Helma Sanders-Brahms (1940-2014)

Publié le par lefilmdujour

Réalisatrice du célèbre Allemagne, mère blafarde (1979), chronique de l’Allemagne hitlérienne et du « miracle économique » de l’après-guerre à travers le destin d'une femme (jouée par Eva Mattes) et de sa fille, Helma Sanders-Brahms est décédée le 27 mai 2014 à l’âge de 73 ans.

La première partie de son œuvre est télévisuelle avec des documentaires de critique sociale. À partir des années 70, elle réalise des films de fiction où se mêlent la représentation d'une réalité sociale et une vision très personnelle et féministe de l'histoire de l'Allemagne. Sous les pavés la plage (1974) est une variation sur la génération de 68, sur ses exigences et ses incertitudes.

L'année suivante, elle met en scène Les noces de Shirin, le destin d'une jeune Turque qui fuit l'oppression de la tradition pour immigrer en Allemagne. En 1977, dans Heinrich, Helma Sanders-Brahms dresse un portrait de l'écrivain Heinrich von Kleist reconstitué à partir de lettres et de documents biographiques. Après Allemagne, mère blafarde, la réalisatrice signe La fille offerte (1981), histoire d’une jeune femme schizophrène qui partage sa vie entre des séjours dans des hôpitaux psychiatriques et des journées d'errance dans les quartiers défavorisés de Berlin.

Par la suite, ses films trouveront un appui financier en France. Helma Sanders-Brahms dirige Brigitte Fossey dans L'avenir d’Émilie (1984), un drame sur une jeune comédienne franco-allemande, qui a laissé sa petite fille à ses parents vivant en Normandie. Puis, elle tourne le drame Laputa (1986) avec Sami Frey et Krystyna Janda.

En 1991, avec Les fruits du paradis, la cinéaste réalise l’une des toutes premières fictions sur la chute du Mur où elle décrit le désarroi de ceux qui rêvaient de l’Ouest et se retrouvent dépossédés par la réunification. Son dernier long métrage pour le cinéma, Clara (2008), avec Martina Gedeck, Pascal Greggory et Malik Zidi, traite des relations amoureuses entre les musiciens Robert et Clara Schumann et le jeune Johannes Brahms.

Sources : CinéObs, Ciné-club de Caen, Le cinéma allemand (Bernard Eisenschitz, éditions Armand Colin)

Publié dans Claps de fin

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