Lester James Peries (1919-2018)

Publié le par lefilmdujour

Père du cinéma sri-lankais, le réalisateur Lester James Peries est décédé le 29 avril 2018 à l’âge de 99 ans.

Lester James Peries réalise de premiers films expérimentaux en Grande-Bretagne  à la fin des années 1940 avant de retourner dans son pays natal et de signer des documentaires. Son premier long métrage de fiction, La Ligne du destin (a.k.a. La Ligne de chance de Rekawa) (1954), fait date dans l’histoire du cinéma sri-lankais en donnant une identité à ce cinéma national. En vacances à Ceylan, l’actrice allemande Maria Schell voit le film et le suggère pour le festival de Cannes où les Français, les Allemands, les Anglais et les Russes l’achètent (Dictionnaire du cinéma asiatique, éditions Nouveau Monde).

Au début des années 1960, Lester James Peries rencontre (puis épouse) la future réalisatrice Sumitra avec qui il collabore sur son troisième long métrage, Changement au village (1963), adapté du roman de Martin Wickramasinghe, célèbre écrivain sri-lankais dont il portera plusieurs œuvres à l’écran comme Kaliyugaya (Au temps de Kali, 1982) ou Yuganthaya (La Fin d’une ère, 1983). Selon le Dictionnaire du cinéma asiatique, ces trois films forment une trilogie qui « constitue une épopée de la transition et décrit de façon vivante la tension entre un monde qui disparaît et un autre qui naît ».

Le Trésor (1970), considéré comme le meilleur film du réalisateur et présenté à la Mostra de Venise, remporte le Prix du meilleur film cinghalais des cinquante dernières années lors du Jubilé d’or de l’indépendance du Sri Lanka (décrétée en février 1948).

Plus globalement, l’œuvre de Lester James Perries va de la légende (le roi parricide Kassapa dans Le Tombeau du Maharadja, 1974, tourné en anglais) à l’histoire (Cinghalais contre Portugais au XVIe siècle dans Le Message, 1960), de la comédie sentimentale (Desa Nisa, Pour un certain regard, 1972) au néoréalisme (Cinq arpents de terre, 1969). Son avant-dernier long métrage, Le Domaine (2002), en sélection officielle à Cannes hors compétition, était une adaptation de La Cerisaie d’Anton Tchekhov.

Lester James Perries s’était vu décerner la Légion d’honneur en 1997 par le gouvernement français.

Publié dans Claps de fin

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