Danièle Delorme (1926-2015)

Publié le par lefilmdujour

Danièle Delorme (1926-2015)
Épouse de Daniel Gélin et d’Yves Robert, inoubliable en fausse ingénue et vraie perverse, acharnée à la perte de Jean Gabin en restaurateur aux Halles, dans Voici le temps des assassins (1955) de Julien Duvivier, irrésistible encore en épouse de Jean Rochefort, poursuivie par les assiduités fétichistes de l’un de ses étudiants (Christophe Bourseiller) dans Un éléphant, ça trompe énormément (1977) d’Yves Robert, l’actrice et productrice française Danièle Delorme est décédée le 17 octobre 2015 à l’âge de 89 ans.
Danièle Delorme (1926-2015)

Danièle Delorme joue Gigi en 1948 dans le film du même nom de Jacqueline Audry

C’est le réalisateur Marc Allégret, grand découvreur de talents, qui la remarque sous l’Occupation et lui fait tourner trois films coup sur coup : Félicie Nanteuil (1942) où les vedettes ont pour noms Micheline Presle, Claude Dauphin et Louis Jourdan, La belle aventure (1942) avec les mêmes, et Les petites du Quai-aux-Fleurs (1943) où le haut de l’affiche est occupé par Odette Joyeux, Louis Jourdan, Bernard Blier et Gérard Philipe.
En 1948, dix ans avant Leslie Caron, Danièle Delorme tient le rôle-titre de Gigi (1948), adaptation du roman de Colette réalisée par Jacqueline Audry. En ingénue, elle frappe tous les esprits et c’est donc tout naturellement dans le registre des ingénues ou des jeunes femmes fragiles que l’actrice va continuer sa carrière: Minne, l’ingénue libertine (Audry, 1950), Sans laisser d’adresse (Le Chanois, 1950), Olivia (Audry, 1950), La jeune folle (Y. Allégret, 1952), Le guérisseur (Ciampi, 1953), Huis clos (Audry, 1954), Le dossier noir (Cayatte, 1955), Mitsou (Audry, 1956), Les misérables (Le Chanois, 1957) où elle interprète Fantine…
Danièle Delorme (1926-2015)

Danièle Delorme face à Jean Gabin dans Voici le temps des assassins (1954)

Elle joue aussi dans le seul film réalisé par son compagnon Daniel Gélin (Les dents longues, 1952), rencontré au cours Simon et avec qui elle vivra de 1945 à 1955. En 1954, dans Voici le temps des assassins, Julien Duvivier jouera sur l’image d’ingénue de Danièle Delorme pour en faire un personnage à la noirceur effrayante et cachant bien son jeu. En dix ans, de 1948 à 1958, Danièle Delorme aura enchaîné pas moins de 25 longs métrages !
Au début des années 1960, l’actrice, qui travaille également au théâtre, se lance dans une nouvelle aventure, la production, avec Yves Robert qu’elle a épousé en 1956. Ils créent ensemble la maison de production La Guéville qui finance La guerre des boutons (Robert, 1961), un énorme succès populaire. Sur cette lancée, ils produisent (ou coproduisent) bien évidemment les longs métrages d’Yves Robert mais aussi Jean-Paul Rappeneau (La vie de château, 1965), Jean-Luc Godard (La Chinoise, 1967), René Allio (Pierre et Paul, 1968), Eric Rohmer (Ma nuit chez Maud, 1969), Pierre Richard (Le distrait, 1970), Bertrand Tavernier (Que la fête commence, 1974), Alain Cavalier (Le plein de super, 1975 ; Martin et Léa, 1978 ; Un étrange voyage, 1980), Jacques Doillon (La femme qui pleure, 1978 ; La drôlesse, 1978 ; La fille prodigue, 1980).
Danièle Delorme (1926-2015)

"J'aime vos seins, surtout le gauche !" Christophe Bourseiller et Danièle Delorme dans Un éléphant, ça trompe énormément (1976)

Pendant toute cette période, Danièle Delorme n’apparaît que très peu au cinéma : Le voyou (Lelouch, 1970), Absences répétées (Gilles, 1971), Belle (Delvaux, 1972), le diptyque Un éléphant, ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis (1977), La cote d’amour (Dubreuil, 1982)… Au tout début des années 1980, Danièle Delorme occupe la fonction de présidente de la Commission de l’avance sur recettes.
On l'avait revue à la télévision en Madame le proviseur dans la série TV du même nom dans la deuxième moitié des années 1990. Danièle Delorme était encore apparue une dernière fois devant une caméra dans le court-métrage La vie sans secret de Walter Nions, (2001), signé par Hugo Gélin, le fils de Xavier Gélin (1946-1999) et donc le petit-fils de Danièle Delorme et de Daniel Gélin.

Publié dans Claps de fin

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