Le Film du jour n°246 : Suicidez-moi docteur !

Publié le par lefilmdujour

Titre original : The End

Un film américain de Burt REYNOLDS (1978) avec Burt Reynolds, Dom De Luise, Sally Field, Joanne Woodward, Myrna Loy...

Vous l’ignoriez peut-être encore, mais à partir d’aujourd’hui, vous n’aurez plus aucune excuse. Méga-star du grand écran dans les années 70 et 80, le fameux Burt Reynolds n’est pas uniquement un mec velu et costaud avec une grosse moustache... Eh non, mesdames ! C’est aussi un réalisateur de films, ne vous en déplaise.

Mais je ne vous apprends rien si vous émargez au club très fermé des fidèles lecteurs du Film du jour puisque le numéro 111 de votre rubrique préférée (A Las Vegas, on l’appelle Banco) vous décrivait déjà en long et en large la carrière de l’ami Burt. Et c’est donc en 1976 que l’acteur passa pour la première fois derrière la caméra avec Gator, un assez bon film d'action qui permit à monsieur Reynolds de serrer de près la sublime Lauren Hutton. Comme on le comprend !

Gator (1976), premier film de et avec Burt Reynolds

Suicidez-moi docteur (1978), description burlesque des mésaventures d'un homme qui se sait atteint d'une maladie incurable et qui veut mettre fin à ses jours, est donc le deuxième long métrage signé par Burt Reynolds. L’acteur poursuivra ses activités de metteur en scène dans les années 80 avec deux thrillers : L'antigang (1982) – où l’on retrouve aussi l’Italien Vittorio Gassman – puis Stick, le justicier de Miami (1985), avec la délicate Candice Bergen. Mais comme ces deux derniers films contribuèrent grandement à enfermer le bonhomme dans des rôles monolithiques, prélude au déclin de sa carrière de comédien, Burt Reynolds se limita par la suite à réaliser des téléfilms et des séries TV. Il se bornera seulement à tourner un dernier film pour le cinéma en 2000, intitulé The Last Producer (a.k.a. The Final Hit), une œuvre même pas sortie en salles chez nous.

Suicidez-moi Docteur ! l’histoire : Wendell Lawson (Burt Reynolds) vient d’apprendre qu’il souffre d’une maladie rare. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. Sans prévenir son ex-femme, sa mère, sa fille et sa maîtresse, Wendell décide de mettre un terme à son existence. Un soir, il se gave de pilules… mais se réveille le lendemain dans un hôpital psychiatrique. Notre héros sympathise avec Marlon, un patient pressé lui aussi d’en finir et les deux hommes imaginent diverses manières de se suicider. Finalement, Wendell se jette dans l’océan pour clore les débats. Mais, en pleine noyade, il a une sorte de révélation et décide de vivre… Mais Marlon en a décidé autrement ! Avant de passer de vie à trépas, visionnez sans attendre la bande-annonce :

Sally Field

Dans Suicidez-moi docteur !, la maîtresse de Burt Reynolds est jouée par l’excellente Sally Field, détentrice de deux Oscar de meilleure actrice : le premier pour le rôle de la syndicaliste Norma Rae dans le film éponyme réalisé par Martin Ritt en 1978, rôle qui lui valut aussi le Prix d’interprétation à Cannes, et le deuxième pour sa prestation en veuve reprenant l’exploitation familiale en pleine Dépression dans Les saisons du cœur (Benton, 1984). Mais il n’y a rien d’étonnant à retrouver l’actrice dans les bras du musclé moustachu.

A l’époque du film, Sally Field et Burt Reynolds entretenait en effet une relation passionnée qui dura plusieurs années. En 1984, la demoiselle épousa toutefois le producteur Alan Greisman. Burt Reynolds, quant à lui, passa en 1988 la bague au doigt à l’actrice Loni Anderson. A noter que Sally Field donna la réplique à l’acteur dans plusieurs films et notamment dans Cours après moi shérif (1977) et sa suite Tu fais pas le poids shérif (1980), tous deux réalisés par Hal Needham.

Amoureux dans la vraie vie, Burt Reynolds et Sally Field partagèrent l’affiche de plusieurs films (ici, Cours après moi shérif, Needham, 1977)

Née en Californie en 1946, Sally Field baigne dans le cinéma dès sa plus tendre enfance : sa mère est actrice et son beau-père cascadeur. C’est en 1965 qu’elle fait ses premiers pas à la télévision dans le rôle de Gidget, personnage popularisé au cinéma par Sandra Dee. Elle devient une star du petit écran deux ans plus tard avec The Flying Nun, la bonne sœur volante… à déguster illico sur YouTube :

1967, c’est aussi l’année où Sally Field montre pour la première fois son mignon minois au cinéma : elle fait face à Kirk Douglas dans le western La route de l’ouest d’Andrew V. McLaglen.

Pendant les années 70, Sally Field se consacre essentiellement à la télévision et ce n’est qu’en 1976 qu’on la revoit en France dans les salles obscures. L’actrice pointe alors au générique de Stay Hungry de Bob Rafelson, film qui reste dans les mémoires de tous les fans énamourés d’Arnold Schwarzenegger, puisque c’est avec sa prestation dans ce long métrage que le gros musclé décrocha le Golden Globe du meilleur espoir (si si…). Bon, faut dire que le futur gouverneur de Californie y interprète un bodybuildeur autrichien qui s’entraîne pour le titre de Monsieur Univers. Ce n’était donc pas un rôle de composition ! On comprend mieux… Admirez quand même le « jeu » de l’acteur ci-dessous...

Sally Field au générique de Stay Hungry (Rafelson, 1976) où débute un certain Schwarzenegger

Après l’énorme succès remporté au box-office par Cours après moi shérif, puis sa prestation unanimement louée dans Norma Rae, Sally Field voit les producteurs hollywoodiens dérouler le tapis rouge à ses pieds. Les années 80 sont donc ponctuées de grands rôles pour l’actrice : la journaliste d’Absence de malice (Pollack, 1981) où elle donne la réplique à Paul Newman, la fermière des Saisons du cœur, la petite amie de Tom Hanks dans Punchline – le mot de la fin (Seltzer, 1988), l’Américaine mariée à un Iranien dans Jamais sans ma fille (Gilbert, 1989) (même si le film est très discutable, Sally Field y est excellente).

Dans les années 90, Sally Field ralentit un peu le rythme, mais on la retrouve quand même dans deux méga-hits de la décennie. Elle joue l’épouse de Robin Williams dans Madame Doubtfire (Columbus, 1993), puis la mère de Tom Hanks dans Forrest Gump (Zemeckis, 1994). L’actrice est également l’héroïne du thriller Au-delà des lois (Schlesinger, 1995) : en Charles Bronson en jupons, elle y interprète la mère d’une jeune fille violée et tuée, bien décidée à pratiquer l’auto-défense face à une justice laxiste.

Forrest Gump/Tom Hanks et sa maman (Sally Field) dans le film réalisé par Robert Zemeckis en 1994

Depuis le milieu des années 90, Sally Field se consacre pratiquement exclusivement à la télévision, ses premières amours. On a pu ainsi la voir dans une bonne douzaine d’épisodes d’Urgences, ainsi que dans la série télévisée Brothers and Sisters, histoire d’une famille américaine diffusée aux États-Unis entre 2006 et 2011 (et sur TF1 à partir de 2009). L’actrice y a gagné un Emmy Award en 2007. Lors de la remise de son trophée, Sally Field s'est d'ailleurs livrée à une diatribe violente contre la guerre en Irak.

Sally Field, épouse de Lincoln dans le film de Spielberg

En 2012, Sally Field a retrouvé le chemin des studios. On l'a revue avec plaisir dans le rôle de Tante May, tante d'adoption de Peter Parker alias Spiderman dans The Amazing Spiderman de Mark Webb, puis en épouse d'Abraham Lincoln/Daniel Day-Lewis dans Lincoln de Steven Spielberg. Une prestation qui lui a valu une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle féminin.

Sally Field est mère de trois enfants, deux garçons de son premier mariage avec Steven Craig (1968-1975), et un troisième garçon de son mariage avec Alan Greisman (1984-1993).

En mars 1986 à 40 ans, alors qu’elle détient déjà un Oscar de la meilleure actrice, Sally Field pose pour le célèbre magazine Playboy. Une grande dame, qu’on vous dit.

Publié dans Titres rigolos

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