L’œil de Crazy Bug : Quelques secondes après minuit

Publié le par lefilmdujour

Un film de J.A. Bayona (2015), sorti dans les salles le 4 janvier 2017

Un film sur l’enfance… pas vraiment pour les enfants. Le personnage principal de Quelques secondes après minuit est un garçon « trop vieux pour être un enfant et trop jeune pour être un homme » comme l’indique les premières minutes du film. En pleine confusion émotionnelle, sa vie se partage entre sa jeune mère, qui souffre d’un cancer avancé, sa grand-mère qu’il déteste et qui le lui rend bien (Sigourney Weaver qui, eh oui, a désormais l’âge de jouer les mères-grand, on jurerait pourtant que c’était hier qu’elle se promenait en mini-slip dans le Nostromo…) et ses camarades d’école qui l’ont pris comme tête de turc.

Dans l’impossibilité de conceptualiser sa souffrance et d’exprimer par des mots ses déchirements, il dessine… et s’invente un « monstre » (qui lorgne clairement vers King Kong, explicitement cité dans le film) qui va l’aider à comprendre que personne n’est tout noir ou tout blanc, à surmonter son sentiment de culpabilité et à franchir une étape décisive de son existence. Le réalisateur à qui l’on doit déjà les excellents L’orphelinat et The Impossible, films où les thèmes de l’enfance et l’adolescence étaient également évoqués loin de toute mièvrerie, arrive avec justesse à exprimer toute la complexité de la psyché d’un jeune garçon confronté à des événements dramatiques en faisant appel aux ressorts du film de monstre et d’épouvante. Au-delà des effets spéciaux particulièrement réussis, Quelques secondes après minuit est constamment touchant et la fin du film, architecturée autour de la transmission entre générations, est bouleversante.   

Crazy Bug

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