Jacques Higelin (1940-2018)

Publié le par lefilmdujour

Inoubliable poète de la chanson française, incomparable homme de scène, Jacques Higelin, dont la formation d’origine est celle d’un comédien, est décédé le 6 avril 2018 à l’âge de 77 ans.

Jacques Higelin fait ses débuts au cinéma en 1959 en tournant sous la direction d’Henri Decoin (Nathalie agent secret) et celle de François Villiers (La Verte moisson). Quelques mois plus tard, il est déjà en tête d’affiche aux côtés de Marie Laforêt (Saint-Tropez Blues, 1961) et incarne, dans Le Bonheur est pour demain (Fabiani, 1960), un jeune homme qui vient de quitter ses parents et se retrouve perdu à Saint-Nazaire, dans l’environnement des chantiers navals au moment de la construction du Paquebot France. Dans Bébert et l’omnibus (1963) d’Yves Robert, il joue le grand frère de Petit Gibus (alias Martin Lartigue), l’enfant devenu célèbre deux ans plus tôt dans La Guerre des boutons du même Yves Robert (« Si j’aurais su, j’aurais pas venu »).

Jacques Higelin et Petit Gibus dans Bébert et l'omnibus (1963)

Jacques Higelin se lance dans la chanson en 1964 avec l’aide de Brigitte Fontaine (ils sont tous deux dans Les Encerclés, réalisé en 1967 par Christian Gion) et on le verra évidemment moins sur grand écran. Au-delà de rôles (plus ou moins) secondaires dans des films comme Erotissimo (Pirès, 1968), Léa l’hiver (Monnet, 1970) ou L’An 01 (1972), œuvre collective et utopiste de Jean Rouch, Jacques Doillon et Alain Resnais, on se souviendra de lui dans le rôle du jeune homme qui découvre la vie de couple (aux côtes de Marthe Keller) et les difficultés d’adaptation à la vie moderne dans Elle court, elle court la banlieue (1972) de Gérard Pirès. En 1968, il avait interprété le rôle du personnage principal de Sept jours ailleurs de Marin Karmitz, un jeune pianiste-compositeur, qui,  malgré un bonheur apparent, étouffe dans son milieu social et familial.

Higelin, Annie Cordy et Marthe Keller dans Elle court, elle court la banlieue (1972)

Plus tard, Jacques Higelin sera encore aux castings d’Un autre homme, une autre chance (1976) de Claude Lelouch, de La Bande du Rex (Meunier, 1980, dont il signe aussi la musique), de Savannah (1987) de Marco Pico, d’A mort la mort (1999) de Romain Goupil et de Jappeloup (Duguay, 2011) où il est un éleveur de chevaux. A la télévision il avait aussi tourné en 2004 pour Nadine Trintignant (Colette, une femme libre).

Jacques Higelin est le père du musicien et chanteur Arthur H., du réalisateur, acteur et metteur en scène Kên Higelin et de l’actrice et auteur-compositeur-interprète Izïa Higelin.

Publié dans Claps de fin

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