de Miss Monde 1984, épousée et répudiée par Mr. Kapital, séduite par El Macho, se retrouvant dans une communauté thérapeutique viennoise pratiquant la régression collective et finissant noyée dans le chocolat fondu. Une scène passée à la postérité… au grand dam d’une Carole Laure engluée sous le Nutella !

 

Il faudra attendre pratiquement huit ans avec que Dušan Makavejev ne réalise un nouveau film avec Les Fantasmes de Madame Jordan (1981), comédie noire avec Susan Anspach et Erland Josephson et son plus gros succès public. Il signera encore Coca-Cola Kid (1985) avec Greta Scacchi et Eric Roberts, Pour une nuit d’amour (1988) d’après la nouvelle du même nom d’Emile Zola, et Gorilla Bathes at Noon (1993), présenté au festival de Berlin mais inédit en France.

Publié dans Claps de fin

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