L'œil de Crazy Bug : Laissez bronzer les cadavres

Publié le par lefilmdujour

Un film d'Hélène Cattet et Bruno Forzani (2016), film sorti en salles le 18 octobre 2017

Après deux hommages au giallo italien des années 1970 (Amer et L’étrange couleur des larmes de ton corps), le duo formé par Hélène Cattet et Bruno Forzani revisite le polar ("Laissez bronzer les cadavres" est d’abord un roman de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid) en lui donnant les couleurs du western-spaghetti (gros plan, notamment sur les yeux, duels, fétichisme des armes, musique - avec certaines reprises d'Ennio Morricone, etc.) et en le transposant dans une Corse écrasée de soleil.

A cet énoncé, on pourrait croire que Laissez bronzer les cadavres est un thriller « classique », ici autour de lingots d’or que les différents protagonistes cherchent à s’accaparer au détriment des autres. Il n’en est rien car on est en face d’un film à la limite de l’expérimental avec un découpage visuel et sonore hors normes que l’on peut qualifier de très déroutant (un certain nombre de spectateurs a d’ailleurs quitté la salle au bout de quelques minutes).

Un côté expérimental renforcé par la présence parmi les personnages d’une artiste « conceptuelle » avec une forte tendance au fétichisme, ce qui nous vaut quelques scènes oniriques à l’érotisme assez poussé.

On pourra trouver ça imbuvable ou se laisser porter par les correspondances (au sens baudelairien du terme) dont le long métrage est truffé. Quelques « gueules » animent Laissez bronzer les cadavres à l’instar de Bernie Bonvoisin (ancien leader de Trust et reconverti depuis un bon moment au cinéma), Stéphane Ferrara (ancien boxeur lui aussi passé au cinéma et vu dans quelques séries B), Marc Barbé (plutôt abonné au cinéma d’auteur) et la très étrange Elina Löwensohn.

A voir… si vous êtes prêts aux expériences cinématographiques ultimes !

Crazy Bug

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