Francesco Rosi (1922-2015)

Publié le par lefilmdujour

Francesco Rosi à l'Institut Lumière dans les années 1980 (photos : Gene Mondon)

Francesco Rosi à l'Institut Lumière dans les années 1980 (photos : Gene Mondon)

Prix de la meilleure mise en scène au festival de Berlin pour Salvatore Giuliano (1961), Lion d’or au festival de Venise pour Main basse sur la ville (1963), Palme d’or à Cannes pour L’affaire Mattei (1971), le réalisateur italien Francesco Rosi est décédé le 10 janvier 2015 à l’âge de 92 ans.
Parfois cité comme « le plus doué des réalisateurs de sa génération », Francesco Rosi est surtout connu « pour une forme de cinéma d’enquête politique, caractéristique de la première partie de sa carrière […]. La plupart de ces films traitent de la corruption du pouvoir dans la société italienne en mettant en relief les liens inextricables entre l’État, le monde des affaires et le crime organisé » (501 réalisateurs, éditions Omnibus). Tel est le cas de son premier long métrage, Le défi, une histoire de Camorra qui se déroule dans sa ville natale (Naples) et qui intéresse la critique et le public.
Francesco Rosi (1922-2015)
Suivront notamment Salvatore Giuliano, enquête sur le décès d’un bandit sicilien qui tente d'élucider le contexte historique, social et politique dans lequel s'inscrit ce crime, Main basse sur la ville (avec l’acteur américain Rod Steiger), film à charge contre les spéculateurs qui construisent sans précaution avec l’assentiment tacite de la municipalité quitte à provoquer des accidents et la mort des habitants, L’affaire Mattei, œuvre dans laquelle Francesco Rosi dénonce les pouvoirs de l'industrie pétrolière, responsable selon lui de l'assassinat de l’industriel Enrico Mattei en 1972, Lucky Luciano (1973), qui raconte l'exil en Italie du célèbre gangster italo-américain, joué par Gian Maria Volonte.
Francesco Rosi (1922-2015)
En 1975, dans Cadavres exquis, le réalisateur confie à Lino Ventura (photo ci-dessus) le rôle d’un inspecteur qui mène l'enquête après une série de meurtres touchant la magistrature italienne en plein contexte politique de l'Italie des « années de plomb ». Francesco Rosi retrouvera l’acteur français dans Oublier Palerme (1989). Lino Ventura y interprète un candidat à la mairie de New York qui souhaite lutter contre la drogue… au risque de se confronter à la Mafia.
Le réalisateur s’est aussi accordé des thèmes plus « légers » : l’ascension et la chute d’un matador (joué par Miguelin) dans Le moment de la vérité (1964), la confrontation d’Omar Sharif et de Sophia Loren dans La belle et le cavalier (1966), l’adaptation cinématographique de Carmen (1983) avec Julia Migenes-Johnson dans le rôle-titre.
Francesco Rosi (1922-2015)
Francesco Rosi s’est également frotté à des adaptations d’œuvres littéraires. Les hommes contre (1970), avec un excellent Alain Cuny, relate un épisode du conflit italo-autrichien lors de la Première Guerre mondiale d'après un roman d'Emilio Lussu. Le Christ s’est arrêté à Eboli (1970) est un film remarquable inspiré du roman autobiographique de Carlo Levi avec Gian Maria Volonte. Le hasardeux Chronique d’une mort annoncée (1986) est une adaptation de l’œuvre éponyme de Gabriel Garcia Marquez.
Francesco Rosi, qui avait démarré sa carrière au cinéma comme assistant-réalisateur de pointures comme Luchino Visconti, Luciano Emmer, Mario Monicelli ou Michelangelo Antonioni, avait signé son dernier long métrage en 1996 avec une adaptation de La trêve de Primo Levi, qui raconte le retour d'Auschwitz vers leur pays d'origine d'un groupe de survivants de l'Holocauste.
Il avait reçu en 2008 l'Ours d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière à la Berlinale 2008. En 2012, c'est la Mostra de Venise qui lui avait décerné un Lion d'or d'honneur.

Publié dans Claps de fin

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