Idrissa Ouédraogo (1954-2018)

Publié le par lefilmdujour

C’était sans doute l’un des grands cinéastes africains. Le réalisateur burkinabé Idrissa Ouédraogo, qui avait remporté le Grand prix du jury au festival de Cannes en 1990 pour Tilaï (1990), est décédé le 18 février 2018 à l’âge de 64 ans.

Après des études de cinéma à Ouagadougou (où il signe son premier court métrage, Poko, en 1981), puis à Moscou et à Paris, Idrissa Ouédraogo passe au long métrage en 1986 avec Yam Daabo (Le choix), Prix Georges-Sadoul du film étranger 1988.

Mais c’est son film suivant, Yaaba (1989) qui attire l’attention internationale et qui obtient le Prix de la critique au festival de Cannes. C’est l’histoire d’un garçon de 10 ans, Bila, qui se lie d’amitié avec une femme âgée traitée de sorcière par la communauté. Le réalisateur y met en scène la vie du village et de ses habitants, leurs querelles, leurs lâchetés mais aussi leur courage, leur bonté.

Après Tilaï, transposition d'une tragédie grecque dans l'Afrique contemporaine avec laquelle le réalisateur acquiert ses titres de noblesse (un fils revient dans son village et apprend que son père a pris pour deuxième femme celle qui lui était promise), Idrissa Ouédraogo reviendra au thème du village avec Samba Traoré (1991), Ours d’argent au festival de Berlin. C’est l’histoire d’un homme qui revient riche au pays après une longue absence et qui est confronté à la suspicion des habitants.

Le réalisateur signera encore Le cri du cœur (1994) avec Richard Bohringer et Clémentine Célarié, sur les angoisses d’un jeune Africain qui débarque à Paris, Kini et Adams (1997), sur les rêves d’une vie meilleure pour deux amis du Zimbabwe, la fresque historique La colère des dieux (2003), le drame sur les injustices sociales Kato Kato (2006). En 2002, Idrissa Ouédraogo avait participé au film collectif 11’09’’01 September 11 qui réunissait onze cinéastes. Son court-métrage met en scène des enfants burkinabés qui ne perçoivent du 11 septembre que l'existence d'un Oussama ben Laden recherché, avec prime à la clé.

Publié dans Claps de fin

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