Alexandre Astruc (1923-2016)

Publié le par lefilmdujour

Alexandre Astruc (1923-2016)
Auteur d’un texte signé en 1948, intitulé « Naissance d’une nouvelle avant-garde : la caméra stylo » et considéré comme le point de départ d’un mouvement de fond du cinéma français qui allait donner naissance à la Nouvelle vague, le journaliste, scénariste et réalisateur français Alexandre Astruc est décédé le 19 mai 2016 à l’âge de 92 ans.
Chroniqueur littéraire, théâtral et cinématographique dans les principales revues intellectuelles de la Libération, Astruc a voulu démontrer dans son texte que le cinéma était en train de devenir un nouveau moyen d’expression au même titre que la peinture et le roman, après avoir été une attraction foraine, un divertissement analogue au théâtre de boulevard, un moyen de conserver les images de l’époque, un spectacle… Pour Alexandre Astruc, « le film est un théorème, le lieu de passage d’une logique implacable, qui va d’un bout à l’autre d’elle-même, ou mieux encore d’une dialectique »…
Alexandre Astruc (1923-2016)
Mettant en pratique sa théorie, il signe en 1952 un moyen métrage, Le rideau cramoisi, considéré par certains comme « une éblouissante transposition cinématographique de l’univers de Barbey d’Aurevilly », avec Anouk Aimée et Jean-Claude Pascal. Couronné par le prix Louis-Delluc, le film est suivi par son premier long métrage, d’une grande virtuosité technique, Les mauvaises rencontres (1955), tourné avec les deux mêmes acteurs et inspiré par une œuvre de Cecil Saint-Laurent. Astruc enchaîne avec une adaptation de Maupassant (Une vie, 1957) avec Maria Schell, le drame psychologique Une proie pour l’ombre (1960) avec Annie Girardot et Daniel Gélin, puis une nouvelle adaptation d’une œuvre littéraire, de Flaubert cette fois-ci, L’éducation sentimentale (1962) avec Marie-José Nat et Jean-Claude Brialy.
Alexandre Astruc (1923-2016)
Il signera encore pour le cinéma un drame de la Résistance (La longue marche, 1965) avec Robert Hossein, Maurice Ronet et Jean-Louis Trintignant, et la coproduction sans âme Flammes sur l’Adriatique (1968), avec Gérard Barray et Claudine Auger, avant de revenir à l’écriture avec Ciel de cendres (prix Roger Nimier, 1975), Le Permissionnaire (1982), Le Roman de Descartes (1989), Du stylo à la caméra et de la caméra au stylo (1992) ou Evariste Galois (1994), le mathématicien prodige mort à 20 ans auquel il avait déjà consacré un court métrage documentaire en 1966. En 1996, Alexandre Astruc, qui avait continué de travailler pour la télévision dans les années 1970 et 1980, avait publié ses mémoires, aussi teintées de littérature que de cinéma : Le Montreur d'ombres.

Publié dans Claps de fin

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