Ciné passion par Anna le Gésic : Marie Madeleine

Publié le par lefilmdujour

Un film de Garth Davis (2017), sorti en salles le 28 mars 2018

Marie Madeleine aurait-elle été la première féministe de l’ère chrétienne ? Et, en corollaire, serait-elle celle qui aurait le mieux saisi le message véhiculé par le dénommé Jésus ? Signé par le réalisateur de Lion, sorti l’année dernière, Marie Madeleine répond par l’affirmative à ces deux questions, porté par la décision prise par le pape François en 2016 de hisser au même rang que les apôtres la figure de Marie Madeleine. 

Un « personnage » qui, selon les Évangiles, suivit le Christ jusque au pied de la Croix et fut le premier témoin de sa résurrection, mais qui fut souvent présentée comme une femme de mauvaise vie, voire la maîtresse de Jésus.

Heureusement le film s’éloigne de toute bondieuserie et tente plutôt, d’un point de vue visuel, de se rapprocher d’un certain naturalisme que Pier Paolo Pasolini avait su porter jusque au réalisme dans L'Évangile selon Saint Matthieu (1964). A ce titre, Jésus, incarné ici par un Joaquin Phoenix plutôt en intériorité, y est brossé sous des traits beaucoup plus humains que divins, et les deux ou trois « miracles » dont il est l’auteur à l’écran n’ont rien de vraiment spectaculaire.

Marie Madeleine, jouée par une Rooney Mara en état de grâce, apparaît comme un être libre qui ne veut pas se soumettre à la condition féminine de son époque et qui voit en Jésus et en son enseignement une voie d’émancipation. Sa contribution à un message à la portée étendue à tous les êtres humains (femmes comprises) est présentée comme majeure et sa compréhension du langage christique apparaît plus profonde et plus sensible que celle de certains des apôtres (comme Judas, mais aussi Pierre qui deviendra le premier pape), ceux-ci semblant plus s’attacher à une interprétation littérale de discours jugés « divins ». Une interprétation qui ne peut que conduire qu’à des excès, des aberrations et des horreurs, l’actualité en est la preuve. Vive Marie Madeleine et vivent les femmes !

Anna le Gésic

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