Gianfranco Parolini (1925-2018)

Publié le par lefilmdujour

Réalisateur prolifique de péplums et de westerns spaghettis, l’Italien Gianfranco Parolini, qui signa certains de ses films sous les pseudonymes de Frank Kramer et de John Eastwood, est décédé le 26 avril 2018 à l’âge de 93 ans. "Parmi les très nombreux cinéastes de l'âge d'or du cinéma bis italien, Parolini est sans doute celui qui possède le plus grand sens de l'humour, ce qui lui permet d'aborder sans mépris, mais avec une bonne dose de détachement, les nombreux travaux qui lui sont confiés". C'est en ces termes que le décrit Laurent Aknin dans son ouvrage Cinéma bis: 50 ans de cinéma de quartier.

Gianfranco Parolini, qui démarre sa carrière de réalisateur au début des années 60, se distingue d'abord dans le péplum, genre fécond à l'époque, en signant coup sur coup Hercule se déchaîne (1961) et Samson contre Hercule (1961), deux films avec les mêmes acteurs, Brad Harris, Alan Steel et... Serge Gainsbourg en fourbe de service côté masculin, et la très belle Brigitte Corey côté féminin.

Après Les Derniers jours d'Herculanum (1962), Les Dix gladiateurs (1963) et Ursus l'invincible (1963), notre homme change de registre et se lance dans l'espionnage en enchaînant la série des "Commissaire X", films de coproduction italo-allemande avec le duo d'acteurs formé par Brad Harris et Tony Kendall : Le commissaire X traque les chiens verts (1965), Chasse à l'homme à Ceylan (1966), Commissaire X dans les griffes du dragon (1966), Commissaire X : halte au LSD (1967). Quelle que soit la qualité de ces films, une chose est sûre : les pépées poumonnées lourdement armées sont au rendez-vous ! 

Mais c'est avec le western-spaghetti que Giancarlo Parolini (désormais Frank Kramer) va atteindre une sorte de consécration. D'abord avec Sartana (1968) avec l'estimable Gianni Garko dans le rôle-titre, film où le réalisateur impose un nouveau type de héros hiératique, infaillible et invulnérable, sorte d'ange de la mort. Vient ensuite Sabata (1969), "un suprême de western, truffé de dynamite, à la sauce Winchester" (dixit l'affiche française du film) avec l'inoubliable Lee Van Cleef. Ce dernier long métrage connaîtra une suite avec Le retour de Sabata (1971), car Adios Sabata (1970), joué par Yul Brynner, n'a aucun rapport avec le héros du même nom (ces distributeurs français, tout de même !).

Après ces coups d'éclat, la carrière de Gianfranco Parolini marquera franchement le pas, puisqu'il ne signera plus que des parodies de westerns ou de films d'aventures sans grand intérêt comme Trinita, nous voilà ! (1975) avec le tandem "comique" Michael Coby/Paul Smith, les Terence Hill/Bud Spencer du pauvre... pour ne pas dire de l'indigent. Signalons dans le tas un film fantastique improbable intitulé Yéti, le géant d'un autre monde (1977), un grand moment de n'importe quoi à mi-chemin entre King Kong et E.T. 

Publié dans Claps de fin

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