La piqure de Sal Obscur : La fièvre du samedi soir

Publié le par lefilmdujour

La piqure de Sal Obscur : La fièvre du samedi soir
John Badham (1977)
Figurez-vous que Sal Obscur, votre serviteur, n’avait jamais vu La fièvre du samedi soir, le film qui lança la carrière cinématographique de John Travolta (déjà célèbre à la télévision américaine) et qui fit accéder le disco au statut de mode interplanétaire alors que le succès de ce style musical était encore limité aux communautés black et/ou gay.
Je m’attendais à une bluette sentimentale sur la musique des Bee Gees, fortement impliqués dans la confection du long métrage de John Badham. Eh bien, pas du tout… Le film est fortement ancré dans le contexte prolétaire de Brooklyn, ce quartier de New-York situé de l’autre côté du pont éponyme par rapport à Manhattan, contrée considérée comme la Mecque réservée à une élite et synonyme d’ascension sociale (le sous-texte du film en fait, cristallisé par le rôle de la partenaire de Travolta dans les scènes dansées).
Les dialogues sont tout sauf politiquement corrects et représentatifs d’une certaine classe ouvrière italo-américaine des années 1970 (machisme, racisme envers les Noirs et les Portoricains, homophobie, vulgarité oratoire, j’en passe et des meilleurs). Un « plus » dû au producteur Robert Stigwood, créateur de le maison de disques RSO Records, célèbre en son temps. Ce dernier avait acquis les droits d’un article précurseur paru en 1976 dans le New York Magazine et mettant en exergue la montée de la fièvre disco au sein de la classe ouvrière US. Robert Stigwood vira le premier réalisateur pressenti, John G. Avildsen, qui avait signé un an plus tôt Rocky et qui souhaitait édulcorer le scénario original pour en faire un film typiquement hollywoodien.
Ce fut finalement John Badham, qui n’avait pourtant à son actif qu’un seul long métrage à l’époque, qui fut choisi pour tourner Saturday Night Fever sur les lieux mêmes de l’action et qui n’esquiva aucun des côtés sulfureux du script (crudité des dialogues, nudité, gros plans suggestifs sur le corps de Travolta, scènes olé-olé…). D’où un film qui ne s’est guère démodé (bon, c’est vrai que les chemises à col pelle à tarte, les pantalons pattes d’éph’ et les tenues satinées fleurent bon la fin des années 1970…) et qui parvient sans difficulté à susciter l’intérêt des spectateurs. Et puis les Bee Gees ne se démodent pas, hein !
Côté casting, Travolta est impeccable (neuf kilos de perdus pour jouer Tony Manero) et domine une distribution particulièrement bien choisie. On reconnaîtra sans peine dans sa bande de potes Barry Miller qui, trois ans après, allait confirmer avec Fame (1980) d’Alan Parker.
Sal Obscur
Note : 7/10
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